‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 33 sur 327 · PORTRAIT D K JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

PORTRAIT D K JEUNE FILLE

(Académie Je Venise.)

homme debout, tenant d'une main son manteau, appuyant l'autre main sur sa poitrine (Kahl, n" 4), semble la première pensée du saint Jean peint dans le tableau du Vatican, le Couronnement de la VieriiV. Les Enfants dansant (reproduits ci-dessus) et les Enfants jouant avec un porc annoncent les Enfants se querellant (au Louvre, reproduits ci-après, dans le chapitre via), les Ejifants Jouant [Oxfovd , Robinson, n° 84) et la Ronde d'Amours, gravée par Marc-Antoine. Le paysage décrit par M. Kahl sous le n" io5 est comme le pendant d'un paysage conservé à Oxford ( Robinson, n" 17). Et quelle parenté entre cette tète de jeune hlle, si légère, si sp irituelle, d'une facture presque sautillante, repro-

duitc à l'cnvi par la gravure, et le Joueur de lui h, de l'Université d'Oxford! Ne dirait-on pas la sceur et le frère?

Ce n'est pas tout. Une foule d'attitudes, de costumes, de t\-pes, du recueil vénitien se retrouvent, à tout instant, dans les dessins de Lille, dans ceux d'Oxford, dans les tableaux de la première manière de Raphaël. Tantôt ce recueil nous otiVe des motifs que Raphaël a développés, complétés, plus tard, en les faisant entrer dans l'économie de compositions plus compliquées, plus savantes; tantôt la forme y est tellement arrêtée que l'artiste n'a plus eu qu'à la répéter textuellement.

TÉTli Di: VIEILLARD

(Académie de Venise.)

A cet égard, une simple statistique sera la plus éloquente des démonstrations.

lY'te de vieillard, vue de protil ^Kahl, n" 8(), gravée ci-dessus' . Reproduite textuellement : \" dans V Adoration des mai>-es, dessin du musée de Stockholm, dont je dois une photographie à l'obligeance de M. le baron de Liphart; 2" dans V Adoration des )nages, peinture de Raphaël conservée au musée du \^atican.

l\'te d'homme, d'un type léonardcsque (même dessin'. Répétée dans un dessin d'Oxford iRobinson, n" 28;.

Tèle de jeune homme, les yeux levés au ciel Kahl, n" 3i) . Répétée dans un dessin d'Oxford ( Robinson, n" 10), dans un dessin de la collection Malcolm, et enfin dans le (Couronnement de la l'ieriiv, au \'atican (figui'e de l'apotre saint Jean, debout à droite).

Ans>e jetant des fleurs gra\é p. 74'. A été utilisé plus tard par

ETUDE DE TETE

( Acadcinie de Venise.)

Raphaël, ainsi que Passavant et M. Springer Tont démontre, dans

la Sainte Famille de François I" et dans les Noces de Ciipidon et de Psj'ché.

Etude de draperies (K-à\\\,n° 2()).

Utilisée dans le dessin du duc de Devonshire, Aî^neas Sj'hiiis devant le pape Eugène II', dessin dont nous démontrons plus loin l'authenticité.

Paysage (Kahl, n" io3). Se retrouve, mais en contre-partie (particularité propre à beaucoup d'autres dessins du recueil de Venise), dans la Madonna di Terranuova, au musée de Berlin (Cavalcaselle et Crowe, Raphaël, édit. allem., t. I, p. 1 5o'.

'Autre paysage. \'ue de Fossombrone i^Kahl, n° 36). Reproduit presque textuellement dans le dessin n" 17, d'Oxford.

Jeune homme nu, debout :Kahl, n" 23, gravé ci-dessus, p. 57.) C'est une étude pour l'un des rois de V Adoration des mages, au Vatican, peut-être aussi pour V Apollon et Marsyas du Louvre.

Etude de trois figures nues Kahl, n" 17). Le jeune homme qui, debout devant un de ses compagnons, étend la main suisa tète, est, d'après MM. Crowe et Cavalcaselle, la pensée première du berger couronnant Apollon, dans V Apollon et Mai'syas de la salle de la Signature '.

Tète d'homme criant (Kahl, n" 22).

Passavant a signalé depuis longtemps l'étroite parenté de ce motif avec l'étude pour la Oorgone qui est conservée à Oxford (Robinson, n" 71) et qui a servi, à son tour, à préparer

ETUDE DE TETE

(Université d'Oxford.)

I. MM. Bavkhsdori-er, Sch.maksow, Ckowe et Cavalcaselle croient pouvoir rattacher k lu iiiéiiie fresque un autre dessin du recueil de N'enise : le torse d'homme (Kahl, n" 02)

la Gorgone représentée sur le bouclier de Minerve, dans V École d'Athènes. Pour expliquer cette rencontre, M. Kahl est force d'admettre que la tète du recueil de Venise a été ajoutée après coup d'après la fresque du ^'atican. — A ce compte, la moitié du recueil se composerait d'interpolations. Or qui ne voit que les dessins de Venise sont non pas des copies exécutées d'après les peintures de Raphaël, mais bien des études utilisées pour ces mêmes peintures!

Deux hommes vus de dos ,Kahl, n° 3;, En combinant ces deux figures, Raphaël a composé celle du personnage qui, dans le dessin du musée Wicar, reproduit cidessus, et dans \i\ Présentât ion au Temple, à la Pinacothèque du Vatican, occupe l'extrême gauche. Le plus âgé des deux hommes a fourni le type et l'indication de l'attitude générale ; au plus jeune, l'artiste a emprunté l'arrangement des draperies inférieures, le bas du corps et la position des pieds, qui sont absolument identiques dans le dessin et la peinture. Soutiendra-t-on ici encore que l'auteur du recueil de ^'enise a copié une peinture de Raphaël? Ce serait une singulière manière de copier, et sans exemple, je crois, que de dédoubler les figures de l'original!

Il serait facile de multiplier ces rapprochements. Citons encore la M'ere allailaul son enfant i Kahl, n" qh , composition identique, ligne par ligne, à un dessin d'Oxford, catalogué par M. Robinson sous le n" 22; — le .loueur de cornemuse iKahl, n" 29), également répété à Oxford : Robinson, n" 2 ; — la Vierge agenouillée Kahl, n'M;, qui a son

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