Antiqiiaria Urbis, liv. I, fol. !32 v
■3. Aldro.'vndini, Délie statue antichc cite pcr tutta Ro}7ia in diversi luoghi et case si veggono, édit. du i562, pp. ii5 et suiv. Voy. aussi BAmuiT de Jouy, les Fontes du Primatice, pp. 41,42.
4. Voyez mon travail sur le Musée du Capitole et les autres collections romaines a la fn du quin:{ième et au commencement du sei:[ieme siècle ; Paris, 1882.
collection d'Augustin Ghigi et celle de Bembo acquirent également une certaine célébrité. On trouvait des antiques jusque chez de simples artistes. Un des plus chers amis de Raphaël, l'orfèvre Antonio da San- Marino, possédait une Vénus de marbre qu'il exposa devant sa boutique, lors de la procession par laquelle Léon X inaugura son règne. Ajoutons que personne ne trouva étrange cette façon de célébrer une des grandes fêtes de l'église.
Des documents conservés à la Bibliothèque nationale nous permettent de faire connaître la composition de plusieurs de ces cabinets d'antiques. L'un, installé u in domo Roscia », renfermait : un buste de la Sibylle de Tivoli, un buste de César et un autre de Pompée; une statue de Diane d'Ephèse, en marbre blanc, avec la tète, les mains et les pieds en marbre noir; le Sacrifice d'un taureau; un Neptune armé du trident, avec un pied posé sur une barque; un Bacchus couronné de pampres; l'épouse de Bacchus {sic), un bas -relief représentant la Volupté, la Chasteté et le Courage; de nombreuses tètes de Nymphes; une Vénus assise sur un trône, avec un myrte à côté d'elle; une tète colossale de Polyphème; une statue de Minerve. La plupart de ces marbres furent également exposés à l'occasion de la procession, ou « sacro possesso », de Léon X.
Nous sommes en mesure d'affirmer que Raphaël et ses disciples ont connu, étudié, copié deux au moins de ces antiques, la Diane d'Ephèse et le Sacrijice du taureau. Nous trouvons, en etïet, ces deux compositions représentées dans les Loges, l'une au-dessous de l'autre, dans l'ordre môme dans lequel les cite l'auteur du manuscrit de la Bibliothèque nationale. Si dans la figure de la Diane d'Ephèse l'artiste s'est permis quelques changements, il a, par contre, fidèlement copié le bas-relief avec les trois sacrificateurs, le taureau et les trois joueuses de tlûte. Les Loges contiennent bien d'autres motifs encore qui peuvent se ramener à des modèles anciens.
Le savant auquel nous devons ces renseignements sur les collections romaines du règne de Léon X, Claude Bellièvre de Lyon, a en outre vu chez une dame de la famille des Orsini, près de l'église Saint-Eustache, le Combat des Horaces et des Curiaces (les Gaulois combattant, aujourd'hui au musée de Naples); dans le palais Cesarini, une statue de Caton le Censeur, et un enfant assis sur un dauphin; dans le palais Massimi, les statues ou bustes de Jules César, de Brutus et de Sénèque.
Si nous ajoutons à ces trésors, dont on commençait à sentir tout le prix, ceux que les monuments publics offraient à l'admiration des visi-