Pargatorio, cant. II, v
3. Ce fut au courant du xiy« siècle que le contre-point (contrapunclum) se substitua au dédiant {discanlus). Jean de Mûris, docteur à l'université de Paris, est le plus ancien écrivain qui ait employé ce mot de contrapunctum et qui en ait donné la déûnition.
parties*. Francesco degli Organi*, fra Guglielmo, Jacopo de Bologne, don Donato da Gascia, Maestro Giovanni, don Paolo Tenorista, Lorenzo de Florence, Niccolô del Proposto, l'abbé Vincenzo d'Imola, fra Andréa et Gian Toscano, sont alors les maîtres les plus populaires de l'Italie '.
Les papes, revenus d'Avignon à la fin du \i\^ siècle, avaient amené à Rome les musiciens de leur chapelle, Français et Brabançons pour la plupart. C'est ainsi que, dès les premières années du xv* siècle, Guillaume Dufay, Égide Binchois, Vincent Fouques, Éloy, Brassart, etc., conquirent dans la Péninsule une suprématie que la France et les Pays-Bas gardèrent presque sans partage durant plus de cent cinquante ans*. L'état de simplicité primitive où se tenait encore la musique ne changea guère cependant sous ces maîtres étrangers.
4 . La messe composée par Guillaume de Machault, poète et musicien, pour le sacre de Charles Y, fournit le premier spécimen de musique à quatre parties.
2. La chanson à trois voix, de Francesco degli Organi, est un des meilleurs morceaux d'harmonie du xiv* siècle.
3. Fétis a consacré, en tête du premier volume de la Revue mtuicale, une dissertation savante à chacun de ces musiciens.
4. Muratori [Annal.) nous apprend que Lionel, duc de Ferrare depuis U44, ûtvenir de France des musiciens, etMorigia {Antich. di Milano,^. 461), en parlant de Galéas Sforza, qui fut assassiné en 4476, dit que ce prince entretenait trente musiciens choisis, tous ultramontains. Arteaza cite aussi des Espagnols ( Bartolommeo Ramos Pereira, Pedro d*Uragua, Francisco Salinas, Tomaso de la Vittoria, Cristoforo Morales, etc.), appelés à Rome, à Bologne et dans d'autres villes italiennes.
Avec les repos * et le canon * de Dufay, Tart se perdit dans de puériles recherches, se concentra dans des énigmes de toutes sortes, et, pendant près d'un siècle, ne se complut que dans ces artifices. Les Grecs, chassés de Constantinople, apportèrent alors en Italie les ouvrages de Ptolémée et d'Arîstoxène, et la connaissance ou plutôt le pressentiment de la musique des anciens provoqua des théories, suscita des systèmes, fit surgir partout des académies ', mais ne provoqua nulle part l'inspiration. Les qualtrocentisli de la musique, dans la seconde moitié du xv*' siècle, Domart, Barbingant, Fraylois, Jean Ockeghem*, Jacques Hobrecht% Jean Tinctor% malgré toutes leurs ingéniosités, ne sortent pas de la routine. Quant aux virtuoses de cette époque, sauf quelques organistes de premier ordre, tels que
4 . Les repos étaient introduits dans les parties, et surtout dans les fugues.
2. Le canon est la règle qui indique au compositeur certaines répétitions de rigueur.
3. A Naples, à Rologne, à Milan, à Vérone, à Ferrare, à Mantoue, etc.
4. Ockeghem, originaire du Brabant, fut maître de chapelle du roi Charles VII.
5. On a, de J. Ilobrecht, un excellent motel à cinq voix, publié en 4520 dans le recueil de Conrad Peutinger : Liber selectarum canlionum quas vulgo muiatos appellant, sex, quinque et quatuor vocum. Augsbourg, 4520, in-fol.
6. Ou Tinctoris (le Teinturier). Maître de chapelle du roi Ferdinand d'Aragon, il fonda une école célèbre à Naples, et fut considéré comme le plus grand musicien de son temps. C'est de Naples que sont datés ses ouvrages en 4476.
Bernard Mured* et Antonio Squarcialupo % on les a tous oubliés.
Des essais de représentations lyriques avaient été tentés aussi vers, cette époque, notamment dans les fêtes qui furent données, en 1488, par un noble de Tortone, nommé Bergonzo Botta, au jeune duc Galéas Sforza et à Isabelle d'Aragon, sa nouvelle épouse. 11 n'est pas besoin de dire que tout l'Olympe était convié à ces fêtes, et qu'Apollon y jouait tantôt de la lyre et tantôt de la viole en compagnie des Muses*. On préludait ainsi, dès la fin du xv* siècle, aux pompes musicales qui devaient marquer, dans le cours du siècle suivant, les noces des premiers grands-ducs de Toscane, de Côme I" avec Éléonore de Tolède (1539), de François de Médicis avec Bianca Capello (1579) et de Ferdinand avec Christine de Lorraine (1589)*.
4. Bernard Mured, Allemand d'origine, fut organiste de la basilique de Sainl-Marc, à Venise.
2. Surnommé Antonio degli Organi. l\ était au service de Laurent le Magnifique.
3. Trislano Galchi a fait le récit de ces fêtes dans Tappendice du livre XXII de son Histoire, et le P. Ménestrier a reproduit cette longue narration dans son Traité des représentations en musique ancienne et moderne (Paris, 4684, in-42), p. 460 etsuîv.
4. Les Florentins Giovanni Bardi, comte de Vernio, Vincenzo Galilei, père du grand Galilée ( auteur du Dialogo délia musica antiqua e moderna, Firenze, 4584), et Girolamo Mei, furent parmi les plus illustres promoteurs de ces représentations, qui se faisaient là grands renforts de violes, de luths, de violons, de basses, du grandes lyres, de doubles harpes, de basses de trombone et d'orgues en bois. {Descrizione dell' apparato e degli intermedi
Arrive enfin le xvi* siècle, dont l'aurore se lève sur la grande Renaissance. C'est le temps du Joueur de violon du palais Sciarra, et c'est l'époque qui, dans l'histoire de la musique, porte le nom de Josquin des Prez. Grâce à cet homme remarquable, les conditions de l'art, sans se renouveler encore, s'améliorent sensiblement. Josquin des Prez, qui avait vingt-cinq ans de plus que Raphaël, fut chantre de la chapelle pontificale sous les papes Sixte IV, Innocent VIII, Alexandre VI et Jules II. Il quitta Rome pour Ferrare avant 1508 et ne put être connu de Raphaël, mais sa musique était populaire et dut charmer le peintre des Chambres*. D'autres musiciens en renom. Français et Allemands, Alexandre Agricola, Antoine Brumel, Loyset, Prions, Compère, Verbonnat, Pierre de la Rue, Éliézer Genet% les deux Fevin, Jean Mouton, Jean de Milleville', Sé-
falti per la commedia rappresenlata in Firenze aile nozze del SS, D. Fernandi AIedici,^elc. Firenze, Anton. Padovani, 1586, in-4», p. 5.)
4. L'époque qui, dans Thistoire de la musique, porte le nom de Josquin des Prez (ou des Près), s'étend de U80 à 4525, et comprend par conséquent toute la vie de Raphaël. Josquin des Prez, plus heureux que ses devanciers et que ses émules dans l'emploi des dissonances artificielles, sut les enchaîner, en leur donnant une suavité jusqu'alors inconnue. Il fut le premier qui protesta contre l'emploi de la chanson dans la musique d'église, usage scandaleux qui, nous Tavons vu, déshonorait le sanctuaire depuis trois siècles.
i. Surnommé Carpentras.
3. Plus connu sous le nom de Jean de Ferrare, parce qu'il fut au service de Kenée de France, épouse d'Hercule d'Esté, duc de Ferrare.
bastien Wirdung, Etienne Mahu, Henri Fink, Paul HofheimerS sont à côté de Josquin; lisent pour la plupart précédé Raphaël, et ce n'est pas parmi eux que nous chercherons notre Joueur de violon. On ne peut pas songer non plus à Adrien Willaert, que les Italiens ont qualifié de divin et qui n'arriva en Italie qu'en 1527, sept ans après la mort de RaphaëP. Quant au Français Claude Goudimel, il vint à Rome trop tard aussi pour que Raphaël pût l'y connaître... En prononçant le nom de Goudimel, on évoque en même temps celui de son immortel élève, Palestrina, le créateur de la musique moderne. Elle commence après que les arts du dessin de la grande époque ont dit leur dernier mot dans la P.éninsule. Palestrina découvrit la source divine de l'art. D'Arnolfo di Lapo à Bramante, d'Andréa Pisano à Michel-Ange et de Giotto à Raphaël, de longues générations d'architectes, de sculpteurs et de peintres, y avaient puisé l'inspiralion ; la musique italienne vint s'y retremper à son tour et fut dès lors affranchie de toute