PORTRAIT DE THOMAS INGHIRAMI
sion de cet événement. Thomas Inghirami, cheminant un jour par la ville, croisa un chariot traîné par des buffles. Sa mule prit peur, fit un écart, le désarçonna, et la lourde voiture passa sur lui, mais sans le blesser, car, ayant été jeté dans l'entre-voie, les roues ne le touchèrent pas. On pensa qu'il en serait quitte pour la peur. Malheureusement la commotion avait été telle, qu'une maladie du sang se déclara et qu'il n'en put guérir. Quand arriva cet accident? Il est possible que ce soit avant 1514, et alors on s'expliquerait, dans le portrait de Raphaël, cet état particulier de boursouflure et de strabisme, qui n'est déjà plus la santé.
Que n'avons-nous des portraits antérieurs, auxquels nous puissions rattacher celui-ci? « Pinturicchio , dit Vasari, avait représenté, dans ses fresques du Vatican et du château Saint- Ange, un grand nombre des amis
Rc semisse JuTencium; Camillo Nepoti reliquum rciiquit assis.
Is vero tamalum replevit unus, Posteros monamenta ne sequantur.
(Colocci, Opéra latina, p. 56.) — Voir V Éloge d* Inghirami, par Gralletti, dans le tome III des Anecdola romana. Oa trouve dans le môme recueil cinq discours, ainsi que nombre de harangues, de vers et de lettres d'Inghirami, tirés de la bibliothèque Guarnacci. Le P. L. Galletti a publié séparément : Orationes duœ in faner e Galeotii FrancioUi, cardiîialis vice-cancellarii altéra item funebrispro Julio II, ex eod. ms. sec. 16, riunc primùm editœ a D. Petro Aloysio Galetio, Roma, /777, in-S^. — Audifredi parle d'un Panégyrique de saint Thomas par Inghirami, imprimé à Rome vers la fin du xv*^ siècle. {CataL roman, edit., pag. 432.)
et des familiers d'Alexandre VI. » Peut-être y avait-il là, peut-être y a-t-il là encore un portrait dlnghirami, devant lequel nous passons sans nous en douter, parce que ringhirami de 1514 ne ressemble plus du tout à celui de 1502. Quel utile rapprochement il y aurait à faire, si Ton était en possession d'un pareil document! Tout est lacune dans l'histoire de l'art à cette époque, ou plutôt l'histoire de l'art alors n'existait pas. Si le portrait peint par Raphaël n'était pas entré tout de suite dans la galerie des Médicis, s'il n'avait pas été immédiatement enregistré avec son véritable nom, s'il avait été soumis aux vicissitudes qui font passer de mains en mains la plupart des œuvres d'art, il est très probable que le personnage représenté resterait, comme tant d'autres, à l'état d'énigme. Ce portrait, fort heureusement, n'a jamais subi qu'un court exil au musée Napoléon, sous le premier Empire français, et a été rapatrié en 1815. C'est à Florence, au palais Pitti, qu'on peut le voir, dans la demeure princière où il est resté dui-ant des siècles. Grâce à Raphaël, le secrétaire du conclave de 1513 vivra toujours. Quant à l'acteur qui passionna Rome au temps des Borgia, il a disparu à jamais.
— D'aulres ouvrages d'Inghirarai ont été perdus. Selon Tiraboschi, ce que Ton coDuait du bibliothécaire de Jules II est au-dessous do la réputation qu'on lui avait faite.