Le premier portrait que nous aurions à mentionner pour le
YI
BESSARION DANS l'ÉCOLE d'ATHÈNES.
Un vieillard à longue barbe, haut de taille et majestueusement drapé dans un ample manteau, commande le groupe des disciples qui se pressent à côté
xve siècle serait celui de fra Giovanni de Fiesole, si nous ne regardions ce portrait comme apocryphe. Certains critiques ont nommé Beato Angelico parmi les personnages que Raphaël a placés dans la Dispute du Sainl-Sacrement : « A l'extrémité gauche du tableau est le portrait du bienheureux dominicain fra Angelico de Fiesole. » (Passavant, t. I", p. Il y a là une erreur évidente. Les por-
traits de Beato Angelico sont connus; le contrôle, par conséquent, est facile. Sans parler de la figure du peintre dominicain sculptée sur sa pierre tombale, dans l'église de la Minerve à Rome, Luca Signorelli a laissé un très fidèle portrait de fra Giovanni dans la fresque de \ Antéchrist, à la cathédrale d'Orvieto. (Luca Signorelli s'est représenté, dans cette fresque, à côté do fra Giovanni.) La tête de Beato Angelico affecte un caractère assez effacé, on pourrait presque dire assez ordinaire. Le sentiment intérieur, si intense dans l'âme du frate, ne se manifeste par rien d'extérieur et il n'y a rien de saillant dans les traits : le front semble d'intelligence moyenne ; les yeux n'ont rien de beau et le regard rien de saisissant; le nez, un peu long et pointu, est de forme vulgaire ; la bouche est molle de contour et nulle d'expression. Comment, dès lors, reconnaître Jean de Fiesole dans ce moine aux traits énergiquement caractérisés de la fresque vaticane? Comment retrouver quelque chose de la monotone quiétude de fra Angelico dans cet ardent visage, dans ce front tendu et sillonné de rides, dans ces yeux levés au ciel avec passion, dans ces lèvres contractées, dans ce menton carré et anguleux, dans ces joues creu-