Par sa naissance et par ses vœux monastiques
2. 11 s'agissait de savoir si Jésus-Ghrist, lors de sa résurrection, avait ou n'avait pas repris tout son sang.
voix, le nomma cardinal \ il devint pape le 19 aoiit 11712. Jusqu'à son élévation au souverain pouvoir, cet ardent lutteur n'avait pas donné grande prise au scandale. A peine en possession de la tiare, le religieux s'efface et l'homme apparaît, l'homme saisi de la démence du pouvoir absolu, l'homme avec ses appétits et ses convoitises que rien ne contient plus. L'axe de la puissance pontificale s'était depuis quelque temps déplacé. Il n'y avait plus à lutter contre les persécutions; le paganisme était partout vaincu, le schisme terminé; soulever la chrétienté contre les Turcs était une chimère; il ne restait plus à la papauté qu'à tenter un suprême effort vers l'agrandissement de sa principauté temporelle. Le népotisme devint alors un instrument de règne, que Sixte IV porta presque à la perfection. Le siècle, d'ailleurs, était entraîné depuis plus de cinquante ans déjà dans cette direction. Un des orateurs les plus écoutés du concile de Bâle^ n'avait-il pas professé qu'un pape doit avoir des fils qui puissent lui prêter main-forte contre les tyrans"^? Les Médicis ve-
1 . C'est comme cardinal qu'il écrivit les traités : De Polentia Dei, pour combattre la doctrine d'après laquelle Dieu, malgré sa toute-puissance, ne peut sauver un damné; et De Conceplione Virginis, pour couper court aux discordes qui divisaient les thomistes et les scotistes.
2. Il avait eu pour concurrents, dans le conclave, le savant Bessarion et Jacopo Ammanati. Il réussit à les vaincre en achetant les voix des cardinaux Borgia, Gonzague et Orsini.