‹ Raphaël: Peinture de Portraits, Volume 2Chapitre 37 sur 131 · D'autres disent la médecine. (Tiraboscbi · texte numérisé non relu

D'autres disent la médecine. (Tiraboscbi

3. En 4499, un recueil de ses poésies italiennes fut publié, à lllodène« par Jacopo Tebaldeo, son cousin. Mais ce fut contre l'intention du poète, qui se rendait compte de ce qu'il y avait d'incomplet dans cette œuvre, c Impresso in Modena per Dionysio Bertocbo, nel* anno de la Redemptione bumana M.GGCC.LXXXX, a d) xin di magio. Imperante lo sapientissimo Hercule, duca di Ferrara, Modena et Regio; in-4''. » Celte édition est donc dédiée par l'éditeur au marquis de Mantoue. Voir comment Narni, dans son poème Délia Morte del Danese (lib. Il, cant. iv), représente Tebaldeo.

4. Bernardo Accolti, d'Arezzo, était fils de Thistorien Benedet*

briano, des Antonio Fregoso^ des Cœlio Calcagnini* et des Sannazar, il chantait ses vers, comme Serafino, en s'accompagnant de la lyre ou du luth. Bientôt ces succès faciles ne lui suffirent plus et il voulut prendre rang parmi les grands humanistes de son temps, les Fracastor, les Palingène, lesCapèce, les Amalthée, etc. C'est à ce titre surtout qu'on le voit en 1502 briller au milieu du groupe des néo-latinistes qui était alors une des gloires de la cour de Ferrare et joindre sa voix à celle de Calcagnini, des deux Strozzi, d'Arioste%

tino Accolli. Plein de lui-même, il répudia son nom pour s'appeler VU?iico {Unico Aretino). Quand il venait à Urbin ou à Rome pour y réciter des vers, la foule se pressait sur ses pas, on mettait des gardes aux portes de la ville, on illuminait tous les édifices, les boutiques se fermaient, seigneurs et prélats lui faisaient cortège. (Tiraboschi, Storia délia letter. Ual., part. II, p. 457.) De tout cela, qu'est-il resté? Rien. Il en fut de même de beaucoup d'autres poètes fameux de cette époque, du NeUuno, de YAliissitno, etc.

K . Antonio Fregoso ou Fulgoso, patricien génois qui avait pris, par goût de la solitude, le surnom plus modeste de Fileremo, vécut jusqu'en 4545. On a de lui : to Cerva bianca (la Biche blanche), les Selve, les Ris de Dëmocrile et les Pleurs d'Hérctalite.

2. Cœlio Calcagnini, fort jeune encore, parut à la cour de Ferrare au moment où y arrivait Lucrèce Borgia, à laquelle il dédia un épithalame.

3. Ce fut seulement en 4503 qu'Arioste entra au service du cardinal Hippolyte d'Esté et prit pied à la cour de Ferrare. Dans YOrlando furioso, qu'il commença en 4505, il semble être encore en dehors de l'influence de Lucrèce Borgia. Il ne l'y célèbre qu'une seule fois, à la trente-huitième stance du quarante-deuxième chant. Dans le temple d'honneur qu'il consacre aux femmes illustres, il montre Timage de Lucrèce portée par ses deux poètes favoris, Anto-

de Giraldi et de Bembo*, pour chanter la beauté, les grâces et la vertu de Lucrèce Borgia. 11 entra ensuite au service du marquis de Mantoue, François Gonzague, passa quelque temps à la cour d'Urbin, fit quelques

nio Tebaldeo et Ercole Strozzi, et il accompagne cette image d'une inscription dans laquelle on lit que Rome doit placer Lucrèce Borgia, à qui elle a donné le jour, bien au-dessus de la Lucrèce antique, autant pour la beauté que pour la chasteté :

La prima inscrizion ch' agli occhi occorre, Cou lungo onor Lucrezia Borgia noma, La coi bellezza ed onestA perporre Debbe ail' antica la sua propria Roma.

I dao che Toluto han sopra sô torre Tanto eccellente ad onorato soma Noma lo scritto : Antonio Tebaldeo, Brcole Strozzi : un Lino ed un Ottao.

4. Bembo n'arriva également qu'en 4503 à la cour de Ferrare, où, fort bien accueilli, il devint aussitôt amoureux de Lucrèce Borgia. Bembo n'était alors qu'un jeune et brillant gentilhomme vénitien. l\ put constater TefTet produit sur Lucrèce par la mort d'Alexandre YI; il vit combien cette fille étrange aimait ce père abominable, et fut témoin des terreurs religieuses qui bouleversèrent cette âme faussée mais non pervertie, naïve encore au milieu des réalités les plus odieuses. Cette douleur et ces angoisses, Bembo les a décrites comme s'il les avait lui-môme ressenties. On trouve, entre autres choses singulières, le passage suivant dans la lettre de condoléance qu'il adresse à Lucrèce et qu'il date d'Osteltoto, le 22 août 4503 : a Bien, en effet, que vous ayez perdu un père si grand que la Fortune elle-même n'eût pu vous en choisir un autre qui le fût davantage, ce n'est pas le premier coup que vous ayez à recevoir du destin, qui vous poursuit de sa rigueur. » Bembo aima donc avec passion la belle duchesse et la chanta dans ses vers. Le 4'' août 4604, il lui dédia son dialogue sur l'Amour, intitulé le Asolani, et il accompagna cet hommage d'une lettre dans laquelle il célébra les vertus de Lucrèce. Le spirituel Vénitien resta, de 4503 II. 8

apparitions à Rome sous Jules II, mais ne vint s'y fixer qu'en 1511. Bembo depuis longtemps y chantait ses louanges et lui préparait la voie \ 11 trouva donc à son arrivée sa place toute faite au milieu du groupe de lettrés et d'artistes patronnés par Léon X, et fut, conmie Phèdre Inghirami, Bibbiena, Balthazar (lastiglione,

à 4506, en rapports très assidus avec la duchesse de Perrare. G^est de la villa d'Ostellato, où il habitait chez ses amis les Slrozzi, qu'il lui adressait ses épttres. Eu 4506, Bembo passa à la cour d'Uii)iD. Ayant excité la jalousie redoutable du duc Alphonse, il crut prudent de se mettre en sûreté, et il y fut à la cour de Guidobalde. Malgré cet éloignement, ses relations amicales avec Lucrèce ne furent pas interrompues. Raphaël le vit à Urbin, dans le voyage qu'il y fit en 4506. Bembo, jeune, beau, spirituel et très aimé des femmes, fut-il aimé particulièrement de Lucrèce? Gela est possible, mais rien ne le prouve. La fameuse mèche de cheveux que Ton conserve à la bibliothèque Ambrosienne à Milan semble une preuve pour ainsi dire vivante des amours de Bembo ; mais Lucrèce Borgia, dans la lettre qui accompagne ce témoignage, ne prononce aucune parole compromettante. Le desiderosa gralificarvi n'est qu*une formule polie, sans portée aucune... On ne connaît pas de portrait du Bembo par Raphaël. Gelui qu'on montre dans V École d'Alhénes est apocryphe; mais Bembo fut trop môle à l'entourage du Sanzio, pour que nous ne saisissions pas l'occasion d'en dire au moins quelque chose.

4 . Tebaldeo ayant déjà publié des vers endécasyllabes en Thonneur de Léon X, celui-ci lui fit remettre cinq cents ducats comme cadeau de bienvenue, dès son arrivée à Rome. Léon X, dans une lettre qu'il écrivait alors aux chanoines de Vérone pour leur recommander Domizio Pomedelli, disciple de Tebaldeo, disait :« Tebaldeo, que j'estime beaucoup, tant pour les progrès qu'il a faits dans les sciences que pour ses talents dans la poésie... » Gomme preuve de cette estime, Léon X demanda pour Tebaldeo la surintendance du pont de la Sorga, qui devait lui procurer un revenu considérable.

PORTRAIT D'ANTONIO TEBALDEO. Uo

Andréa Navagero et Agostino Beazzano , immortalisé par le pinceau de Raphaël.

Six ans auparavant, Raphaël avait introduit le portrait de Tebaldeo dans la Chambre de la Signature. Vasari signale ce portrait de la façon la plus formelle dans la fresque du Parnasse. Après avoir parlé de Dante, de Pétrarque et de Boccace, « qui sont vivants, che vivi vivi sono », à côté d'Apollon et des Muses, il ajoute : « // Tibaldeo similmenteK » Bottan, qui le premier a tenté de préciser la place de chacun des personnages de cette fresque, désigne Tebaldeo comme se trouvant dos à dos avec la dernière des Muses, dans la partie droite du Parnasse. Toute la figure serait de profil perdu, et même presque de dos, si la tête, en se tournant et en s'inclinant sur l'épaule droite, ne se montrait de trois quarts à droite et ne se présentait presque de face. Les cheveux, bruns et abondants, sont couronnés de lauriers. Les yeux, fendus en amande, sont d'une remarquable douceur et regardent k gauche, en sens inverse de la direction du corps. Le nez est moyen, plutôt petit. La bouche, moyenne aussi, est d'un charmant dessin et d'un sentiment très délicat. La barbe, brune comme les cheveux et coupée court, couvre la lèvre supérieure ainsi que le menton et le bas des joues. Un grand manteau jeté sur l'épaule droite cache en partie la robe et enveloppe le corps de ses larges plis. L'ensemble de cette figure a une très belle tournure. La physionomie est

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