‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 192 sur 327 · SEBASTIANO DEL PIOMBO. — LUCA DELLA ROBBIA · texte numérisé non relu

SEBASTIANO DEL PIOMBO. — LUCA DELLA ROBBIA

l'École de F^errare, le Garofolo, il semble n'avoir fait qu'une apparition passagère entre i5io et i5i2'.

Parmi ces maîtres, Sébastien de Venise occupait le premier rang. Il donnait dès lors des marques de cet esprit d'envie qui empoisonna son existence, et, sans oser encore entrer en lutte ouverte avec Raphaël, il s'essayait dans les mêmes sujets que lui.

Déjà les élèves de Raphaël commençaient à former un groupe com-

! pact, en attendant qu'ils devinssent légion. On fondait les plus brillantes espérances sur Marc-Antoine, sur Jules Romain et sur Jean

j d'Udine.

I La sculpture était représentée, et c'est tout dire, par Michel-Ange. L'illustre rival de Raphaël, à moitié tombé en disgrâce, travaillait alors aux statues du mausolée de Jules IL Mais Léon X, qui ne se montrait guère prodigue d'encouragements vis-à-vis de la sculpture, art trop austère à ses yeux, ne ^ tarda pas à éloigner Michel-Ange et à lui confier, à Florence, des travaux peu propres à le séduire, l'achèvement de la façade de Saint-Laurent, la paroisse des Médicis.

Les arts décoratifs reçurent, sous Léon X, de nombreuses et brillantes recrues. Le Siennois Jean Barile avait remplacé Jean de Vérone; il était occupé, sous la direction de Raphaël, à sculpter les portes des Chambres et à les orner de marqueteries. Plus tard, nous

I le verrons exécuter le cadre destiné à la Transfiguration, le dernier des tableaux de l'Urbinate. Comme la biographie de cet artiste éminent, si souvent associé aux entreprises de Raphaël, est fort obscure

! encore, on nous saura gré de réunir ici quelques notices empruntées aux archives romaines. Le i" décembre i5i4, Jean Barile fut attaché aux travaux de Saint-Pierre, avec un traitement mensuel de 5 ducats; le bref qui contient sa nomination vise surtout le modèle en bois qu'il avait fait pour la basilique vaticane, évidemment d'après les plans de Raphaël". En i5iq, l'artiste siennois reçut 80 ducats pour les bancs dont il avait orné la chapelle Sixtine, tout en continuant à toucher (jusqu'en i52i au moins) son traitement de sculpteur attaché à la construction de Saint-Pierre. Jean Barile était à Rome en 1527 encore (6 janvier); à ce moment, il réparait les boiseries du chœur de la cha-

' pelle de Nicolas V. Il fut probablement une des nombreuses victimes du sac de Rome : à partir de cette épouvantable catastrophe on perd complètement ses traces.

i I. Meykr, Catalo'^uc du Mitscc royal de Berlin, éd. de i883, p. 463. I 2. Arcliivio siurico italiano, t. III, p. 218.

Un membre de l'illustre famille des délia Robbia, Lucas le jeune, fut aussi appelé à Rome, grâce à l'intervention de Raphaël. Il exécuta les carrelages des Loges, et ceux de plusieurs salles du palais apostolique.

Parmi les orfèvres, Antonio da San-Marino occupait, au dire de Benvenuto Cellini, le premier rang; Caradosso seul était de taille à se mesurer avec lui. Ce maître nous intéresse tout particulièrement à cause de ses relations avec Raphaël, relations dont les biographes semblent ne pas s'être doutés jusqu'ici. Fixé à Rome dès les dernières années du quinzième siècle (on 1'}^ trouve en 1402 au plus tard , Antonio cumulait la pratique de l'orfèvrerie avec les négociations, parfois assez épineuses, dont le chargeait sa patrie, Saint-Marin. En 1509, il figure au nombre des fondateurs de la confrérie de Saint-Eloi. Un peu plus tard, en i5i3, lors de la procession de Léon X au Latran, il se signale par le luxe avec lequel il orne sa maison. On remarquait sur sa boutique une Vénus antique en marbre, dont le socle portait écrit en lettres d'or ce vers paraissant faire allusion à la fameuse inscription placée par Augustin Chigi sur l'arc de triomphe élevé en l'honneur du nouveau pape (Olim habiiit Cypris sua tempora) :

Mars fuit, est Pallas; Cypria sempcr cro'.

Voisin et ami de Chigi, Antonio ne tarda pas à se lier avec Raphaël. Il reçut de celui-ci un tableau dont le sujet n'est malheureusement pas indiqué, et que Balthazar Castiglione chercha dans la suite à se procurer '. Dans son testament, Chigi chargea les deux amis, le peintre et l'orfèvre, de présider ensemble à l'achèvement de sa chapelle de Santa- Maria del Popolo^ Telle était l'affection du Sanzio pour Antonio, qu'il lui légua une grande partie des terrains qu'il venait d'acheter près de l'église Saint-Biaise \ L'orfèvre ne survécut guère au peintre : il mourut en i522.

A côté d'Antonio da San-Marino se distinguaient, outre Caradosso, qui exécuta vers cette époque plusieurs de ses chefs-d'œuvre, entre autres la médaille de Léon Santi Cole Sabba de Rome et Gajo de

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