Agostino Chigi il Magitifico, p
2. Letarouilly, en reproduisant cette gravure dans ses Edifices de Rome moderne, semble avoir voulu soumettre l'œuvre de Raphaël aux règlements barbares de la voirie parisienne, qui rixent la plus grande saillie des corniches à o",5o, et qui contribuent si singulièrement à la monotonie du nouveau Paris. Un dessin du seizième siècle, conservé au nuise'e des Offices, montre que l'importance de la corniche était plus grande et l'effet plus noble.
struction du palais Pandolfini semble n'avoir commencé qu'après sa mort. Elle fut dirigée d'abord par Giovanni-Francesco da San-Gallo, l'un des sous-architectes de Saint-Pierre (f en i53o), et, après plusieurs interruptions, terminée par un autre collaborateur de Raphaël, Aristote de San-Gallo. Le palais paraît complet dans sa forme actuelle; et l'on ne comprend pas pourquoi Pontani a essayé de le compléter en lui donnant, sur toute sa largeur, une hauteur uniforme et un étage de plus '.
On a cru retrouver dans un dessin du cabinet de Crozat, aujourd'hui conservé à l'Albertina de Vienne, le projet présenté par Raphaël, en i5i5, lors du fameux concours pour l'achèvement de la façade de Saint- Laurent de Florence. Mais ce dessin, qui paraît de la main de Perino del Vaga, se rapporte à Saint-Pierre de Rome, et non à Saint-Laurent ".
On a longtemps aussi attribué à Raphaël le dessin du palais Uguccioni, situé, à Florence, sur la place de la Seigneurie. Mais c'est un ouvrage bien postérieur, quoiqu'il rappelle le palais Vidoni.
Essayons de résumer, d'après M. de GeymuUer, les caractères du style architectural de Raphaël.
Dans ses premières constructions, Raphaël emploie des pilastres de peu de saillie, en rangée simple, ou étroitement accouplés. Dans les palais \'idoni et d'Aquila, dans le projet pour la villa Madame (musée des Offices), le style est au contraire déjà fort vigoureux. Aux pilastres succèdent des demi-colonnes, tantôt isolées, tantôt accouplées. Ce changement correspond à la dernière évolution du style de Bramante. En effet, la façade de son Palais de justice, commencé dans la via Giulia, se distingue par un rez-de-chaussée en bossages gigantesques, surmonté de deux étages de demi-colonnes accouplées : cette même disposition se retrouve dans le petit palais qu'il construisit pour lui-même, et dont le palais Vidoni procède en droite ligne.
Dans la cour semi-circulaire de la villa Madame, Raphaël semble avoir transporté sur un hémicycle concave la disposition adoptée par Bramante dans les hémicycles convexes des pourtours de Saint-Pierre. Il reproduit également, dans les fenêtres des palais d'Aquila et Pandolfini, les tabernacles dessinés par Bramante entre ses demi-colonnes. Ajoutons qu'Antonio da San-Gallo imita son exemple au palais Farnèse, et Baccio d'Agnolo dans ses palais de Florence.