‹ Raphaël: Peinture de Portraits, Volume 2Chapitre 121 sur 131 · Machiavel, Discorsij I. I""", p · texte numérisé non relu

Machiavel, Discorsij I. I""", p

PORTRAITS DE LÉON X. 3ol

d'hermaphrodisme moral, constituant la pire des situations et qui se personnifia dans Clément VIP. Oublions ce malheureux pape. Ne nous souvenons que du cardinal de Médicis et de son portrait par Raphaël, et, afin de projeter sur lui un pur rayon de lumière, rappelons-nous que Raphaël peignit pour lui la Transfiguration*.

4 . On a de Clément Vil plusieurs lettres adressées à François I*' et à Henri YIII. Les lettres de Clément VU à Charles-Quint ont été publiées sous ce litre : Epislolœ Clemenlis Vil ad Carolum V, altéra Caroli V Clementi correspondenti, 4527. In-4** (très rare).

2. La Transfiguration du Christ fut demandée à Raphaël par le cardinal de Médicis pour une église du diocèse de Narbonne. Le cardinal de Médicis commanda en même temps la Résurrection de Lazare à Sébastien del Piombo, que Michel-Ange voulait opposer à Raphaël. Michel-Ange fit plusieurs dessins pour la figure de Lazare, ce qui fit dire à Raphaël : « Michel-Ange m'honore infiniment, puisque c*est lui -môme qu'il m'oppose et non pas Sébastien. » ^ Suivant Vasari, deux très beaux portraits du cardinal Jules de Médicis furent faits, d*après le tableau de Raphaël, par André del Sarte et par Jacopo da Pontormo. Oltaviano Medici offrit le premier au vieil évèque de' Mazzi ; le second fut donné en payement à un maçon nommé Rossino. Un autre portrait semblable est décrit dans le Catalogue des tableaux du cabinet du roi, au Luxembourg (Paris, 4774). Lépicié considère ce portrait comme une étude préparatoire peinte par Raphaël en vue du Portrait de Léon X; d'autres l'ont regardé comme une peinture médiocre et l'ont attribué à Pontormo. — Nous n'avons pas parlé du portrait de Clément YH peint à fresque par Yasari dans le Palais-Yieux à Florence, vu l'insignifiance de ce portrait. Ce n'est là d^ailleurs qu'un document sans importance, un portrait exécuté, bien après la mort du pape, d*après des médailles dont le peintre a dénaturé le carne- 1ère. — La btatuc do Cl<^incnt Yl( sur son tombeau, dans l'église

358 RAPHAËL PliINTRE DE PORTRAITS.

Portrait du cardinal de' Rossi. — Le cardiDal

de' Rossi, vêtu du rochet blanc et de Taumusse rouge, se tient derrière Léon X. Il se montre presque de face, légèrement tourné de trois quarts à gauche, appuie sa main droite sur le dossier de la seggia pontificale et tient de sa main gauche le montant de ce dossier^ La tête représente un homme d'une quarantaine d'années, de l'âge à peu près du cardinal de Médicis et de Léon X. La couronne de cheveux qui entoure la tonsure est encore abondamment fournie. Il y a moins de naturel et de bonhomie dans ce portrait que dans celui de Jules de Médicis. On sent que le personnage a posé. Cela est visible à la contraction du front, à la tension du regard vers le spectateur, à quelque chose de forcé dans la bouche, au maintien dans lequel se trahit une certaine gêne. Les traits sont réguliers, mais sans grande expression. Le crâne est de capacité moyenne. Les yeux n'ont pas de flamme. Le nez est légèrement tombant, la bouche ne dit pas grand'chose. Les joues sont plutôt maigres que grasses. Si les apparences ne sont pas mensongères, le personnage était médiocre.

En 1518, le cardinal de' Rossi avait quarante-quatre ans, trois ou quatre ans de plus que -le cardinal de

de la Minerve, ne peul pas être regardée non plus comme un témoignage iconographique.

4. Ce montant est recouvert de velours rouge et orné de franges d'or en forme de glands. l\ est terminé par la boule en cuivre poli dont parle Vasari et dans laquelle se reflètent les principales lignes de Tarchitecture du fond.

Médicîs et un an de plus que Léon X. Il était né à Florence en 147i. Sa mère était fille naturelle de Pierre de Médicis et s'appelait Marie. Légitime, elle eût été la propre sœur de Laurent le Magnifique et de Julien de Médicis ; son fils et les fils de ses frères eussent été par conséquent cousins germains. Ils se considérèrent conune tels. On n'y regardait pas de si près en ce temps-là dans la Péninsule, aussi bien dans les petites cours italiennes qu'autour de la papauté même. Lionetto de' Rossi épousa Marie, et Lodovico naquit de ce mariage. Lodovico suivit Jean de Médicis dans la mauvaise fortune et lui resta fidèlement attaché. Jean de Médicis, devenu Léon X, récompensa ce dévouement. Le 26 juin 1517, on l'a vu déjà, il fit entrer à la fois dans le sacré collège trente-et-un cardinaux, parmi lesquels Giovanni Salviati et Pietro Ridolfi, ses neveux, ainsi que Lodovico de' Rossi, qu'il appelait son cousin*. Bientôt le pape marqua la faveur toute spéciale

4 . tf Nicolas Ridolfi, Jean Salviati et Louis Rossi, dit William Roscoe, étaient fils de trois sœurs de Sa Sainteté. » {Vie de Léon Xj t. m, p. 434.) Roscoe se trompe. Passavant, en faisant aussi de Lodovico de'Rossi un des neveux de Léon X, se trompe également. Léon X avait eu quatre sœurs : Luigia, qui mourut au moment où elle allait épouser son parent, Giovanni Medici (celui-ci épousa en 4497 la veuve de Girolamo Riario, Catterina, fille adultérine de Galéas-Marie Visconti duc de Milan, et fut le père du célèbre condottiere Giovanni délie bande nere); Maddalena, qui épousa Francesco Cibo, fils d'Innocent YIII ; Lucrezia, que Laurent le Magnifique avait mariée dans un intérêt politique à Giacomo Salviati et qui fut la mère du cardinal Giovanni Salviati; Contes-

qu'il accordait au cardinal de' Rossi en lui donnant place k ses côtés dans son propre portrait... Lodovico de' Rossi ne survécut pas longtemps à cet honneur. La goutte le tourmentait fort, et il mourut en 1519, non de sa maladie, mais d'un remède trop violent qu'il s'était administré de lui-même*.

Portrait de Léon X. — Léon X, tourné de trois quarts à gauche, est assis devant une table couverte d'un drap rouge, sur laquelle on voit un manuscrit richement enluminé et une de ces sonnettes d'argent aux ciselures élégantes, dont la Renaissance italienne a laissé aux arts décoratifs de si charmants spécimens. La main droite est appuyée sur le livre; la main gauche, posée sur la table, tient une loupe. Le pape a donné toute son attention à l'étude du précieux vélin, il vient seulement d'en détacher ses yeux, et, l'esprit tout plein encore de l'image et du texte, il redresse la tête et porte ses regards en avant.

Léon X offrait à la peinture un modèle ingrat. « Il était d'une stature élevée, dit un biographe contemporain; il avait un corps lourd et gras, une grosse tête; son teint était pourpre, ses yeux étaient grands et d'un développement extraordinaire, mais il avait la vue si faible qu'il ne pouvait reconnaître les objets qu'à l'aide d'une loupe qui ne le quittait pas; ses

sina, mariée à Pietro Ridolfi et qui fut la mère du cardinal Pietro Ridolfi, évéque d'Orvieto.

Page 1