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LA STATUE DE JONAS

(Sainte-Marie du Peuple.)

encore dans sa maison, au Macello dei Corbi, à Rome. » Et ailleurs il revient ainsi sur ces ouvrages : « Chigi ayant confié à Lorenzetto le soin d'exécuter, sous la direction de Raphaël d'Urbin, son tom-

rinis : ibi et vidi delphinuni natantein super quo insidebat puer. » (Cl, Bellièvre, Noctes romance : Bibl. nationale, fonds latin, n" 1 3 1 23, fol. 200.) Au siècle suivant, en i633, on 'voyait dans une autre collection romaine, celle des Ludovisi, « un puttino morto sopra un delfino ferito de grandeza del naturale n. (Springer, Raffael imd Michel Ans^elo, t. II, p. 3(3(3.) Il y a quelques anne'es, on a voulu retrouver le « puttino » de Raphaël dans une statuette d'enfant debout, fort médiocre, appartenant à M. P. Molini de Florence. — Dans les fresques ou les stucs des Loges, les enfants montés sur des dauphins reviennent fréquemment.

beau à Santa-Maria del Popolo, le sculpteur se mit à l'œuvre avec la plus grande ardeur... Guidé par les conseils de Raphaël (ajutato dal giudizio di Raftaello), il termina deux figures, à savoir un Jonas nu sorti du ventre de la baleine, symbole de la résurrection des morts, et Elie nourri dans le désert avec un pain cuit sous la cendre et une cruche d'eau. Il mit tout son talent et tout son zèle à donner à ces deux statues la plus grande perfection possible. Mais la récompense due à ses efforts, le juste prix sur lequel il comptait pour subvenir aux besoins des siens, lui fit défaut. » Chigi et Raphaël étant morts presque simultanément, les deux figures, par suite de l'indifférence des héritiers de Chigi, restèrent, pendant de longues années, dans la boutique de l'artiste. Le 8 mars i552, deux sculpteurs, Tommaso dal Boscho et Raffaello da Montelupo, furent chargés de régler le différend survenu entre les héritiers du banquier et ceux de Lorenzetto. Ils décidèrent que ceux-ci étaient tenus de remettre aux premiers les deux statues de Jonas et d'Elie, ainsi que divers fragments de marbre destinés à la décoration de la pyramide élevée sur le tombeau de Chigi. Le prix total de l'ouvrage fut fixé à i233 ducats et un tiers, sur lesquels, d'après une note que nous a communiquée M. Narducci, Lorenzetto avait reçu de son vivant 1 141 ducats'.

On le voit, pas plus ici que dans l'exécution du « puttino », Raphaël ne prit le ciseau ni ne tailla le marbre. Les auteurs du seizième siècle sont d'accord pour affirmer que les deux statues ont été exécutées sous sa direction. Mais aucun d'eux n'est allé jusqu'à prétendre, comme l'a fait Passavant, que Raphaël a mis la main au moins à la statue de Jonas. Le maître se sera borné à fournir à Lorenzetto une esquisse, peut-être même une maquette (on considère comme telle une terre cuite du musée de South-Kensington). En fallait-il davantage pour donner au Jonas le charme qui le caractérise? ■ — Le modèle du Jonas était terminé en i5u), au plus tard, car dans les Loges nous en trouvons déjà une reproduction'.

On a aussi attribué à Raphaël l'exécution de plusieurs médailles. Mais, ici encore, il s'est probablement borné à fournir des esquisses,

I. On a longtemps fait honneur à Raphaël de deux autres insignes monuments de sculpture, la fontaine des Tortues (fontana délie Tartarughe) et la tète de cire du muse'e Wicar. Mais ces deux attributions ne comptent plus de défenseurs. Les meilleurs juges s'accordent à voir dans la tète de cire un ouvrage du quinzième siècle. (Voy. l'e'tude de M. Janitschf.k dans l'Art, i883, t. XXXV.) Quant à la fontaine, elle a été exécutée, en I.SS5 seulement, par le sculpteur florentin Taddeo Landini.

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