‹ Raphaël: Peinture de Portraits, Volume 2Chapitre 45 sur 131 · Ce dessin appartient au Musée britannique · texte numérisé non relu

Ce dessin appartient au Musée britannique

tandis que les yeux, pleins de douceur et de mélancolie, s'abaissent vers l'instrument comme pour l'interroger. Cette tête, toute vibrante de pathétiques accords, fait presque à elle seule les frais de ce premier croquis *. On voit au-dessous, cependant, une très scrupuleuse étude de la main droite qui tient l'archet. La baguette est prise entre le pouce et l'index légèrement infléchi ; le petit doigt, par son mouvement tout à fait indépendant, donne à l'ensemble de la main plus d'élégance et de légèreté. Raphaël est là encore avec sa grâce juvénile et ses aspirations printanières. Mais le monde de l'idéal ne lui suffit pas. Il sent que la réalité a besoin d'être étudiée de plus près, que le modèle vivant doit être interrogé dans son intimité la plus profonde, et voici l'étude robuste et délicate à la fois d'où sortira, pourvu de toute sa beauté, l'Apollon du Parnasse.

Afin qu'il ne reste aucune équivoque, afin que tous les mouvements soient justes et concordants, que chaque muscle soit senti dans sa forme et chaque articulation dans son jeu, c'est sur le nu que Raphaël a voulu tout étudier, et il a fait de l'instrument lui-même un dessin non moins attentif*. La figure, telle qu'elle sera dans la fresque, est assise, et son poids porte sur la hanche gauche'. La tête se présente de trois quarts

4. Le violino, sommairement indiqué, est posé sur l'épaule gauche.

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