‹ Raphaël, peintre de portraitsChapitre 57 sur 133 · SAINT THOMAS D'AQUIN · texte numérisé non relu

SAINT THOMAS D'AQUIN

vérité historique. Il représente saint Thomas d'Aquin de trois quarts à droite, presque de face, revêtyi de la robe de saint Dominique, avec cette tête énorme, ce regard ferme, ces traits calmes et cette forte carrure qui le faisaient surnommer le Bœuf muet par ses condisciples de Cologne à l'école d'Albert le Grand; à quoi maître Albert répondait : a Boéuf, oui; mais ce bœuf mugira si fort, qu'il se fera entendre de toute la terre. » Le portrait donné dans la Chambre de la Signature résume tous les autres, en agrandit le caractère et en concentre l'expression. Raphaël, sans rien négliger des précédentes indications, simplifie la réalité , dégage cette puissante nature de ce qui en obscurcissait naguère les qualités maîtresses. Pour l'iconographie chrétienne désormais, l'immortel auteur de la Somma totius theologiœ restera tel qu'il apparaît dans la Dispute du Saint-Sacrement. En regardant cette figure, on se reporte involontairement vers les portraits de don Blasio et de don Balthazar, peints plus d'une année auparavant dans le couvent de Vallombrosa, et l'on voit à quel point, dès cette époque, Raphaël était prêt pour les travaux du Vatican \

1. Voir, à la page 129 du présent volume, les portraits de don Blasio et de don Balthazar.

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