ENFANTS JOUANT AVEC IN 1> O R C
(Acadéinic de Venise.)
Tantôt le débutant copie, dans le Livre d'esquisses conservé à ^'enise Kahl, n"' (S, 42'% la Vierge agenouillée et le lion debout, peints par Pinturicchio dans la chapelle San-Girolamo, à Sainte-Marie du Peuple; tantôt il s'inspire de VHistoire de Moïse, peinte par Pinturicchio, sous la direction du Pérugin, dans la chapelle Sixtine (tètes de jeunes femmes; femme agenouillée, tournée à droite; Kahl, n"' 44, 62). Ces compositions, Raphaël les connaissait, non par les originaux, car ce n'est que cinq ou six ans plus tard qu'il visita Rome, mais bien par les esquisses et les cartons que Pinturicchio lui aura communiqués dans son atelier de Pérouse. Ailleurs encore, dans deux cavaliers du recueil
1. Die Werke italienisclier Mcister in dcn Galérien von Miinclicn, Drcsden imd Berlin: Leipzig, 1880, pp. Sio et suiv.
2. Nos renvois se rnpporicnt au travail de M. Kahl : Djs l'ene^jiLjnisclw Ski^^enbucli ; Leipzig, 1882.
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vénitien Kahl, n" 41), Raphaël a imité une esquisse attribuée à Pinturicchio 'musée du Louvre-, Braun, n" 234 .
Si une critique ferme et impartiale a le devoir de constater ces emprunts, elle a aussi celui de combattre les accusations de plagiat que quelques admirateurs fougueux de Pinturicchio ont dirigées dans ces dernières années contre Raphaël. A les en croire, celui-ci, dans la Vierge entre saint Jérôme et saint François (au musée de Berlin', et dans le
Couronnement de la ]'ierge là la Pinacothèque du A'atican;, se serait borné à traduire en peinture des esquisses de Pinturicchio. Nous montrerons plus loin sur quel fondement fragile reposent de telles imputations.
Raphaël, élève, n'a pas hésité à demander des leçons à un artiste aussi expérimenté que Pinturicchio ; devenu maîti'c à son tour, il a tenu à honneur de s'acquitter au plus tôt. Pinturicchio n'a pas de réclamations à élever devant la postérité; il n'a point obligé un ingrat; il a été payé avec usure.
La hardiesse, la fierté du dessin, n'étaient point les qualités maîtresses du Pérugin et de Pinturicchio. Pour parvenir à mettre plus d'accent dans ses figures, à leur donner une tournure plus martiale, Raphaël crut utile de consulter les modèles laissés près de Pérouse, à Città di Castello, par le fougueux artiste cortonais, Lucas Signorelli, dont il avait très certainement déjà apprécié les mérites à Urbin même (voyez, ci-dessus, page 28' . Grâce aux recherches de MM. R. \'ischer, Schmarsow et Kahl, nous pouvons aujourd'hui suivre ces préoccupations dans toute une série de dessins de Raphaël. Dans le Massacre des Innocents, de l'Académie de ^'enise, dessin qui est probablement antérieur au départ d'Urbin , le guerrier qui saisit la jeune femme par les cheveux passe généralement pour une réminiscence de Signorelli ; il en est de même de diverses figures d'hommes nus, représentés dans des attitudes plus ou