PORTRAITS DE DON BLASIO, ETC
ainsi transparaître l'âme sous le voile d'une ressemblance matérielle aussi fortement accusée.
De ces peintures à la détrempe, faites en hâte au sommet de l'Apennin dans l'année 1507, aux fresques de la première chambre vaticane, commencées à Rome en 1508, il n'y a plus cp'un pas : la pensée, le style, la forme, l'exécution, tout est trouvé. Les portraits de don Blasio et de don Balthazar nous conduisent tout naturellement aux portraits introduits dans la Chambre de la Signature. Ces derniers portraits, quoique dissimulés sous le voile de la grande peinture d'histoire, n'en sont pas moins des portraits, et, comme tels, vont s'imposer dans leur ordre à notre attention. En quittant le couvent de Vallombrosa, Raphaël vient se fixer pour la troisième fois à Florence, où il passe l'année 1507 et la première moitié de l'année 1508. Pendant ce court espace de temps, il prélude avec une extraordinaire abondance aux travaux qu'il va bientôt exécuter au Vatican et prend congé de la Toscane par une série d'œuvres admirables, dont les plus belles peintures romaines ne feront oublier ni le charme ni la grâce. La Sainte Famille Canigiani^, la Petite Sainte Famille du musée de Ma-
1. Ce tableau quitta la maison Canigiani pour entrer dans la galerie du grand-duc de Toscane. Côme III l'offrit comme cadeau de noces à sa fille, Anne-Marie de Médicis, en la mariant avec l'électeur palatin Johann Willielm. Du musée de Dusseldorf, enfin, cette Sainte Famille passa dans la pinacothèque de ]Munich. [Les Vierges de Raphaël cl V Iconograpliie de ta Vierge, t. III, p. 282.)
drid^ ; la Mise au tombeau"; la Sainte Catherine d'Alexandrie^^ la Madone de lord Coivper\ la Vierge de la maison Colonna'% la Vierge au Baldaquin^ , la Belle Jardinière\ se pressent dans les dix-huit mois environ qui séparent les portraits des deux moines camaldules des portraits à signaler dans la Dispute du Saint-Sacrement,
1. Ce petit tableau, dont l'exécution est d'une rare finesse, se trouve au musée de Madrid. {Les Vierges de Raphaël et l'Iconographie de la Vierge, t. III, p. 296.)
2. La Mise au lambeau fut commandée à Rapbaël par Attalante Haglioni pour l'église des Franciscains de Pérouse. Ce tableau, dans lequel Raphaël voulut, en 1507, donner la mesure de sa force, est dans la galerie Borghese, à Rome. La Predella, qui représente la Foi, l'Espérance et la CJiarilë peintes en grisaille, est dans la galerie du Vatican. {Ibid., t. II, p. 431.)
3. Ce tableau, qui a été très vivement peint, est à la National Gallery de Londres. Le musée du Louvre en possède le carton. {Ibid., t. III, p. 579.)
4. Cette Madone, datée 1508, est à Pausanger-house, dans la résidence de lord Cowper. (Ibid., t. III, p. 37.)
5. Cette Vierge, d'une exécution si imprévue, est au musée de Berlin. (Ibid., t. III, p. 71.)
6. Cette peinture, qui rappelle la manière de fra Bartolommeo, fut faite pour l'autel de la famille des Dei, à San Spirito. Elle est à la galerie Pitti. [Ibid., t. III, p. 477.)
7. La Belle Jardinière, qui porte la date de 1508, est la dernière des œuvres florentines de Raphaël. Elle n'était pas achevée quand Raphaël fut appelé à Rome, et ce fut Ridolfo Ghirlandajo qui la termina. Elle est au musée du Louvre. [Ibid., t. III, p. 155.)