‹ Raphaël (volume 4)Chapitre 78 sur 327 · Die W'crkc italicnisclicr Mcistei; p. 2(h · texte numérisé non relu

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ETUDE DE TETE

(Académie de Venise.)

INFLUENCE DE LEONARD DE VINCL 167

il s'efforça de dérober au maître quelques-uns de ses secrets, et s'essaya à son tour dans une manière si nouvelle pour lui. Il rc'ussit. Nous ne dirons pas qu'il l'emporta sur lui, — qui pourrait se flatter de surpasser Léonard! — il l'égala, et c'est déjà beaucoup. Le beau dessin du Louvre, reproduit par notre gravure, est une imitation de la Joconde : même attitude libre et sérieuse, même modelé large et simple, même expression de tendresse voluptueuse. Il n'y manque que ce sourire ineffable qui depuis tant de siècles charme et décourage tout ensemble

ÉTUDE DU TÉTi;

(Universilo d'Oxford.)

les admirateurs, les adorateurs de Mona Lisa Gioconda. Le grand sceptique pouvait se plaire à de pareils sous-entendus, à des énigmes dont il a emporté avec lui le secret. Jeune et ingénu comme il l'était, Raphaël n'a même pas entrevu ces finesses. Son dessin respire la loyauté la plus parfaite. Respectons cette sainte ignorance.

L'influence de Léonard perce dans bon nombre d'autres ouvrages appartenant à la même période. Citons tout d'abord le portrait de Maddalena Doni, portrait dont le dessin que nous venons d'étudier forme en quelque sorte la première pensée. Dans cet essai, assez timide encore, Raphaël est resté absolument au-dessous de son émule; au point de vue du coloris, comme à celui de l'expression, la supériorité de Léonard est écrasante. Il est plus heureux dans la Vierge du duc

de Terraniiova, aujourd'hui au musée de Berlin, et surtout dans la Vierge dans la prairie, au Belvédère de Vienne, enfin dans la Saiiite Famille à l'agneau, au musée de Madrid, où il s'attache à rendre la grâce mélancolique, la « morbidesse » des Madones de son modèle, en même temps qu'il approfondit, comme lui, les mystères du coloris. La Vierge dans la prairie surtout témoigne de la communauté d'inspiration. Raphaël a réussi à y traduire, dans sa langue à lui, langue tout aussi harmonieuse, tout aussi sonore, quoique moins savante encore, les impressions qu'avait fait naître en lui l'étude des Vierges du Vinci. Si le modelé et le coloris y offrent moins de délicatesse que ceux de la Vierge aux rochers ou de la Sainte Famille du Louvre, la netteté et la fermeté de la composition montrent que nous avons affaire à un génie non moins plastique que Léonard, mais plus positif, peut-être même plus viril. L'influence de Léonard se fait sentir, mais avec des intermittences de plus en plus longues, jusqu'au^t premiers temps de l'établissement de Raphaël à Rome. Un dessin conservé au musée de l'Université d'Oxford (Robinson, n° 62), une étude de tête pour la Dispute du Saint-Sacremetit nous offre encore l'indéfinissable sourire léonardesque.

Le maître qui, à côté de Léonard, conquit dans l'esprit de Raphaël la place la plus grande, fut un artiste dont les aspirations paraissaient devoir former avec les siennes le contraste le plus complet. Qu'y avait-il de commun entre le peintre de la grâce et de la jeunesse, entre le brillant et spirituel Raphaël, et l'homme mort au monde, courbé toute sa vie sous le souvenir d'une catastrophe sanglante, Frà Bartolommco délia Porta? Comment l'Urbinate, dont l'esprit, pendant son séjour à Florence, ne cessa d'être rempli des images les plus riantes, se sentit-il attiré vers le pieux et triste solitaire du couvent de Saint-Marc? comment ces deux natures si opposées se prirent-elles l'une pour l'autre d'une amitié si tendre? •

Si son attachement pour Savonarole jette sur l'histoire de Frà Bartolommeo je ne sais quels sombres reflets, le style de ce maître véritablement grand augmente encore l'impression de tristesse que l'on éprouve en prononçant son nom. Orphelin de bonne heure, élève de Cosimo Rosselli, porté par tempérament au mysticisme, Bartolommeo ou Baccio délia Porta embrassa avec enthousiasme les doctrines du réformateur florentin. Il se distingua au premier rang de ceux qui alimentèrent, pendant le carnaval de 141)7, le fameux bûcher destiné à

tiubt POLR LE PORTRAIT DE MADELEINE DON! (Àlusée du Louvre ;

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