‹ Raphaël: Peinture de Portraits, Volume 2Chapitre 126 sur 131 · Au forum Agonaie, actuellement place Navone · texte numérisé non relu

Au forum Agonaie, actuellement place Navone

2. L'Université romaine avait été fondée par Eugène IV et réédifiée par Alexandre Vf. Sous Jules II, les revenus en avaient été détournés pour être attribués aux dépenses de guerre.

3. Léon X acheta le palais du cardinal de Siou, sur i'Ësquilin, et y établit l'académie grecque. Il la plaça sous la direction de Jean Lascaris, qui avait été le professeur de Budé en France et d'Érasme à Venise.

4. Marc Musurus était à Venise, où il surveillait la publication du Platon d'Aide Manuce, quand Léon X Tappela à Rome. La belle édition des œuvres d'Homère publiée à Florence en 4488 n'avait pas de commentaires; Léon X la fit rééditer à Rome en 4517, avec les anciennes scolies. En 1 51 8 parurent les scolies sur les tragédies de Sophocle, accompagnées des citations du texte en lettres capitales. Pindare, avec les scolies grecques, fut imprimé à Rome à la même époque, sous les auspices d'Agoslino Chigi, par Zachario Calliergi, sous la surveillance de Corneille Benigno, de Viterbe. Le Théocrite de 1516 sortit aussi des presses installées par Agostino Chigi dans son propre palais.

Lascaris, les Musurus, les Guarino*, les Carteromachus% les Valerianus*, placés à la tête de ce grand mouvement d'érudition, voilà les gages donnés tout d'abord par le pape aux choses de l'esprit. Les lettres latines se ressentirent surtout de la munificence pontificale. Léon X, dès son avènement, nonuna Bembo et Sadolet secrétaires apostoliques, et, sur le terrain de la belle latinité, fit la paix avec Sannazar*. Aurelius Augurellus', Vida* Jeronino Fracastoro, le Navagero, Marc-Antonio Flaminio, Guido Silvestri, Brandolini, Mozzarelle et tant d'autres, sont là pour montrer de

4. Surnommé Favorino, Varino, Varius Favorinusj Varino Camerti. Le cardinal Jean de Médicis Tavait pris pour bibliothécaire en 4 51 2 ; devenu pape, il le garda comme bibliolbécaire particulier. Le Thésaurus linguœ grœcœ fait le plus grand bonneur à ce savant.

2. Scipîone Fortiguerra, de Pistoia, traduisit son nom en grec et en fit Carteromachus. l\ était né en 4467 et professait le grec à Venise en 4500. Jules II le donna comme précepteur à Galelto délia Rovere. Érasme, qui l'avait connu à Bologne et retrouvé à Rome, en fait le plus grand cas.

3. Urbanus Bolzani, de Beliune, dit Urbanus Yalerianus , était né en 4440. Ce fut de lui que le cardinal Jeaa de Médicis, encore enfant, reçut les premières leçons de grec.

4. Sannazar, malgré les dissentiments profonds qui le séparaient de Léon X, allait lui dédier son livre De parlu Virginis, quand le pape mourut. Ce livre fut dédié plus tard à Clément VII.

5. \\ était né vers 4441, et avait eu pour élèves Bembo et Navagero. Il s'était livré avec passion à la chimie, et dédia à Léon X sa Chrysopeia {l'Art de faire de Tor).

6. Ce fut à l'instigation de Léon X que Vida ècriyiHaChristiade, 11 fut plus tard un des Pères du concile de Trente, et mourut dans son évêché d'Albe eo 4566.

quelles faveurs furent comblés les humanistes célèbres de ce temps.

La poésie italienne, la poesia volgare, ne fut pas non plusoubliée, et de tous les points de T Italie affluèrent à Rome les poètes nationaux. Tebaldeo, déjà célèbre, arrivait au faîte de la renommée. Bernardo Accolli faisait follement tourner les têtes. Bembo, tout classique qu'il était, cherchait à rimer en italien conrnie Pétrarque et Boccace. Beazzano se faisait également applaudir. Molza, le Tibulle de son temps, composait la, Ninfa Tiberina en Thonneur de Faustina Mancini. Berni fondait récole satirique à laquelle il donnait son nom. Merlino Coccajo renouvelait, dans ses poèmes macaroniques, les Canli carnascialeschi de Laurent. le Magnifique. Trissino dans Sophonisbe, Giovanni Ruscellai dans Rosmonde, Lodovico Alamanni dans la CoUivazione^ inauguraient Içs versi scioUi. Vittoria Colonna émerveillait Rome de ses mérites autant que de sa beauté, et sur ses traces marchaient Veronica Gambara, Costanzia d'Avalos, Tullia d'Aragona, Laura Terracina, Gaspara Stampa, Laura Battifera. Les femmes prenaient donc part aussi à ce lyrisme universel. Enfin, bien au-dessus de tous ces rimeurs que l'engouement d'un jour portait aux nues, ne faut-il pas nommer Arioste ? Pour n'avoir fait que passer à Rome et pour n'avoir pas vécu de la vie même du pape, n'en est-il pas moins l'honneur du siècle de Léon X ?

A ce siècle fameux le roman, si étroitement lié à la poésie, ne fit pas non plus défaut. Les romanciers

continuaient une tradition plus de deux fois séculaire déjà. Les Cento Novelle antiche avaient précédé le Decamerone; les Nouvelles de Francesco Sacchetti, de Pecorone* et de Masuccio de Salerne avaient marqué la fin du xiv* siècle, les Porretlane de Giovanni Sabatino degli Arienti la fin du xv®. Sous Léon X, les contes de Mattia Bandello firent oublier tous les autres, sauf ceux de Boccace.

Dans le domaine de la philosophie morale, les Pontanus et les Balthazar Gastiglione suffisent à la gloire de leur temps. Les sciences, de leur côté, ouvrent à perte de vue des horizons nouveaux devant Thumanité renaissante. Aristote avait régné plusieurs siècles durant sur les scolastiques, mais à la fin du xiv"" siècle Platon avait commencé à lui disputer l'empire, et, pendant le xv% Bessarion, Marsile Ficin et les doctes membres de l'Académie Laurentienne avaient assuré la suprématie au disciple de Socrate. Vers le début du xvf siècle, grâce à l'intervention des savants grecs, Aristote reconquiert la faveur. Sous Léon X, enfin, l'intelligence humaine, longtemps divisée entre ces deux grandes autorités, commence à s'aflranchir de l'une et de l'autre, et se met à penser par ellemême. V Histoire nalurelle de Pline universellement étudiée, les œuvres de Théophraste et de Dioscoride commentées par Adriani, deviennent alors pour l'esprit humain des instruments d'émancipation. Leonic Tho-

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