‹ Raphaël: Peinture de Portraits, Volume 2Chapitre 51 sur 131 · Tiraboschi, ibid., t. VI, pari. II, p. Î · texte numérisé non relu

Tiraboschi, ibid., t. VI, pari. II, p. Î

Giovanni Mozzarello, de Mantoue. Celui-là avait pour lui la jeunesse et la séduction personnelle.. La grâce de son maintien, l'enjouement de son esprit, la bonté de son cœur, lui avaient valu la bienveillance des grands en même temps que l'affection des humbles, et Léon X lui voulait du bien. C'était de plus un contemporain de Raphaël. Malheureusement il périt victime d'un guetapens deux ans avant l'année 15 18, ainsi que le raconte Pierre Bembo, dans une lettre qu'il écrit au cardinal Bibbienale 3 avril 1516 ^

Le nom de Camillus Querno a été aussi prononcé; mais on n'a pas su que l'on nommait là un bouffon plutôt qu'un poète, un ivrogne plutôt qu'un musicien. Querno avait d'ailleurs passé l'âge du personnage représenté par Raphaël*. Il était du nombre de ces rimeurs gloutons dont Léon X aimait à s'entourer, pour les bafouer après les avoir gorgés et pour les bâtonner même quelquefois. Doué d'une rare faconde et d'une extraordinaire effronterie, il parut un jour devant le pape, sa lyre d'improvisateur à la main, et commença à lui débiter un interminable poème latin*. On couronna de pampres et de choux sa tête

4 . Mozzarello rimait sous le nom de Jtf utio Aurelio. Son corps fut retrouvé au fond d'un puits, dans la forteresse de Mondaino» dont Léon X l'avait nommé gouverneur pour Tarracher aux dissipations de Rome.

2. Camillus Querno, né en 4 470 à Monopoli, dans les Étals de rÉglise, avait quarante-huit ans on 4548.

3. Le poème d'Alexias, qui comptait vingt mille vers environ.

grotesque, et le titre d'archipoète lui fut donné*. Comment penser à cette épaisse figure en présence du violoniste de Raphaël? Il faut n'avoir rien appris de l'histoire littéraire de l'Italie au xvi** siècle, ou l'avoir entièrement oubliée.

Enfin l'érudition allemande, s'enhardissant jusqu'à l'affirmation, a, non plus supposé, mais avancé comme chose sûre qu'on avait là l'authentique portrait d'Andréa Marone'. Andréa, tout Marone qu'il était, n'avait rien d'un Virgile ; mais, en improvisant, il s'accompagnait de la viole, et les contemporains le représentent plein de chaleur et de grâce dans sa verve inspirée. « Les éclairs de ses yeux, la sueur quiinondait son visage, le gonflement de ses veines, tout annonçait le feu intérieur dont il était embrasé*. » Et les accords passionnés de son violino ajoutaient quelque chose de surnaturel à son exaltation poétique*. . . Il y a, en effet, dans ce signalement, certaines indications qui font songer, devant le Suonatore de Raphaël,

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