‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 32 sur 327 · ÉTUDE DE JEUNE FEMME · texte numérisé non relu

ÉTUDE DE JEUNE FEMME

(Académie de Veni'se.)

da San Gcorgio une page, incorrecte, si l'on veut, mais qui cadrait si bien avec l'idée que l'on se faisait du développement de Raphaël! Ce cheval bizarre, avec sa croupe gigantesque, sa tête atrophiée, ce Satan plus comique que terrible, et à côté de ces deux figures malencontreuses, ce saint aux traits si doux, si véritablement raphaélesques, tout cela réuni ne caractérisait-il pas à merveille la période de tâtonnements dont les dessins de A'enise nous offrent tant de témoignages? Pourquoi, au fait, ne laisserions-nous pas les partisans d'Eusebio se disputer avec ceux de Pinturicchio (car le Saint Martin de Francfort a

été également revendiqué en faveur de ce maître^ pour nous en tenir purement et simplement à l'appellation ancienne? Le lecteur impartial hésitera d'autant moins à nous suivre que la technique, — un svstème de hachures à la plume, d'une extrême dureté, — est presque identique dans le Saiiil Martin et dans les principaux dessins de ^'enise.

( ; R O U 1' K TiV. Q l' A T R K P K R S () N X A G K S

iMiisce Wicar.^

Un autre dessin du luusée de Francfort, l'étude pour la Dispute du Saint-Sacrement , ollVe de son côté, comme facture et comme style J'analogie la plus saisissante avec l'étude de Deux hommes nus, vus de dos, conservée à Venise (Kahl, n" i3\ Il nx a pas moins de parenté entre les figures d'hommes drapés Kahl, n"^ \ et 3), inspirés de la Remise des clefs, peinte pai- le Péiugin dans la chapelle Sixtine,\n le groape de quatre personnages du nnisée Wicar gra\é ci-dessus : les types, les plis

des vêtements, avec leurs cassures assez maladroites, le système des hachures, bref l'inspiration générale aussi bien que les moindres détails techniques sont identiques de tout point. Rapprochons maintenant un des paysages du recueil vénitien des paysages similaires de l'Albertine :

DEUX PliU SON NAGES DEBOUT

(Académie ctc Venise.'

ici encore on reconnaît la même main, avec cette ditVérence qu'elle est plus exercée et plus souple dans les dessins de ^'ienne que dans ceux de Venise. Et combien d'expressions, combien d'airs de tète, devant lesquels il est impossible de ne pas prononcer le mot de raphaélesque? Ce caractère est si prononcé dans certaines figures, que même M. Kahl, qui nie la participation de Raphaël au recueil de \'enise, y signale plus d'une fois des « accents raphaélesques » (n"' 2t, 3o).

-o RAPHAËL. — CHAPITRE III.

En résumé, malgré bien des imperfections, malgré une infériorité souvent Hagrante, l'immense majorité des dessins de ^'enise se rapproche trop, comme facture, de certains dessins absolument authentiques, — dessins de Lille, de Francfort et de Vienne, — pour que la paternité de Raphaël puisse être davantage révoquée en doute.

Mais ces analogies se bornent-elles à de simples rencontres dans la marche des études, dans l'emploi de tel ou tel procédé, ou le choix de tel

JOUEUR DE LrTII

(Université d'Oxford.)

ou tel sujet? En dehors des croquis pris à l'rbin, en dehors de l'étude d'après les 'J^i'ois Gi'âces et de la copie de la Mise au iombcan de Mantegna, ne rencontrons-nous pas, dans les dessins conser\és à ^'enisc, un certain nombre de motifs utilisés plus tard par Raphaël pour celles de ses productions dont aucun critique jusqu'ici n'a osé lui contester la paternité?

Si les discussions des dernières années ont été passablement irritantes, elles n'auront pas du moins été complètement stériles. Les recherches, soit de nos alliés, soit de nos adversaires, ont établi un

certain nombre de rapprochements généraux dont il importe de tenir compte avant d'aller plus loin. C'est ainsi que M. Kahl a retrouve, dans le fameux Massacre des Innocents, le plus ancien probablement des dessins du recueil de \'enise, comme les germes de ki scène si pathétique, gravée quelque dix ans plus tard par Marc-Antoine d'après une nouvelle composition de Raphaël. La Femme ag-enoiiillée f'Kahl, n" (S rappelle la Madeleine de la Crucifixion de lord Dudlew Le Jeune

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