‹ Raphaël, peintre de portraitsChapitre 75 sur 133 · PORTRAIT DE SANNAZAR DANS LE PARNASSE · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE SANNAZAR DANS LE PARNASSE

Tous les écrivains qui ont parlé du Parnasse de Raphaël ont désigné du nom de Sannazar la figure placée sur un arrière-plan, entre Horace et Ovide, dans la partie droite de la fresque. La vraisemblance historique est d'accord avec cette opinion, et les rapprochements iconographiques ne la contredisent pas. Nous ne pouvons donc nous refuser à reconnaître là encore un portrait.

Né à Naples, le 28 juillet H58, Jacopo Sannazaro était âgé de cinquante-deux ans au moment où Raphaël peignait le Parnasse, l\ avait été l'un des membres les plus distingués de l'Académie de Pontanus, dans laquelle il figurait sous le nom d'Actius Sincerus. Son Arcadia, ses Canzoni^ ses Lettres ^ ses Eglogues^ ses Epigrammes, ses Comédies \ ses Poésies latines^ lui méritaient les honneurs du Parnasse, dès que, par une ingénieuse fiction, on transportait au Vatican, en pleine Renaissance, le mont sacré de la Phocide. De plus, sa grande situation, la noblesse de son caractère, la dignité de sa vie, la constance de sa foi politique % l'ardeur de son patriotisme, l'avaient du mettre en grand honneur à la cour pontificale. Jules II, particulièrement, ne pouvait oublier la généreuse indignation qui s'était emparée de cet esprit délicat en présence de l'affaissement de l'Italie pendant les invasions de Charles YIII et de Louis XII. Sannazar, il est vrai, n'établit sa résidence à Rome que sous Léon X ^ ; mais il put y faire plusieurs voyages avant de s'y fixer. Rien donc d'impossible à ce qu'il s'y soit trouvé vers 1510 ou 1511. Raphaël alors, en l'introduisant dans le Parnasse, aurait eu le secours direct du modèle vivant.

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