Marié à Barbara, fille de Guglielmo Birago
2. Après la fin tragique de Giammaria, il fut nommé lecteur à l'université de Parme (4442) et à l'université de Pavie (4443). L'empereur Sigismond l'avait créé comte palatin. Les Qammes dévorèrent plusieurs fois sa bibliothèque. Ses œuvres furent imprimées à Venise en 4560. On voyait jadis son buste dans l'église de Saint-Thomas des Dominicains, à Pavie.
3. En 4442, les deux frères d'Antonia, Andréa et Paolo Baggio, furent mis à mort par le duc Giammaria.
sare. Ce dernier s'illustra dans la carrière des armes. Condottiere au service de Philippe-Marie Visconti, il combattit avec Niccolo Piccinino en 1431 dans la guerre contre Eugène IV, et prit, avec Guido Torello, une part glorieuse k la victoire de Ponza*. Il mourut âgé de soixante-quatre ans, le ik janvier 1478, à Mantoue, où il avait établi sa résidence. Il avait épousé Polissena, fille du chevalier Alessandro Lisca, de Vérone, héritière de Casatico et de Pelalucco, et en avait eu trois fils et une fille : Carlo, Baldassare, Cristoforo et Barbara. Cristoforo fut un des héros de la bataille du Taro, où il se fit tuer*. Sa femme, Luigia, fille d'Antoine Gonzague, était citée parmi les fenmies les plus remarquables de ce temps. Elle avait été
4 . Ce fat à la bataille de PoDza qu'Alphonse d'Aragon fut fait prisonnier. Louis Gonzague, devenu marquis de Mantoue, voulut avoir près de lui le brave Baldassare; mais François Sforza le réclama comme lui appartenant et le nomma généralissime de ses troupes. Il l'envoya auprès de T empereur Frédéric III, pour appuyer les droits des Sforza au duché de Milan. Baldassare fut ensuite chargé d'accorder entre eux les Lucquois et les Florentins, qui s'en étaient remis à Tarbitrage du marquis de Mantoue, et il s'acquitta avec succès de cette difficile mission.
2. € Nombre de vaillants Italiens restèrent sur le carreau, entre autres les Gonzague, parents du général, qui étaient cinq ou six et se firent tous tuer. » (Michelet, Histoire de France, t. VII, p. 55.) Michelet confond, avec les Gonzague, Cristoforo Gastiglione, qui avait épousé une Gonzague. Cristoforo, d'ailleurs, ne mourut pas sur le champ de bataille, mais il ne survécut que peu de temps à ses blessures. Il fut enseveli sous le magnlQque mausolée élevé à son père dans l'église de Sauf Agnese de Mantoue. Ce monument n'existe plus.
choisie, en 1481, pour accompagner en France Claire Gonzague, qui venait d'épouser le duc de Montpensier, et était revenue près d'Isabelle d'Esté, dont elle demeura la conseillère et l'amie. Cristoforo lui laissa cinq enfants : Anna, Gerolamo, Francesca, Baldassare et Polissena. Anna, sous le nom de Laura, fut religieuse au couvent de Sainte-Paule , à Mantoue ; Gerolamo devint prieur de Santa Maria di Marcaria, et mourut jeune encore en 1506; Francesca épousa Tommaso Strozzi ; Polissena fut mariée à Giacomo Boschetti, comte de San Cesareo ; Baldassare fut le comte Balthazar Castiglione. Riche d'un abondant patrimoine d'honneur et de gloire, Balthazar Castiglione se rattachait donc à une longue série d'héroïques ancêtres.
Balthazar naquit au château de Casatico dans le Mantouan, le 6 octobre 1178. Il eut pour père un vrai brave, pour mère une femme de grande distinction. Philippe Beroalde l'Ancien dirigea son éducation : Georges Merula lui apprit le latin ; Démétrius Calchondyle lui enseigna le grec. Il n'en fut pas moins passionné pour la langue de son pays et pour les idées de son temps. A une rare culture intellectuelle, il joignait un extérieur agréable, et était passé maître dans tous les exercices où devait exceller un parfait chevalier. Ce fut à la cour de Milan qu'il obtint ses premiers succès. Il avait seize ans en 1491, quand Charles VIII arriva en Italie, dix-sept ans en 1495, quand il perdit son père à la bataille de Fomoue, vingt-deux ans en 1500,
quand Louis Sforza, chassé du Milanais, fut enfermé à Loches. Depuis plusieurs années déjà il s'était attaché au marquis de Mantoue, François Gonzague, et avait été parmi les chevaliers qui l'accompagnèrent à Milan pour y complimenter Louis XII en 1499. François Gonzague ayant pris parti pour la France dans la guerre contre Naples, Balthazar Castiglîone fit campagne avec lui, combattit à ses côtés à la bataille de Garigliano, et se retira à Rome après le désastre de cette journée (1503) \ Jules II venait d'y être nommé pape, et le duc d'Urbin, Guidobalde, était accouru pour lui rendre hommage. César Gonzague figurait en première ligne parmi les courtisans du duc d'Urbin. II était cousin et collaborateur poétique du Castiglione; ce fut lui qui le présenta. Balthazar Castiglione, séduit par les qualités personnelles du duc, demanda au marquis de Mantoue la permission d'entrer à la cour d'Urbin... En ce temps-là, les seigneurs italiens rivalisaient entre eux pour attirer les littérateurs, les poètes, les savants, les artistes, et les gardaient près d'eux avec un soin jaloux. Leur prendre un de ces hommes d'élite, c'était dérober quelque chose au plus précieux de leur trésor... François Gonzague, qui savait plaire à Jules II en contribuant à la renommée de la cour d'Urbin, consentit à se séparer du Castiglione, mais à
4 . Les Français et leurs alliés furent battus par les Espagnols sur les rives du Garigliano. La déroute fut complète. François Gonzague quitta alors le service de la France et permit à Balthazar Castiglione de se fixer à Rome
contre-cœur, et il en garda pendant quelque temps rancune.
Balthazar Castiglione passa à la cour d*Urbin les douze plus belles années de sa vie, de 1504 à 1516, c'est-à-dire de vingt-six à trente-huit ans, se partageant entre les lettres et les arts, la diplomatie et les armes, dans tout l'éclat de sa jeunesse, arbitre du goût, passant à juste titre pour le plus brillant gentilhomme de la cour la plus brillante de la Péninsule... On le voit, en 1505, à la tête de cinquante hommes d'armes, accompagner son nouveau seigneur dans la guerre de Romagne contre le duc de Valenlinois. Rendu presque aussitôt aux loisirs de la paix, il compose, avec son ami César Gonzague, les stances pastorales de Tirets, que tous deux récitent pastoralmentey devant la duchesse d'Urbin ^ En lisant ces octaves dialoguées, entremêlées d'une canzonelta, d'un chœur et d'une danse mauresque, on croit entendre un harmonieux prélude à VAminta du Tasse et au Pastor fido de Guarini... Le diplomate apparaît au cours de l'année 1506. Le roi Henri VII avait chargé l'abbé de Glastonbury et Gilbert Talbot, ses ambassadeurs auprès de Jules II, de remettre à Guidobaide l'ordre et les insignes de la
4 . Ce drame champêtre se passe entre les (rois pasteurs lolas, Tircis et Dametas. Dédié à la duchesse- d'Urbin, il fut imprimé pour la première fois à Venise, en 4553, par les fils d'Aide Manuce (in-8''). Dans cette pastorale, les plus grands éloges sont prodigués au duc et surtout à« la duchesse d'Urbin, ainsi qu'aux principaux personna°[es de sa cour.
Jarretière*. Le Castiglione , se rend en Angleterre pour y recevoir Taccolade au nom du duc. Il part le 10 juillet 1506, en compagnie de Francesco Ceci^, emportant de riches présents, des chevaux, des fau.cons, des matières précieuses et des œuvres d'art, parmi lesquelles le Petit saint Georges que Raphaël venait de peindre à l'intention du roi d'Angleterre'. Arrivé le 20 octobre, on le conduit en grande pompe à Londres auprès du roi. La cérémonie terminée, il visite tous les chevaliers de l'ordre, laisse partout de magnifiques souvenirs, et revient à Urbin au mois de février 1507. il repart presque aussitôt pour Milan, chargé d'une nouvelle ambassade auprès de Louis XIL En 1508, le bon Guidobalde meurt, et cette mort arrache à Balthazar Castiglione des regrets dont l'accent attendri nous pénètre encore aujourd'hui d'une véritable émotion. Le nouveau duc François-Marie délia Rovere l'envoie aussitôt à Gubbio pour rattacher cette ville au duché d'Urbin. L'année suivante, 1509, la ligue de Cambrai ayant été conclue et François-Marie ayant été nommé gonfalonier de l'Église, Balthazar Castiglione prend place comme homme de guerre auprès du neveu de Jules IL C'est lui qui, en 1511, après le meurtre d'Alidosio, parvient à calmer la colère du pape. En récompense de tels services, il reçoit
4. Déjà Frédéric de MoDlefellro, duc d'Urbin et père de Guidobalde, les avait reçus du roi Edouard IV.
t. Fils de BaUisU Ceci, d'Urbin.
3. Ce tableau est à la galerie de Tlirmilage, à Saiut-Pélersbourg.
en 1543 le château de Novilara* avec le titre de comte. A Tavènement de Léon X, il est accrédité comme ambassadeur à Rome, où il reste jusqu'en 1516. Raphaël l'avait connu en 1506 à la cour d'Urbin. Il le revit à Rome, sous Jules II, en 1511, puis sous Léon X de 1513 à 1516. Durant ces trois dernières années, le grand artiste et le grand seigneur se lièrent de la plus étroite amitié, et ce fut vers 1515 que Raphaël fit le portrait du comte Castiglione*; non pas un de ces portraits officiels, qui montrent le personnage affublé d'un costume d'apparat et d'une mine de circonstance, mais un portrait intime et familier, dans lequel on sent que le modèle s'est livré au peintre avec abandon, et que le peintre a pris avec effusion possession d'un ami.