‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 246 sur 327 · LES CINQ SAINTS · texte numérisé non relu

LES CINQ SAINTS

(Fac-similé de la gravure de Marc-Antoine.)

besoins de son entourage, aux besoins de cette cour avide de pomp et d'éclat.

Par ses dimensions, le tableau connu sous le titre de Vision d'Ezéc//tpi (quoiqu'il ne soit inspiré que fort indirectement du texte du prophète : chap. i) ressemble à une miniature; par son style, il rivalise avec les fresques les plus grandioses de Raphaël. Assis sur un aigle, comme un Jupiter Ol3aTipien, Jéhovah, le regard inspiré, la poitrine nue, les cheveux et la barbe fîottant au vent, étend les bras pour bénir le monde. Deux anges raccompagnent et le soutiennent, comme dans les peintures du plafond de la Sixtine. Le lion et le taureau, couchés sur les nuages, lèvent leurs regards vers leur créateur et le contemplent avec une sorte d'admiration respectueuse. L'ange de saint Mathieu, les bras croisés sur la poitrine, s'incline devant lui. Plus bas, à une profondeur incommensurable, on aperçoit la terre.

Rien ne saurait rendre la majesté et l'allure de ce groupe; il aurait mérité d'être traduit en mosaïque dans l'abside de quelque basilique de la primitive Église. Un historien d'art éminent, M. ^'itet, a rapproché avec raison les animaux ailés de la Vision d'E'^échiel de ceux de la mosaïque de Sainte-Pudentienne ivoy. ci-dessus, p. 276). L'inspiration n'a pas moins de gravité dans l'œuvre du peintre moderne que dans celle de son prédécesseur du quatrième siècle. Malheureusement, comme technique, la Vision d'E^échiel laisse beaucoup à désirer. Ou bien le tableau n'a pas été achevé, ou bien il l'a été par Jules Romain, dont on croit reconnaître ici le coloris dur et lourd. Mais ces défauts n'atténuent en rien le mérite de la composition originale, qui compte certainement parmi les plus belles de Raphaël.

La Vision d'E:{échiel a été peinte pour le comte Ercolani de Bologne, peu de temps après la Sainte Cécile. Elle fait partie, depuis le seizième siècle, des galeries de Florence.

Le beau dessin du Louvre, l'esquisse du tableau du musée de Parme, attribué à Jules Romain, les Cinq Saints, nous montre le Christ assis sur les nuages, resplendissant de gloire, entre sa mère et le Précurseur, dans les données de la fresque de San-Severo et de la Dispute du Saint-Sacrement, dont il faut rapprocher ce dessin. Comme dans ces deux grandes pages, Jésus, le corps découvert jusqu'à la ceinture, étend ses mains sanglantes. Sa mère, s'inclinant devant lui, proteste de son amour; saint Jean désigne à l'admiration de l'univers celui dont il a annoncé la venue. Dans le bas, sainte Catherine d'Alexandrie, à genoux, une main appuyée sur son cœur, tenant de l'autre la palme du martyre, regarde avec ravissement celui pour qui elle est morte. Son

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