‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 270 sur 327 · I. Galette des Beaux-Arts, i863, t. I, p. 35i · texte numérisé non relu

I. Galette des Beaux-Arts, i863, t. I, p. 35i

RAPHAËL. — CHAPITRK XX.

marquis Campori (3o mars nous montre l'ariistc occupe à satis-

faire les caprices du duc Alphonse d'Esté. « Quant aux médailles, têtes et figures, écrit le chargé d'allaires, Raphaël m'a dit qu'il se conformerait aux instructions de Votre Excellence; il m'a prié de m'en remettre à lui, m'assurant qu'il aura des émissaires capables de le bien servir. Il m'a donné aussi à entendre que A'otre Excellence a manifesté naguère le désir d'acquérir le lit de Polycrate 'Polyclète? . Il y en a bien un à Florence, mais il n'est pas à vendre. Il en connaît un ici qui lui paraît plus beau, quoique ce ne soit pas le lit de Polvcrate. » Etc., etc.

Qui sait si Raphaël ne collectionna pas aussi pour son propre compte? Un de ses héritiers, Jules Romain, possédait des marbres qui provenaient peut-être de sa succession et que Castiglione lui fit espérer de vendre à Mantoue'. Nous trouvons en outre, parmi les objets laissés par Jules Romain à Rome, chez son frère, en 1524, trente médailles de divers types, onze médailles de plomb avec diverses figures, une figurine (una intagliatura en cristal de roche, une tasse de marbre blanc, un vase de terre antique (una tazzetta di terracotta antica), un vase antique de bois una tazzetta antica in legno), et aussi que de promesses et de mystères dans cette simple désignation!; une caisse pleine de dessins, de cartons, de livres, de manuscrits, — selon toute vraisemblance, l'héritage artistique et littéraire de Raphaël'.

Le peintre-archéologue ne tarda pas à organiser un véritable institut de correspondance archéologique. On sait qu'il envoya des dessinateurs dans toutes les parties de l'Italie et jusqu'en Grèce, pour y relever les monuments antiques. Line gravure du soubassement de la colonne de Théodosc, à Constantinople, porte une mention constatant que le dessin original avait été envoyé à Raphaël d'Urbin (Passavant, t. I, p. 274 . L'examen du dessin de la Bataille de Constantin-o. permis à M. Reiset de faire une autre observation encore, tout aussi intéressante. » Plusieurs des têtes de chevaux de profil qui se voient à la gauche de la composition, dit ce savant, sont copiées de la frise de Phidias. La ressemblance est telle, qu'elle ne peut être fortuite. On ne la retrouve ni dans la fresque peinte après la mort de Raphaël par Jules Romain, ni dans- aucun autre ouvrage que nous connaissons du maître ou de ses élèves ^ »

1. DuMESNiL, Histoire des plus célèbres amateurs italiens, p. 1 15.

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