Vasari, t. VIII, p
2. Ârmeoini était aussi peu clair que Vasari, quand il écrivait, en 1587 : « Se ne trovano pur molti (ritratti) per mano di Raffaello in Firenze, già da lui fatti in Roma al tempo di Leone e di Clémente, ritratti da lui miracolosamente con Bindo Altoviti. » ( Dei veri preceUi Mla piUura. Ravenna, 4587, p. 494.)
fondée sur l'étude de Tœuvre elle-même, il a pris la phrase de Vasari avant tout et conçu a priori toute une thèse reposant sur une ambiguïté pronominale contenue dans cette phrase. Puis, se transportant devant la peinture, il en a falsifié la valeur pittoresque en la subordonnant à la fausse interprétation d'un texte.
L'évidence matérielle est de tous points contraire à l'opinion de Bottari. Bindo Altoviti ne ressemble nullement à RaphaëP. Bindo a les yeux bleus et les cheveux blonds, Raphaël a les yeux et les cheveux bruns. Le dessin du nez, la forme de la bouche surtout, la construction de la tête et les dimensions de toute la figure, sont de part et d'autre tout à fait différentes. Bindo est haut en couleur, a toutes les apparences d'une santé robuste ; Raphaël a le teint pâle, présente tous les caractères d'une complexion délicate. L'expression, la physionomie, le sentiment, sont également distincts : Bindo semble fait surtout pour la vie musculaire et Raphaël pour la vie nerveuse. Il suffit donc de rapprocher du portrait de Bindo Altoviti les portraits authentiques représentant Raphaël, pour que la preuve soit faite et que toute confusion cesse.
Le texte même de Vasari se tourne d'ailleurs contre Bottari et ne comporte aucune amphibologie. C'est ce qu*a démontré Missirini, plaidant en faveur de la correction de ce texte*. Il y a, dans la phrase de Vasari,
1 . Voir, au début de noire premier volume, les Pariraiis de Raphaël par lui-même.