Passavant, t. II, p
tu RAPHAËL PEINTRE DE PORTRAITS.
Les Médicis rentrent à Florence.
A la nouvelle des atrocités coimnises à Prato, les Florentins furent glacés de terreur. Ils ne songèrent plus qu'à leur salut, et les mêmes honmies qui venaient de porter sur le pavois Soderini se hâtèrent de le déposer. Le gonfalonier se soumit et se retira à Siennç. Jules II lui fit offrir asile à Rome. Soderini n'eut pas confiance. Il se hâta de gagner Ancône, d'où il s'embarqua pour Raguse, et ne se crut en sûreté que chez les Turcs*. La place était libre, les Médicis pouvaient la reprendre enfin. Le 31 août 1512, après un exil de dix-huit ans, Jiean, son frère Julien et son neveu Laurent, rentrèrent avec éclat à Florence. Le cardinal était accompagné de Francesco Albizzi, dans le palais duquel il descendit. Les plus bruyants des partisans de Soderini vinrent l'y visiter, et les plus compromis furent ceux qui se courbèrent le plus bas*. C'est ce jour de triomphe que célèbre le second des tableaux en grisaille placé au-dessous de la Mort d'Ananie^.
4. Antonio Segna, qui avait accompagné Soderini jusqu'à Ancône, revint à Rome et fut mis à la torture par Jules II, qui voulait lui arracher le secret de la retraite du gonfalonier. Le pauvre Segna mourut quelques jours après des suites de ce supplice. (Nardi, lib. V, p. 452.)
2. Le vainqueur imposa ses conditions. Les Florentins durent entrer dans la ligue, payer quatre -vingt mille ducats au roi d'Espagne, quarante mille à Tempereur Maximilien et vingt mille au vice-roi Raimond de Cordoue.