‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 279 sur 327 · Bertolotti, Artisti urbinati in Roma, pp · texte numérisé non relu

Bertolotti, Artisti urbinati in Roma, pp

2. J'ai publié le texte du contrat dans mes Historiens ei critiques de Raphaël, pp. iSS-iHq.

d'une propriété assez considérable, puisque la location seule du terrain s'élevait à la somme de 80 ducats d'or, représentant, au denier vingt, un capital de i5oo à 2000 ducats. Il est vrai que la via Giulia passait alors pour le plus beau quartier de Rome. Commencée par Jules II, cette rue, qui aujourd'hui encore olfre un caractère de noblesse et d'élégance si saisissant, renfermait plusieurs édifices construits par Bramante. C'était la résidence des grands seigneurs, des prélats, des banquiers. Raphaël pouvait désormais marcher de pair avec ces favoris de la fortune. Nous y trouvons également deux confrères de Raphaël, l'architecte Antonio da San-Gallo et l'orfèvre Caradosso, qui y acquirent en i5i6 des terrains considérables. Le superbe palais construit par San-Gallo (aujourd'hui palais Sacchetti) existe encore; la façade est ornée de l'inscription : domvs sangalli ARCHrrpxTi

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La date du contrat offre un intérêt particulier. Ce document est du 24 mars i52o; le 6 avril suivant, Raphaël expirait. On voit dans quelles dispositions d'esprit l'artiste se trouvait presque à la veille de sa mort. L'avenir lui apparaissait sous les couleurs les plus riantes. Lui qui avait embelli, transfiguré le séjour de tant de grands personnages, songeait enfin à se créer une demeure digne de lui. Riche, au comble de la gloire, il aspirait, je ne dirai pas au repos, — il était trop jeune pour se condamner à l'oisiveté, — mais à ce recueillement que les exigences incessantes de Léon X ne lui avaient plus permis, depuis de longues années, de connaître. Il ne se savait pas si près du repos éternel.

M. le commandant Paliard a bien voulu me faire observer que la date du contrat est intéressante à un autre point de vue encore : elle prouve combien fut courte la madadie du jeune maître. Le 24 mars, il assistait encore, plein de santé, à la rédaction de l'acte; treize jours après, il expirait.

L'histoire des derniers moments de Raphaël, de cette mort foudroyante, est encore pleine d'obscurité. Quelque créance que mérite le témoignage de Vasari, l'ami des amis et des élèves du maître, de Bindo Altoviti, de Jean d'Udine, et de tant d'autres, on s'accorde aujourd'hui à le rejeter et à traiter de calomnieuse la version donnée par l'auteur de cette biographie de Raphaël, si chaude, si émue, si éloquente.

I. L2 plan du terrain a c'te publié par M. de GEYMiiLLER, Raffaello San:^io sUidiato corne architctto, p. 97.

Ce qui est certain, c'est que, si cies excès ont hâté la tin du jeune maître, ce sont avant tout des excès de travaiL L'organisation la plus robuste n'aurait pas pu résister à un effort aussi prodigieux, effort qu'il fallait renouveler tous les jours. Dans le portrait improvisé par Marc-Antoine, on voit Raphaël enveloppé dans son manteau et grelottant de froid, à côté de sa palette et de ses godets : sans doute il ressentait à ce moment déjà les atteintes du mal qui ne devait pas tarder à l'emporter (p. 6bgj.

La maladie fut courte. Le 20 mars, le maître promettait à l'envoyé du duc de Ferrare des modèles de cheminées. Le 24 mars suivant, il signa le contrat d'acquisition des terrains de Saint-Biaise. Le 6 avril, il n'était déjà plus. Tout nous autorise à croire qu'il fut enlevé par une de ces fièvres pernicieuses si fréquentes à Rome : « Raphaël da Urbino », écrit l'envoyé du duc de Ferrare, « è morto di una febre continua et acuta, che già octo giorno l'assaltô. » Quant à la version rapportée par le trop peu consciencieux Missirini, que Raphaël fut atteint de pleurésie pour avoir couru trop vite au Vatican, où il était mandé par Léon X, elle ne mérite aucune créance.

Dès les premiers jours, l'inquiétude fut grande à la cour pontificale. Le pape, nous dit Marc-Antoine Michiel, envoya au moins six fois pour demander des nouvelles du malade et lui prodiguer des consolations.

Quelque rapides que fussent les progrès du mal, Raphaël conserva cependant la force nécessaire pour mettre ordre à ses affaires. Son testament nous fournit un dernier témoignage de l'exquise délicatesse de ses sentiments, de l'esprit d'équité et de bienveillance qui inspirait jusqu'à ses moindres actes. Il n'y oublia aucun de ses amis, et à chacun il laissa le legs le plus en rapport avec ses goûts ou ses besoins.

Voici de quelle manière il disposa de sa fortune, qui s'élevait au chiffre de i(3 000 ducats, soit environ 800000 francs, au pouvoir actuel de l'argent. Ses esquisses, ses tableaux, en un mot tout ce qui constituait son héritage artistique, devinrent la propriété de ses deux élèves favoris, Jules Romain et Jean-François Penni, à charge par eux de terminer les travaux en' voie d'exécution. Chacun de ses serviteurs reçut 3oo ducats d'or. Le terrain acquis peu de jours auparavant dans la via Giulia, fut partagé entre son cousin Antonio Battifcrro d'Urbin, qui reçut 100 cannes, et son ami l'orfèvre Antonio de San- Marino, qui, d'après des renseignements, d'ailleurs sujets à caution',

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