Voir page 262 du présent volume
2. Girolamo Riario, qui avait été l'âme de la conjuration des Pazzi, en 1478, tomba, dix ans après (1488), sous le poignard des Orsi. Quant à sa femme, Catterina Sforza, elle était brave autant
échoué, le fils cle Violante faillit être déchiré par le peuple, et, selon la chronique^ la peur ce jour-là marqua son visage d'une pâleur qui jamais depuis ne s'effaça. Après la mort de Sixte IV, la fortune continua de favoriser Raphaël Riario sous Innocent VIII, mais elle l'abandonna sous Alexandre VI. Girolamo, son oncle, ayant été dépouillé par César Borgia, et Catterina Sforza, sa tante, ayant été amenée captive à Rome, il n'eut c{ue le temps de se sauver en France, d'où il ne revint que pour les conclaves, où furent élus à un mois de distance Pie III et Jules II. Son crédit redevint alors considérable. En 1512, il avait la confiance et l'amitié du pape, ne possédait pas moins de seize évêchés, jouissait du revenu de riches abbayes et vivait fastueusement à Rome, où il avait fait bâtir par Bramante un admirable palais (la Cancelleria) . Il allait, l'année suivante, contribuer à la nomination de Léon X et devenir le chambellan du nouveau pape; mais sa haine contre les Médicis devait se réveiller bientôt et l'entraîner encore dans une nouvelle conspiration, celle où le cardinal Petrucci perdit la vie. Ayant avoué son crime, il en fut quitte pour le bannissement
que belle, fut intrépide dans la défense de Forli contre les pontificaux, en 1488, et résista avec la même vigueur à César Borgia. Tombée en 4500 au pouvoir de ce dernier, elle fut conduite à Rome, et, nouvelle Zénobie, parut publiquement chargée de chaînes d'or. Elle s'était remariée en 1490 à Giacomo Feo de Savone, qui l'aima passionnément et qui fut assassiné aussi, en 1495, à Forli. Elle se remaria, en troisièmes noces, à Jean de Médicis, oncle du grand-duc Côme P"", et mourut à Florence le 28 mai 1509.
et l'amendes se retira à Naples et y mourut le 7 juillet 1521.
Tel avait été, tel était ou tel devait être le cardinal Riario, auquel le Sanzio a donné la première place derrière Jules II dans la Messe de Bolsène, et dont le portrait avait été peint trente-sept ans auparavant par Melozzo da Forli à côté de Sixte lY. Assez triste personnage en résumé, peu intéressant, faible d'esprit, plus médiocre encore de cœur et de caractère, modèle parfait du cardinal-neveu, mais très insuffisamment trempé pour se mesurer avec des hommes tels que Laurent le Magnifique, César Borgia et Léon X.
L'histoire de l'art n'a pas conservé le nom du cardinal qui se trouve à la droite de Raphaël Riario. On a prétendu après coup que c'était Fabio Santori , de Viterbe, évêque de Gesena, créé cardinal par Jules II en 1505 ^ ; mais on n'a fourni aucune preuve à l'appui de cette affirmation, et l'on pourrait à ce compte proposer bien d'autres noms. Contentons-nous de regarder là un très beau portrait de vieillard, un vrai portrait en action, un personnage qui entre corps et âme dans l'esprit du tableau, c'est-à-dire dans la passion du pape.
1. Voir dans Carlo Fea { Notizie intorno Ra/faello Sanzio^ Roma, 4822, p. 83) l'acte d'accusation, lu au consistoire du 22 juin 1517, et l'engagement de 50,000 ducats, souscrit par Agostino Chigi en faveur du pape, pour le compte du cardinal Riario.