INFLUENCE DE SIGNORELLI
moins tourmentées i même recueil, décrites par M. Kahl sous les n"' i5, H) et 3i;. Le guerrier debout Kahl, n" iG) est une répétition presque textuelle du lansquenet introduit par Signorelli dans une des fresques de Monte Oliveto Maggiore, VKcuyer de Tottila devant saint Benoit; on peut également rapprocher ce guerrier du personnage placé
FRAGMENT D ' i: N F, F R F. S Q U F, DR S I O N O R F I. 1. I A M O N T K - O L I V F. T O
à l'extrême droite dans YHistoire de Moïse peinte par Signorelli pour la chapelle Sixtine. Un autre dessin de Raphaël, conservé à Lille, reproduit deux des archers du Martyre de saint Sébastien , ^t'mi par Signorelli à Città di Castello même, dans l'église Saint-Dominique.
Ces emprunts ne formèrent toutefois que des accidents dans le développement artistique de Raphaël. Cédant à son penchant, il revenait vite à la manière élégiaque de celui qui fut son maître par excellence, Pierre Péru^in.
Jusqu'ici nous n'avons parle qu'incidemment du fameux recueil de l'Académie de ^YM^ise, le Livre d'études ou d'esquisses , commencé par Raphaël peut-être avant la mort de son père que l'on se rappelle le Massacre des Innocents, gravé ci-dessus) et terminé, selon toute probabilité, peu de temps après son établissement à Florence. Le moment est venu de nous occuper de ces documents inappréciables dans leur ensemble. On sait que, dans les dernières années, le recueil de Venise a donné lieu aux plus ardentes polémiques, en Allemagne surtout, et qu'aujourd'hui les critiques d'art sont partagés en deux camps, dont l'un cherche à faire oublier par son ardeur l'infériorité du nombre, ceux qui croient que ces dessins sont de la main de Raphaël, et ceux qui les retranchent de son reuvre. Comptant dons les deux partis des amis également chers, des maîtres également vénérés, je réunis, je pense du moins, celles des conditions qui sont nécessaires pour mener le débat avec impartialité et avec modération.
Trois points sont hors de conteste : i° les dessins de Venise datent de la fin du quinzième ou du commencement du seizième siècle; 2" ils formaient au début un album ou un carnet de voyage; 3° ils proviennent pour la majeure partie d'une seule et même main. C'est sur la détermination de cette main que s'est ouverte la plus violente des polémiques. Tandis que MM. Cavalcaselle, Crowe, de Liphart, Bode, Lippmann, Bayersdorfer, Schmarsow, de Pulszky, bon nombre de savants italiens et anglais, enfin la critique française tout entière, persistent à affirmer la paternité de Raphaël, l'ingénieux et spirituel amateur qui a rendu si célèbre dans les dernières années le nom de Lermolieft attribue le recueil à Bernardino Pinturicchio, suivi en cela par M. Minghetti et par M. Wickhoff; M. Kahl, de son côté, le revendique pour Girolamo Genga, d'Urbin. Un petit nombre de savants, tels que M. Springer, dans son Raphaël et Micliel-Ang-e, tout en niant la participation de Raphaël, hésitent à mettre en avant un autre nom. Le recueil, selon eux, serait l'œuvre collective d'un atelier ombrien.
Le Livre d'esquisses de Venise n'a pas d'histoire. Nous savons seulement qu'il fut acheté à Parme, au commencement de ce siècle, par le peintre Bossi, de Milan, au prix de 400 francs en^■iron, baptisé par lui du nom de Raphaël, enfin revendu, après la mort de Bossi, à l'Académie des beaux-arts de Venise. Mais de l'obscurité qui enveloppe les vicissitudes du volume saurait-on tirer un argument contre son authenticité? Les dessins de Raphaël à Lille, à Oxfoi-d, au Louvre ou à \'ienne, ont-ils leurs papiers mieux en règle? Qui nous empêche de voir, dans le
Livre d'esquisses, ce Libre famoso de cenlo disei>-ni di niano tiitli di Raffaellf) ehe comprô Guido in Roma, livre compris dans la succession de Guido Reni f-J- 1642";, et probablement entré ensuite dans la collection de