‹ Raphaël, peintre de portraitsChapitre 123 sur 133 · Barlsch, n · texte numérisé non relu

Barlsch, n

6. Bartsch, n" 643. Cette estampe est copiée diaprés Albert Durer.

7. La Vierge au papillon, la Dame à cheval, les Offres d'Amour, le Seigneur el la Dame à la promenade^ etc. Il serait possible que Marc-An(oine, avant d'aller à Venise, ait vu Albert Durer à Bologne. Albert Dlirer, dans une lettre adressée de Venise

suivante (4510), il entra dans l'atelier de Raphaël. En allant de Venise à Rome, il s'arrêta à Florence, vit le fameux carton de Michel- Ange et prit copie du groupe des Grimpeurs^ dont il grava un fragment dès son arrivée dans la Ville Eternelle*.

Timoteo Viti, qui avait sans doute connu Marc- Antoine dans l'atelier de Francia, a-t-il servi de trait d'union entre Raphaël et le graveur? Raphaël, c[ui voulait avoir près de lui un homme capable de comprendre ses œuvres et de les reproduire par le burin, n'appela-t-il pas de lui-même Marc-Antoine, après avoir vu les estampes qu'il avait gravées déjà? On ne sait. Ce qui est certain, c'est que Marc-Antoine entra de plain-pied dans l'atelier duSanzio et qu'il y débuta par un chef-d'œuvre, la Lucrèce, Son nom fut dès lors indissoluble^ment lié au nom de Raphaël. Marc-Antoine resta chargé de la direction de la gravure dans l'atelier du Sanzio jusqu'à la mort de ce grand maître, c'est-à-dire jusqu'au 6 avril 1520-. Tant que vécut Raphaël, il se tint sur les hauteurs. Raphaël mort, il compromit son art, de complicité avec Jules Romain \ Il avait ouvert une école

à Bilibald Pirkheimer, de Nuremberg, parle de ce voyage à Bologne.

1. Grâce à cette gravure, tout n'est pas perdu pour nous dans le carton de Michel-Ange.

2. Baviera, le broyeur de couleur de Raphaël, était chargé de la vente des estampes, qui, au dire de Vasari, rapportait un grand profit.

3. En 1525, Marc -Antoine fut emprisonné par Clément VII pour avoir gravé une série de compositions obscènes représentant

OÙ affluaient un grand nombre d'élèves, Italiens, Alleii;ands, Flamands, Français, qui ne l'imitèrent que de loin. Sa maison fut pillée pendant le sac de Rome, en 1527, ses dessins et ses planches furent anéantis ou dispersés, et il eut grand'peine à se sauver lui-même. Désespéré, ruiné, il se réfugia à Bologne, et depuis lors on ne sait rien de lui. On suppose qu'il mourut en .1530, à peine âgé de quarante-cinq ans^ Malvasia raconte, dans sa Felsina pittrice, publiée en 1678, que Marc-Antoine fut tué par un gentilhomme romain pour lequel il avait gravé la première planche du Massacre des Innocents, Ce gentilhomme se serait ainsi vengé du graveur qui avait fait une reproduction de cette planche célèbre. Le crime est si gros et la cause si petite, qu'on ne doit voir là qu'une légende légèrement accueillie par l'historien de l'école bolonaise. L'horizon, si étroitement fermé durant des siècles, est d'ailleurs en train de s'ouvrir devant Marc -Antoine. M. Benjamin Fillon, qui nous a fait connaître le nom du père de Marc-Antoine, nous a révélé en même temps l'existence d'un fils du célèbre graveur. Dès son arrivée à Rome, en 1510, Marc -Antoine aurait aimé une femme, Benedetta Verino, dont il

les Amours des dieux, par Jules Romain. Le cardinal Hippolyte de Médicis elle peintre Raccio Randinelli eurent grand'peine à abréger son temps de captivité.

\. La mort de Marc-Anloine, d'après Vasari, suivit de près le relour du graveur à Bologne. Dans la Corlegiana, qui fut imprimée en 1534, l'Arétin parle de Marc-Antoine comme d'un homme mort déjà depuis quelque temps.

aurait eu presque aussitôt un fils, qui fut baptisé sous le nom de Giorgio, mais qu'on appela Benecletto Yerino, du nom de sa mère. Ce Giorgio devint graveur à son tour et put être encore élève de son père. Il n'avait, cependant, que dix-huit à vingt ans quand il le perdit ^

Quoi qu'il en soit, Raphaël n'a été que juste quand il a mis, dans sa fresque, la figure de Marc- Antoine en pleine lumière et qu'il lui a donné la première place

]. M. Benjamin Fillon a retrouvé une lettre écrite de Bologne, le 10 mars 1659, à François Langlois par un amateur parisien nommé Deshayes, dans laquelle on lit ce qui suit : « ... Le seigneur Jérôme m'a conduit hier à la boutique d'un libraire , de cette ville de Bolongne, qu'on prétend descendu d'un bastardde Marc-Anlhoyne Rémond. Il a chez luy quatre planches de cuivre et un livre de desseins de ce signalé graveur. Cet homme m'a dit que sa grand-mère à luy estoit fille de bastard , graveur fameux comme son père. Rémond l'avoiteu à Rome d'une dame de qualité, nourry dans sa maison dès son jeune an, et l'avoit rendu habile en son art. A sa mort, après l'assaut de Rome par l'Espagnol (6 mai 1527), il luy a laissé du bien à Argène (Argine), lieu proche d'icy, d'où il estoit. Ce libraire ne veut laisser sortir du logis desseins et planches, pour grandes que soient les offres qu'on luy fait, non plus que nombre de planches du bastard, qui avoit nom Giorgio, de son baptême, et estoit nommé Benedelto Verine, de celuy de sa mère. Au prix de seize escus du pays, il m'a vendu un autre livre de desseins de peintres bolognois et alliée conglionerie, qui ne sont pas à mépriser. » M. Benjamin Fillon, observant que parmi les élèves de Marc-Antoine il en est un des plus remarquables qui a signé ses planches d'un dé.Qn les marquant parfois d'un B ou des initiales B. V., pense que le graveur connu sous le nom du Maître au Dé pourrait bien élre Benedelto Verino, c'est-à-dire le propre fils de Marc-Antoine. {Gazelle des Beaux-Arts, n°du mars 1880, p. 232 et 237.)

parmi les porteurs du pape. Grâce à la fresque d'Héliodore, on connaît parfaitement la personne physique de Raimondi, et elle répond au peu qu'on sait de sa personne morale. On voit un bel homme, on ne soupçonne pas un grand homme. Cet artiste, d'un si rare mérite, ne devait avoir qu'un esprit moyen. 11 était né à l'état de satellite, et sa vocation était d'être l'auxiliaire d'un des plus beaux génies du monde. Pour l'histoire de l'art, il est le graveur par excellence de l'école romaine et le plus fidèle interprète de la pensée de Raphaël.

PORTRA.IT DE JuLES ROMAL\. — Giulio Pippi (JulcS

Romain) est également désigné par la tradition * comme étant un des porteurs du pape, et il est possible, en effet, de le désigner dans celui des parafrenieri qui tient de la main droite le brancard de la seggia pontificale. Placé à la gauche de Marc- Antoine, on ne voit que sa tête, qui est belle et très jeune. Jules Romain n'avait que vingt ans en 1512, et c'est cet âge-là même qu'il paraît avoir dans la fresque àlléliodore. La tête se montre de trois quarts à droite. De longs cheveux, séparés au milieu du front, sont ramenés audessus de l'oreille et tombent derrière le col. Une légère moustache couvre les lèvres supérieures. Les traits ont de la régularité et du charme. Les yeux ne manquent pas de douceur et la bouche est aimable. Si l'on regarde, d'une part au musée du Louvre, le

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