‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 267 sur 327 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

teurs, on se persuadera aisément qu'aucune ville au monde ne pouvait se flatter de donner un enseignement aussi multiple et aussi complet. Il est à peine nécessaire de rappeler ici les colosses de Monte Cavallo; la statue de Marforio, celle de Marc-Aurèle; les bas-reliefs des arcs de Titus, de Marc-Aurèle, de Septime-Sévère, de Constantin, ainsi que du petit arc des Orfèvres; ceux des colonnes Antonine et Trajane (dès i5o6, Raphaël Maffei de Volterra parle des dessins faits, d'après la colonne Trajane, par le peintre Jacopo de Bologne; cet artiste avait imaginé une machine qui lui permettait d'étudier de près tous les bas-reliefs); ceux des « Colonaccie » situées près du forum d'Auguste; les sarcophages disséminés dans les trois cents églises de la ville; les stucs des thermes de Titus, ceux des tombeaux de la voie Appienne et de la voie Latine; etc., etc.

Vasari fait coïncider l'apogée de l'art moderne avec la découverte du Laocoon, du Torse, de l'Apollon, de la Vénus, de l'Hercule, de la Cléopâtre : l'exemple de Raphaël lui donne raison.

Tout poussait Raphaël à s'inspirer de ces modèles, et ses propres aspirations, et les conseils de son entourage. Le plus dévoué de ses protecteurs, celui qui fut pour lui comme un second père. Bramante, avait fait de l'antiquité l'étude de toute sa vie. La plupart des monuments de l'ancienne Rome avaient été mesurés et dessinés par ses soins. Lomazzo, auquel nous devons ce renseignement, a encore vu ces dessins, alors dispersés dans toute l'Italie'. Un élève de Bramante, Antonio Labacco, confirme ce témoignage en nous montrant son maître imitant, à diverses reprises, un temple situé près du Forum, sur l'emplacement de l'église Saint-Adrien ^ Raphaël était tout fraîchement débarqué à Rome que déjà l'architecte en chef de Saint-Pierre mettait àj'épreuve ses connaissances en archéologie : a3'ant fait exécuter des copies du Laocoon par plusieurs sculpteurs, il lui demanda de prononcer entre les concurrents. Le Sanzio déclara que le travail de Jacopo Sansovino se rapprochait le plus de l'original, et son arrêt fut ratifié par un connaisseur illustre, le cardinal Dominique Grimani (Vasari, t. XIII, p. 72).

Bramante étudiait l'antiquité en artiste. D'autres amis de Raphaël

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