Roman mêlé de vers et de prose
2. On ne sait rien de ces prétendues comédies qu'on appelait des farces. Aucune ne nous est parvenue*
tique, il n'avait pas survécu à la Grèce classique et à la décadence de l'ancienne Rome^ Seuls, les mimes et les pantomimes avaient traversé le moyen âge, en se métamorphosant il est vrai, mais sans rien perdre de leur vogue*. Cassiodore nous apprend que sous Théo-
4. Les Grecs, incomparables dans le domaine de Tart, ont été les maîtres par excellence dans la comédie. C'est ce que prouvent les rares comédies grecques parvenues jusqu'à nous. Qu'étaient les comédies d'Eupolis et de Cratinus? On Tignore. Sur les cinquante comédies d'Aristophane, il n'en reste que onze. Que savons-nous du poète philosophe Méoandre et de ses cent huit comédies? Grâce à Térence, qui en a traduit quatre {l'Eunuque, l'HeautonUmorumenos, rHécyre, les Adelphes)^ nous n'avons pas tout perdu. Mais qu'était Térence à côté des Grecs? Livius Andronicus, Ennius, Nœvius, Accius, Cœcilius, tous les comiques et tragiques latins ne sont que les imitateurs des Grecs. Plaute luimême, qui surpassa tous les comiques latins, a tiré 'presque tout son théâtre de celui des Grecs. Térence n'est qu'un traducteur de Ménandre et d'Apollodore. Jules César croyait le louer beaucoup en rappelant un demi-Ménandre :
Tu quoqao, tu in summis, o dimidlate Menander, Poneris
De comédies et de tragédies réellement latines , il n'y en a point. On parlait, il est vrai, des comédies togatœ, par opposition aux comédies palliatœ. Dans les unes, les acteurs étaient vêtus de la toge latine ; dans les autres, ils portaient le pallium grec. Mais les co.nédies dites togatœ n'étaient toujours que des comédies grecques jouées en habit romain.
2. Les mimes et les pantomimes étaient aussi passés de la Grèce à Rome, où ils jouirent bientôt d'une grande vogue. Les gestes, la danse, quelquefois le chant, étaient leur langage. Jamais acteurs comiques ou tragiques n'eurent un succès comparable à celui qu'obtinrent, sous Auguste, les deux fameux pantomimes Pylade et Bathylle. Pylade, d'Alexandrie, excellait dans le drame. Le Sicilien
doric ils continuaient de jouir à Rome d'une grande faveur % et Riccoboni, dans son Histoire du théâtre italien y montre qu'on les applaudissait toujours au temps de saint Thomas d'Aquin , c'est-à-dire au XIII* siècle*. Ils allaient alors jusqu'à prendre part dans les églises à la représentation des Mystères^ qu'ils accompagnaient de bouffonneries obscènes, et les prêtres, se mêlant à eux, farçaient avec eux et comme eux. Cela se passait encore ainsi au milieu du XV siècle, et l'on voit en 1466 saint Antonino, archevêque de Florence, scandalisé de ces représentations, les interdire dans ses églises et défendre aux prêtres d'y prendre part'. Était-ce là du théâtre? Non. Ces bouffonneries indignes rappelaient- elles, même de loin, la comédie classique? Nullement. 11 y avait donc
Balhylle, favori suspect de Mécène, était un excellent bouffon, lis jouissaient Tun et Tautre d'un tel crédit que leurs maisons ne désemplissaient pas de chevaliers et de sénateurs, qui formaient autour d'eux une véritable cour. (Sénèque, Natural, Quœst., I. VII, G. XXXII.) Leur orgueil prit de si grandes proportions, qu'Auguste fut forcé d'expulser de Rome et d'Italie son cher Pylade et de faire fouetter publiquement Hylas, élève et rival de ce danseur. Les mimes, bannis plusieurs fois de Rome et de l'empire, y reparurent toujours avec le môme succès.