FRA BARTOLOMMEO
Que sera-ce lorsque son voyage à Venise aura familiarisé le peintre avec les secrets du coloris et lui aura permis d'ajouter à l'éloquence des lignes celle de la couleur?
Pour être d'une nature différente, l'influence exercée sur le moine par son jeune émule n'en était pas moins féconde. Avant tout, préoccupé de l'effet d'ensemble, Frà Bartolommeo négligeait trop l'étude de la nature; — on sait que, pour se passer du modèle vivant, il en était arrivé à fabriquer des mannequins. — Au lieu de prendre pour point de départ le portrait, il créait de toutes pièces des figures idéales. Les formules abstraites tendaient à se substituer chez lui aux fraîches et vivantes images empruntées à la réalité. La fréquentation de Raphaël était bien faite pour le réconcilier avec la nature et pour donner à ses figures un caractère de vérité plus grand, une expression plus intense. Les Madones exposées dans la cellule occupée par Savonarole au couvent de Saint-Marc montrent combien fut puissante l'action exercée par Raphaël sur son ami. L'une d'elles, la Vierge serrant son enfant contre son cœur, rappelle d'une manière frappante la l^ierge de la casa Tempi. La composition est presque identique, quoique en contre-partie. Nous aurons l'occasion, dans la suite, de signaler de nombreux autres exemples de cette influence, si docilement acceptée par le peintre dominicain, quoique la nature de son génie le rapprochât davantage du puissant rival de Raphaël, de Michel-Ange.
La liaison de Frà Bartolommeo et de Raphaël dura aussi longtemps qu'eux-mêmes. En i5i4, le moine vint visiter à Rome son ami, alors au comble de la gloire. Il rapporta de ce voyage une nouvelle admiration pour ce génie dont il avait été un des premiers à reconnaître la grandeur. — L'illustre peintre dominicain mourut, comme Raphaël, jeune encore : il comptait seulement quarante-deux ans, quand il expira le 3 août 1 5 17.
Ce fut un bonheur pour Raphaël qu'en arrivant sur les bords de l'Arno il pût traiter de pair avec des maîtres déjà célèbres, au lieu d'être réduit à se mêler à la jeunesse turbulente qui remplissait les ateliers florentins. L'esprit qui y régnait ne rappelait guère l'éducation sévère, presque monacale, donnée à Pérouse et en général dans les villes italiennes de second ordre. Raphaël y aurait difficilement trouvé de ces condisciples si doux, si timides, qu'en les portrayant il créait du coup d'adorables figures de saints ou d'anges. A tout instant, nous assistons à des rixes, à des escapades de toute sorte. Dans son Libvo di ricovdi, Neri di Bicci enregistre près-
que à chaque page le départ clandestin d'un élève, trop heureux encore lorsque quelque larcin n'avait pas précédé la fuite. Les rapports des élèves entre eux témoignaient également d'un singulier relâchement de la discipline. Le coup de poing asséné à Michel-Ange par Torrigiano est tristement célèbre, et cependant ce n'était là que le prélude d'excès bien autrement graves. Le moment n'est pas loin où les instincts les plus féroces triompheront avec Benvenuto Cellini, et où une légion de spadassins fera irruption dans le domaine sacré de l'art.
Alors même que les entreprises de la jeunesse artiste de Florence offraient un caractère moins répréhensible , elles révélaient, chez la population, un singulier besoin de s'amuser aux dépens des autres, de donner un libre cours à l'esprit de raillerie. Depuis ce Buffalmacco, de joA^euse mémoire, dont Boccace a immortalisé les exploits, la tradition ne s'était pas interrompue. Le recueil de Vasari montre à quel point les artistes de Florence étaient jaloux de maintenir à cet égard, leur antique réputation. Les maîtres les plus graves ne dédaignaient pas de prendre part à ces amusements peu charitables, et leurs plaisanteries ne restaient pas toujours dans les limites du bon goût. Brunellesco était passé maître en « hurle », l'amusante nouvelle du Gi^asso Legnajiiolo nous le prouve. Les charges de Botticelli, le doux et religieux peintre des madones, le mystique commentateur de Dante, n'obtenaient pas moins de succès.
Gai et spirituel comme il l'était, Raphaël ne dut pas se formaliser de ces divertissements si nouveaux pour lui ; mais il est à croire que l'élévation de son caractère le porta plutôt à rechercher la société d'hommes instruits, distingués, se rapprochant de cet idéal du parfait « courtisan », avec lequel il s'était familiarisé pendant son séjour à Urbin.
La liberté de parole qui régnait dans le monde artiste de Florence n'était cependant pas indifférente au développement des arts; cette critique incessante, cette constante agitation, pouvaient devenir des éléments de progrès. Vasari a défini en termes excellents l'influence qu'un tel milieu devait exercer sur le goût public : « A Florence, dit-il, les hommes deviennent parfaits dans tous les arts, et spécialement dans la peinture, parce qu'ils sont aiguillonnés par trois choses. La première est une critique sévère et incessante, car l'air du pays fait des esprits libres par nature, qui ne peuvent se contenter des ouvrages simplement médiocres, et qui ont égard à la valeur de l'œuvre plutôt qu'au nom de
l'auteur. La seconde est le besoin de travailler pour vivre, ce qui veut dire qu'il y faut faire incessamment œuvre d'invention et de jugement, être avise et prompt dans sa besogne ; bref, savoir gagner sa vie, parce que le pays n'étant ni riche ni abondant, ne peut, comme d'autres, nourrir le monde à peu de frais. La troisième, qui n'est pas inférieure aux deux précédentes, est une certaine soif de gloire et d'honneurs que l'air du pays développe chez les hommes de toute profession, et qui les révolte contre la pensée d'être les égaux, pour ne pas dire les inférieurs de ceux qu'ils reconnaissent pour maîtres, mais dans lesquels ils voient des hommes comme eux : cette ambition et cette émulation sont si vives, qu'à moins d'être sages et bons de leur nature, ils en deviennent ingrats et médisants. »
Grâce à la recommandation du Pérugin, Raphaël fut rapidement adopté par la société florentine. L'atelier du vieux maître ombrien semble avoir été assez fréquenté. (L'envoyé de la marquise de Mantoue, Luigi Ciocca, qui, en i5o4, s'y rendait assidûment, parle notamment des belles jeunes filles que l'on y rencontrait'). Nul doute que, dans le principe, ses confrères florentins n'apparussent au débutant comme des artistes incomparables et que l'expression de ce naïf enthousiasme ne les disposât favorablement pour le nouveau venu.
Mais ce fut surtout dans l'atelier de Baccio d'Agnolo que Raphaël fit de nombreuses et utiles connaissances. Baccio, comme beaucoup de ses contemporains, cultivait en même temps l'architecture, la sculpture en bois et la marqueterie. Tantôt on le voyait diriger la construction de vastes palais, tantôt assembler, avec une patience digne d'un Oriental, les fragments de bois microscopiques destinés aux incrustations des stalles de quelque cathédrale. Il y avait belle et docte compagnie, en hiver surtout, dans l'atelier de Baccio. On y discutait beaucoup. Plus d'une réputation, à coup sûr, fut fitite ou défaite au milieu des établis chargés d'équerres et de rabots. L'écho de ces « bellissimi discorsi », de ces « dispute d'importanza », est arrivé jusqu'à Vasari, qui a encore pu connaître le vieux fabricant de marqueteries^. Le biographe cite Raphaël au premier rang de ceux qui composaient cette société d'élite. Puis venaient Andréa Sansovino, le Cronaca,
1 . « Alcune bellissime zovene, sue vicine, che si reducono assai in casa sua. » (Braghirolli, Noti:(ie... intorno a Pietro Vannucci, p. 3(3.)
2. Baccio, né vers 1460, mourut en 1541 seulement. La France possède, dans l'e'glise de Rueil, une œuvre authentique et fort intéressante de Baccio d'Agnolo, l'orgue de Santa-Maria Novella de Florence.
Antonio et Giuliano da San-Gallo, le Granaccio et une infinité de jeunes artistes florentins ou étrangers. Raphaël se distinguait par son exquise urbanité; il savait, sans froisser qui que ce fût, porter la lumière dans les questions les plus obscures'. Quelquefois aussi on voyait paraitre un jeune homme sombre, taciturne, bilieux, qui ne rompait le silence que 'pour lancer quelque sarcasme. On l'écoutait avec respect, car, quoiqu'il comptât à peine trente ans, l'Italie tout entière était pleine de sa gloire. Le lecteur a nommé Michel-Ange, Peut-être fut-ce dans l'atelier de Baccio que se passa une scène dont on parla longtemps à Florence. Rien n'était plus odieux au sculpteur que l'affadissement croissant du Pérugin; son mercantilisme acheva de l'exaspérer. Aussi lui refusa-t-il l'autorisation de voir certaines peintures qu'il venait d'exécuter (peut-être son fameux carton! et qu'il semble d'ailleurs avoir jalousement cachées. Le Pérugin se vengea par quelques paroles mordantes. Pour le coup Michel-Ange éclata devant tout le monde : d'après Vasari, il traita de « ganache », de « goffo », le maître ombrien. L'injure était si grossière, qu'elle ne méritait pas d'être relevée. Un homme d'esprit n'y eût répondu que par le dédain. Tel ne fut pas le parti auquel s'arrêta le Pérugin. Vingt années auparavant il aurait attendu son offenseur au coin d'une rue, avec quelque acolyte, et l'aurait roué de coups. Mais, à ce moment, son âge ne lui permettait plus de pareilles prouesses. Il se souvenait d'ailleurs de l'amende à laquelle la justice florentine l'a^-ait condamné en 1487 pour une vengeance de cette nature. Aussi, ne pouvant dévorer l'affront, résolut-il de recourir, à son tour, aux tribunaux. Mal lui en prit; les juges le déboutèrent de sa plainte, et dès lors son astre ne fit plus que décliner à Florence. Il ne tarda pas à regagner l'Ombrie, où personne ne se serait avisé de discuter son mérite, et où son amour-propre froissé trouva d'amples consolations. On ne s'est pas assez demandé, à mon avis, si l'hostilité de Michel-Ange contre Raphaël n'avait pas pour origine cette querelle. Passionné comme il l'était, le sculpteur florentin aurait reporté sur le disciple les sentiments qu'il éprouvait pour le maître.
Le séjour de Raphaël à Florence fut le point de départ d'autres relations encore, peut-être moins fécondes, mais non moins intimes.
I. Quelques aiimies plus tard, le .savant Celio Calcagnini, parlant des discussions auxquelles le Traite d'architecture de Vitruve donnait lieu, dans l'atelier de Raphaël, à Rome, rendait au peintre ce beau témoignage : « Prajlermitto Vitruvium, quem ille non enarrat solum, sed certissimis raiiouihus aut défendit, aut accusât, tani lepide, ut omnis livor absit ab accusatione. n
Elles nous prouvent avec quelle rapidité l'artiste d'Urbin gagnait la sympathie de tous ceux qui l'approchaient. Nous savons, par le témoignage de Vasari, qu'il se lia tout particulièrement avec Ridolfo Ghirlandajo, le fils de l'illustre auteur des fresques de Santa-Maria Novella. Lorsque Raphaël partit pour Rome, il confia à son ami le soin de peindre une draperie bleue dans un tableau qu'il n'avait pas eu le temps d'achever, probablement la Belle Jardinière. Plus tard, arrivé au comble de la gloire, il fit tous ses efforts pour attirer Ridolfo auprès de lui, à la cour pontificale. Mais celui-ci, chargé de famille (il avait quinze enfants) et fort attaché à sa ville natale, ne put se résoudre à s'expatrier.
Un membre d'une, famille dont le nom n'est pas moins cher à l'art, Aristote de San-Gallo, se lia également dès lors avec Raphaël, qu'il rejoignit dans la suite à Rome, où il fut attaché aux travaux de la basilique de Saint-Pierre.
Malgré tant de sympathies, Raphaël, pendant les quatre années que dura son séjour à Florence, se vit réduit à ne travailler que pour des amateurs de second ordre, ou même pour des étrangers. Rien ne nous autorise à croire que Pierre Soderini lui ait confié n'importe quel ouvrage, et cédé ainsi aux instances de la famille ducale d'Urbin. (Nous verrons dans la suite qu'en i5o8 Raphaël demanda une nouvelle lettre de recommandation pour le tout-puissant gonfalonier.) D'autre part, les communautés religieuses ou les corporations civiles réservaient leurs faveurs aux maîtres indigènes. Le jeune étranger ne put donc compter que sur ces amateurs qui, par goût comme par économie, préféraient le tableau de chevalet aux compositions monumentales'. (Les Dei furent les seuls qui lui commandèrent un retable, la Vierge au baldaquin.) Cette circonstance, toute fortuite, détermina en quelque sorte la nature de ses productions. Il n'en faut pas davantage souvent pour changer la direction de toute une école. Le séjour de Raphaël à Florence pourrait être assez justement appelé la période des madones. Les seules
I. Des connaisseurs distingués (voy. notamment la Galette des Beaux-Arts, 1872, t. Il, pp. 299 et suiv.) ont longtemps attribué à Raphaël la fresque du couvent de Sant'-Onofrio de Florence, la Cène. Ils se sont fondés principalement sur la présence de la signature RA... LL ANNO MDV. Mais alors même qu'il serait prouvé que cette inscription signirie RAPHAËL, il ne s'ensuit nullement que le Sanzio soit l'auteur de la fresque. On compte en effet à cette époque une quinzaine de peintres florentins portant le prénom de Raphaël (Vasari, édit. MiLANEsi, t. IV, p. 244). MM. Crowe et Gavalcaselle font honneur de la Cène à un élève du Pérugin, à un condisciple de Raphaël, Geripo da Pistoja (Histoire de la Peinture italienne, t. IV, p. 2(jo); dans un travail récent, M. Sch.marsow l'attribue au Pérugin lui-même.
ijb RAPHAËL. — CHAPITRE VII.
grandes pages que le maître peignit entre 004 et 1 5o8 lui furent en effet commandées, si l'on en excepte la l'ierge au baldaquin, non par la Toscane, mais par la vieille Ombrie; ce fut pour elle qu'il exécuta ou commença le retable du couvent de Saint-Antoine, la fresque de San- Severo, la Madone Ansidci, le Couronnement de la Vierge, destiné au couvent de Monte-Luce, enfin la Mise au tombeau.
Parmi les patriciens florentins qui favorisèrent les débuts de Raphaël, Taddeo Taddei mérite le premier rang. C'était un protecteur éclairé des lettres et des arts, grand ami du poète Bembo. Il commanda, entre autres ouvrages, le célèbre bas-relief de Michel-Ange, la Vierge avec l'enfant. Taddei se prit d'une telle amitié pour le jeune maître, qu'il lui offrit sa maison et sa table. Raphaël n'eut garde de refuser, mais il ne voulut pas se laisser vaincre en générosité, et fit cadeau à son hôte de deux tableaux, dont l'un, la Vierge dans la prairie, au Belvédère de Vienne, peut compter parmi ses productions les plus exquises. Plus tard, en i5o8, dans sa lettre adressée à son oncle, Simon Ciarla, il lui recommanda chaleureusement son protecteur, qui se préparait à faire un voyage à Urbin. « Dans le cas, lui écrit-il, où le Florentin Taddeo Taddei, dont nous avons souvent parlé, viendrait à Urbin, veuillez prier mon oncle le prêtre et ma tante Santa de lui rendre tous les honneurs possibles, sans rien épargner. Je vous prierai, vous aussi, de lui rendre tous les services dont il pourra avoir besoin, parce que, en vérité, je lui ai les plus grandes obligations. »
Taddeo Taddei n'habitait pas encore à cette époque le palais que Baccio d'Agnolo construisit pour lui dans la via de' Ginori, et qui porte aujourd'hui le nom de palais Pecori Giraldi. Il demeurait près du palais des Médicis, au n° i5 de cette via San-Gallo, dans laquelle devait plus tard s'élever, sur les dessins de Raphaël, le superbe palais Pandolfini. La maison dans laquelle il donna l'hospitalité au peintre est d'apparence modeste. Le passant ne la remarquerait pas sans l'inscription (moderne) qu'elle porte sur sa façade :
RAFFAEI.I.O I)A UR15INO 1"U OSPi rK ni TADDEO Dl I RAXCESCO TADDEI IX QUESrA CASA NEL Ml)\'.
Un autre amateur llorentin, Lorenzo Nasi, témoigna également beaucoup d'amitié à Raphaël. Cette fois-ci encore le peintre fit preuve d'une
rare délicatesse. Quoiqu'il ne fût pas riche et qu'il lui fallût compter (Raphaël savait à l'occasion traiter les afi'aires avec la prudence, le sangfroid qui caractérisent les Italiens), il voulut, lorsque Nasi se maria avec une demoiselle de la famille Canigiani ' (on sait que les Canigiani commandèrent à l'artiste la Sainte Famille, aujourd'hui conservée à Munich), le surprendre par un cadeau qui pût rivaliser avec ceux des plus opulents d'entre ses amis : il lui offrit la J'ierge an chardonneret, le joyau le plus précieux de cet écrin qui s'appelle la Tribune de la galerie des Offices. Comme Taddei, Nasi eut recours ù Baccio d'Agnolo pour la construction de son palais. .
Angelo Doni, qui commanda au peintre son porti'ait et celui de sa femme, ne brillait point par la munificence. Il savait allier une extrême parcimonie à son goût pour les belles choses. Raphaël dut sans doute passer par ses fourches caudines; mais Michel-Ange, moins timide, lui apprit un jour ce qu'il en coûtait de lésiner avec un homme comme lui. Doni lui avait commandé une sainte Famille, celle-là même qui se trouve aujourd'hui dans la galerie des Offices. L'artiste, après l'avoir terminée, la lui envoya en même temps que la « police » (c'est l'expression dont se sert Vasari), qui s'élevait à 70 ducats. Ce prix parut énorme à l'amateur; aussi ne remit-il au porteur que la somme dérisoire de 40 ducats. Réclamation immédiate de Michel-Ange, qui demande 100 ducats ou le renvoi du tableau. Nouvelle proposition de Doni qui offre 70 ducats. Exaspéré, Michel-Ange exige 140 ducats, et force fut ù ce trop parcimonieux Mécène de s'exécuter. La maison de Doni regorgeait d'ailleurs d'œuvres d'art, antiques ou modernes. Vasari vit encore, chez son fils, le superbe Cupidon de bronze de Donatello 'aujourd'hui au Musée national de Florence), ainsi qu'une madone exécutée par Frà Bartolommeo (aujourd'hui conservée dans la galerie Corsini, à Rome). Le biographe cite également les grotesques dont Morto da Feltro orna une salle du palais de Doni (Vasari, t. III, p. 262; t. VII, p. 167; t. VIII, p. i32, 204; t. IX, p. 108; voyez aussi Condivi).
Les amateurs étrangers contribuaient à entretenir l'activité des ateliers tiorentins. Espagnols, Français et Allemands ne cessaient d'y commander des tableaux de chevalet. Dès le dernier tiers du quinzième siècle, Lorenzo di Credi envoyait des madones en Espagne, tandis que Filippino Lippi adressait au roi Mathias Corvin, sur sa demande, deux peintures mentionnées par Vasari. Dans la suite, ce genre d'expor-