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CHAPITRE VII

Dans la peinture, le triomphe du style antique fut plus lent encore. L'art gréco-romain, que l'on ne connaissait alors que par les marbres, les bronzes, les médailles et les pierres gravées, ne fournissait pas aux peintres de modèles directs : il leur fallut donc de longs efforts pour s'assimiler des principes exprimés dans une langue si différente de la leur. La première, rpxole de Padoue réussit à triompher de ces difficultés et à faire passer dans les tableaux et les fresques les enseignements fournis par la statuaire ou la glyptique des anciens. Son triomphe fut complet, trop complet même, car déjà, dans les compositions de son immortel coryphée, Mantegna, ces réminiscences nuisent parfois à la spontanéité de l'inspiration, à la fraîcheur du style. A Florence, la lutte dura longtemps. Rien de plus fréquent, il est vrai, que la représentation de sujets empruntés à la mythologie ou à l'histoire de la Grèce et de Rome. Les imitations d'ornements antiques, grecques, méandres, trophées, médaillons, etc., abondent également; mais les types, les costumes, le style, restent essentiellement modernes. Les ouvrages des maîtres que nous savons, par Vasari, avoir tout spécialement étudié les modèles anciens, D. Ghirlandajo, Botticelli, Filippino Lippi, le prouvent à l'évidence. L'imitation de l'antiquité n'y porte que sur des accessoires. Alors même qu'ils retracent quelque haut fait de l'histoire romaine, ou célèbrent quelque divinité de l'Olympe, leur inexpérience saute aux yeux. La Naissance de Vénus, de Botticelli, fournit à cet égard, comme M. Springer l'a fait observer dans son Raphaël et Michel-Ajig'e, le témoignage le plus curieux, le plus probant. Rien de moins antique que cette figure longue et maigre, mal équilibrée sur la conque qui la supporte, la tête penchée, les cheveux flottants, ne sachant trop que faire de ses mains; rien de moins antique non plus que sa suivante, avec son costume si élégant d'ailleurs, ni que les zéphyrs dont le souffle fait naître autour de la déesse un nuage de roses. Ne nous plaignons pas de ces imperfections. Telle qu'elle est, la Naissance de Vénus 0. un parfum de jeunesse et de poésie que l'on chercherait en vain dans les œuvres plus savantes et plus correctes d'un Jules Romain ou d'un Perino del Vaga.

Le plus grand des peintres florentins de la Renaissance, Léonard de Vinci, est en même temps celui qui s'est le plus affranchi de la tradition antique. En dehors des études faites pour la statue de François Sforza, on aurait de la peine à découvrir chez lui des réminiscences directes de l'art grec ou romain. Ainsi que l'a constaté son dernier biographe, M. .I.-P. Richter, Léonard, dans ses nombreux écrits, ne

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