‹ Raphaël: Peinture de Portraits, Volume 2Chapitre 52 sur 131 · Passavant, t. II, p · texte numérisé non relu

Passavant, t. II, p

3. Jov. in Elog., I, x\ii, et Tiraboschi, Slor, délia letl, itaL, t. VII, part. III, p. 2H.

4. Un jour que le pape a\ait invite à sa lable les ambassadeurs étrangers et tous les plus grands personnages de Rome, Marone improvisa des vers sur la ligue nouvellement formée contre les Turcs, et il excita un tel enthousiasme, qu'un bénéûce vacant dans le diocèse de Gapoue lui fut accordé sur-le-champ. Andréa obtint un succès plus grand encore en récitant le panégyrique de saint Gôme et de saint Damien, patrons des Médicis.

à cet improvisateur aimé de Léon X ; mais en examinant de plus près la question, on voit que ce n'est là encore qu'une hypothèse et qu'elle est dénuée de tout fondement sérieux. Andréa Marone, malgré le bruit qui se produisit autour de son nom, n'était en définitive qu'un de ces vagabonds littéraires qui encombraient le Vatican sous Léon X. Le pape s'en amusait à peu près comme de Camillus Querno, contre lequel il le lançait à chaque instant. Marone accablait cet adversaire facile à terrasser et en triomphait sans générosité. Était-ce là un personnage d'assez grande importance pour que Raphaël fît de son portrait une œuvre de prédilection, peinte entièrement de sa main, exquise jusque dans les moindres détails? Est-il admissible que le grand artiste ait donné à ce faquin littéraire plus de temps qu'il n'en avait pu accorder au Navagero et à BalthazarCastiglione? Évidemment non. Il y a, du reste, une preuve matérielle qui dispense de toutes les autres : Andréa Marone, né à Pordenone en H7/i, avait quarante-quatre ans en 1518*. Entre lui et le jeune

4. La famille d'Andréa Marone, originaire de Brescia, était venue s'établir dans le Frioul. (Tiraboschi.) D'aulres font naître Andréa Marone à Brescia, d'une famille originaire de Pordenone. (BibL (féloq.) Il avait été d'abord au service d'Hippoiyte d'Esté ; mais, n'ayant pu obtenir de raccompagner en Hongrie, il avait quitté brusquement Ferrare et s'était ûxé à Rome, où il avait conquis la faveur do Léon X. Malgré les libéralités pontiûcales, sa conduite irrégulière le mettait à chaque instant dans la gône. Après a mort de Léon X, Adrien VI le chassa du Vatican. Il y rentra sous Clément VIL En 4526, une émeute suscitée par

PORTRA.it du joueur de violon. 169

virtuose du palais Sciarra, il n'y a donc rien de commun.

Ainsi, plus on cherche, moins on trouve; plus on s'épuise en investigations, plus on reste indécis devant ce portrait. Ne pouvant savoir à quel joueur de violon nous avions affaire, nous avons tout simplement regardé Le Joueur de violon. En présence de ce qu'il y a de beauté pure et pour ainsi dire abstraite dans cette peinture, nous avons oublié le portrait, pour ne plus voir que l'image idéale d'un art et d'un instrument divins.

les Colonna le dépouilla du peu qui lui restait, et il fut plus maltraité encore pendant le sac de Rome en 4527. Il ne survécut que peu de temps à cet événement, vivant d'aumônes, ou plutôt mourant de misère, et s'ouvrit le ventre avec des ciseaux dans un hôpital de Naples. Il avait cinquante- trois ans. (Voir, sur Andréa Marone, les Éloges, de Paul Jove, et la Vila di Leone X, I, iv; les Écrivains Brescians, par Ottav. Rossi ; la Slor. délia leUer. HaL, de Tiraboschi ; l'article intitulé les Improvisateurs, au tome Ul des Mélanges de littérature, par Suard; Ginguené, Histoire littéraire de l'Italie, t. IV, p. 29.) Andréa Marone était lié avec Fr. Colonna. Il célébra Vllypnerotomackia Polyphili dans une épigramme qui se trouve en tête de cet ouvrage.

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