‹ Raphaël: pages de la vingtième annéeChapitre 5 sur 6 · CUL · texte numérisé non relu

CUL

Une autre lettre , écrite d'une écriture entière* ment jjdtérée et en lettres qui âe - croisaient et se

mêlaient sur la page, comme dans les ténèbres^ disait :

<c Raphaël ! je veux vous dire encore une « parole. Demain je ne le pourrais peut-être plus! a Quand je serai morte ^ ne mourez pas vousrr même* J'aurai soin* de vous là liaut. Je serai a bonne et puissante, comme ce Dieu si bon auquel « je vais me réunir!..* Aimez encore après moi... « Dieu vous enverra une autre sœur qui sera, de « plus, une sainte compagne de votre vie... Je le

« lui demanderai moi-même Ne craignez pas

«c d'affliger mon âme, Raphaël! moi, jalouse

« au ciel de votre bonheur?

« . , • Je me sena mieux après vous avoir dit « cela. Alain vous remettra ces pensées et une « mèche de mes cheveux. Je vais dormir !•... m

Une autre enfin , presque illisible , ne contenait que ces lignes toutes brisées : a Raphaël l Raphaël ! (' où êtes- vous? Je me suis senti assez de force i< pour sortir de mon lit..* J'ai dit à la femme a qui me veille que je voulais reposer seule. Je « me suis trainée , à la lueur de la lampe , de « meuble en meuble jusqu'à la table où j'écris.. •

."iig RAPHAËL.

« mais je n'y vois plas... mes yeux nagent dans « la nuit. . . je vois flotter des taches noires sur le « papier... Raphaël! je ne puis plus écrire... Oh!

« du moins encore ce mot ! »

Puis il y avait en gros caractères , comme ceux d'un enfant qui essaie pour la première fois la plume , ces deux mots qui tiennent toute la ligne et qui remplissent tout le bas de la page :

« Raphaël ! Adieu ! »

Toutes ces lettres m'étaient tombées des mains: Je sanglotais sans larmes, quand j'aperçus jtme autre petite lettre de l'écriture du vieillard^ son mari. Ce billet avait glissé entre les pages, au moment où je décachetais la seconde enveloppe.

Il n'y avait que ces mots : « Elle s'est éteinte, a la main dans ma main, quelques heures après « vous avoir écrit son dernier adieu. J'ai perdu a ma fille... soyez mon fils pendant le peu de tf jours qu'il me reste à vivre. Elle est là comme

« endormie sur son lit , avec l'impression , sur les « traits, d'une personne dont la dernière pensée a (( souri en voyant quelque chose au delà de nous. « Jamais je ne la vis si belle. En la regardant, « j'ai besoin de croire à l'immortalité. Je vous « ai aimé par elle. A cause d'elle aimez «-moi! »

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