Surnommé Bicci
divin, sous le vêtement du plus important des mages, est Pier Francesco Medici , fils de Lorenzo Medici et de Ginevra Cavalcanti. Lorenzo étant le frère de Côme l'Ancien, Pierre de Médicis, fils de Côme, est cousin germain de Pier Francesco; Laurent le Magnifique, fils de Pierre, est son cousin issu de germain, et Léon X, fils de Laurent, ne sera parent qu'au troisième degré. Pier Francesco avait fait partie de l'ambassade qui se rendit à Rome en 1458 pour complimenter Pie II lors de son avènement, et il avait occupé plusieurs des charges importantes de l'État*. Après avoir participé à toutes les grandes affaires de son oncle Côme, il mourut en 1467* et laissa d'immenses richesses à ses fils. Il avait épousé en 1456 Laudomia, fille de Jacopo Acciajuoli*. Filippino Lippi le montre âgé déjà, le crâne chauve, le visage empâté, le corps chargé d'embonpoint, mais ayant encore dans la physionomie de la noblesse et du charme. Le portrait de Léon X sera plus voisin de ce massif et boufli personnage', si vivant dans la peinture de Filippino, que de son père, de son aïeul et de son bisaïeul, tels qu'ils nous apparaissent dans le tableau de Botticelli. Les deux autres Médicis travestis en mages par Lippi sont Giovanni, fils de Pier Francesco, et un autre Pier Francesco, neveu
•1. n avait été prieur en 4459.
2. Les uns disent en 4467, d'autres en 4476. On a prétendu qu'il avait été assassiné, mais rien ne le prouve.
3. Laudomia était sœur d'Agnolo Acciajuoli qui conspira, en 4466, contre Pierre de Médicis.
du vieux Pier Francesco et cousin germain de Giovanni. Giovanni, qui eut pour fils Giovanni délie bande nere, est debout à la droite de son père . C'est un beau jeune homme, mais que l'embonpoint menace un peu déjà. Le second Pier Francesco, plus jeune encore que son cousin Giovanni, est également trop bien portant pour son âge. Ces deux adolescents, sous leurs abondantes chevelures blondes et frisées, ont l'air, en plein xiv* siècle, de deux dauphins du xvii*. Au point de vue de l'iconographie de Léon X, on devra se souvenir des portraits si nettement caractérisés par Filippino Lippi. Tels furent les Médicis qui préparèrent la Ibrtune de Léon X, et tel est ce que nous savons de leur physionomie générale. Il eût été souhaitable de serrer de plus près cette étude préliminaire. Malheureusement, les documents font défaut. Les médailles authentiques sont en petit nombre, et les portraits originaux sont plus rares encore. Grâce à Sandro Botticelli et à Filippino Lippi, ou plutôt grâce à Vasari qui a signalé les personnages représentés dans deux de leurs peintures, quelques données nous ont été fournies, mais bien vagues et bien insuffisantes. On ne peut, en effet, attribuer à des figures ainsi introduites dans des tableaux d'histoire religieuse la valeur pittoresque de véritables portraits. Ce sont plutôt des réminiscences que des transcriptions littérales et de véritables ressemblances. En fait, les médailleurs, d'accord avec les peintres, nous donnent les portraits de Laurent le Magnifique et de Côme l'Ancien, c'est-à-dire du père
et du bisaïeul de Léon X. Sur son grand-père, Pierre de Médicis, Mino de Fiesole nous renseigne très exactement, et Sandro Botticelli ne contredit pas Mino. La sculpture nous fait connaître aussi Lucrezia Tornabuoni, son aïeule maternelle. Quant à Clarice Orsini, sa mère, aucun de ses portraits ne nous est parvenu. II est probable, cependant, que nous la rencontrons, sans la reconnaître, parmi les innombrables portraits répandus dans les fresques des quattrocenlisli florentins ; mais l'histoire de l'art ne l'a pas signalée et elle reste à l'état d'énigme, malgré l'abondance des monuments où il doit avoir été question d'elle. Au point de vue du portrait, on ignore presque tout des personnages les plus importants du xv* siècle. Sans Raphaël, la figure même de Léon X ne serait que très imparfaitement connue.