‹ Raphaël, peintre de portraitsChapitre 130 sur 133 · Rubis, émeraudes et turquoises · texte numérisé non relu

Rubis, émeraudes et turquoises

3. Voir ce qui a été dit de la médaille de Caradosso dans le présent volume, page 293.

PORTRAITS DE JULES il. 375

n'ont plus rien de menaçant ni cle redoutable, et se fixent avec intérêt, même avec bienveillance, sur un oi;jet qu'on ne voit pas, mais qui les sollicite exclusivement. Le spectateur a beau se placer à tous les points de vue devant eux, il ne parvient pas à détourner leur attention et a obtenir pour lui le moindre regard. Le nez, jadis épais et court, a pris en vieillissant plus de prépondérance, sans gagner toutefois une accentuation régulière. La bouche, dont les lèvres se dessinent avec finesse et avec précision, renonce à la dureté de son expression naturelle et s'abandonne à la même satisfaction que les yeux. Il est impossible de mettre plus complètement d'accord entre eux les différents traits du visage. Les joues, ridées et amaigries, sont vivement colorées, et la longue barbe blanche qui les accompagne leur communique par opposition un redoublement de chaleur et d'éclat. Malgré la fièvre et ladyssenterie, la force vitale est tenace chez cette vigoureuse nature.

Yasari écrit que, dans ce tableau, on croit voir Jules II « vivant et véritable, vivo et verace^ », et cela est vrai. Il ajoute qu'on tremble de peur devant ce portrait, che faceva tremare il ritratto a vederlo^, et cela est faux. En présence du pape ainsi représenté, on se sent au contraire rassuré et confiant. Ce n'est plus là le belliqueux pontife de Vlléliodore et de la Messe de Bol-

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