LA VIERGE A LA CHAISE
(Palais Pitti.)
RAPHAËL. lit
sont excellentes et d'un style parfait. De môme, dans les thermes de Dioclétien, les sculptures contemporaines sont du pire style et fort mal exécutées, tout comme les restes des peintures qu'on y voit n'ont rien de commun avec celles des temps de Trajan ou de Titus. L'archilecture, par contre, est noble et bien comprise... »
On voit que la justesse de l'esprit et la sûreté du goût correspondaient chez Raphaël à la courtoisie des manières, à la sensibilité du cœur, à la richesse et à, la distinction de l'imagination.
La dernière grande composition de Raphaël, la Transfiguration (à la Pinacothèque du Vatican), lui fut commandée par le cardinal Jules de Médicis, le futur pape Clément VII, en même temps que la Résurrection de Lazare était commandée à Sebastiano del Piombo. Ce fut comme un concours institué entre les deux émules.
Si la Transfiguration est une merveille de coloris, surtout dans sa partie supérieure, si transparente et éthérée, on peut lui reprocher la recherche d'effets ultra-dramatiques : bras jetés en l'air, corps tordus, attitudes disloquées, manque de liaison entre les figures ou les groupes. Par une pente fatale, Raphaël y revient aux errements de sa Mise au Tombeau, où déjà le spectacle de l'effort ou de la souffrance physique était rendu avec trop de violence. Dans l'intervalle, l'influence de Michel-Ange avait graduellement détaché son jeune imitateur des belles ordonnances auxquelles il excellait. Une étude assidue
des statues antiques avait fait le reste : en un mot, sauf dans la partie aérienne du tableau r le dessinateur a complètement éclipsé le peintre.
Raphaël travaillait à cette pathétique composition, lorsqu'il éprouva les premières atteintes du mal qui devait remporter ; la maladie — quelque fièvre pernicieuse — . fit des progrès si rapides qu'il expira au bout de peu de jours, le 6 avril 1320, un. vendredi saint, anniversaire de sa naissance. Comme Mozart, de qui on Ta si souvent rapproché, il n'avait que trente-sept ans!
Que de légendes n'a-t-on pas fait courir sur la mort de Raphaël ! La vérité, c'est qu'il mourut épuisé par l'excès du travail. Léon X, qui ne ménageait pas suffisamment cette organisation d'élite, l'accablait de demandes, souvent indiscrètes. 11 devait à la fois peindre fresques sur fresques, tableaux sur tableaux, diriger l'immense travail de la reconstitution de Saint-Pierre, enfin satisfaire toutes les fantaisies du pape : c'est-à-dire décorer pour lui des rideaux de théâtre, faire le portrait de son éléphant* fournir des esquisses sans nombre pour des meubles, des pièces d'orlèvrerie, etc., etc. Il ne résista pas à une telle dépense de forces. Combattant infatigable, stimulé par la gloire autant que par les instances de ses protecteurs, il mourut au champ d'honneur et en plein triomphe.
Le deuil fut profond et immense; Rome entière assista aux funérailles du grand artiste, du parfait galant homme.
Vasari, qui publia,, trente années plus tard, ses bio-.
Cliché Alinari.