‹ Rapides du Long-Sault, fleuve Saint-Laurent [microforme]Chapitre 128 sur 158 · ANNEXE XXV · texte numérisé non relu

ANNEXE XXV

Par

Le Pror. H. T. Barnes, D. Sc., F.R.S. DIRECTEUR DES SCIENCES PHYSIQUES, UNIVERSITÉ McGrizz, MONTRÉAL

L' congélation du fleuve St. Laurent s’opère chaque année appro-

ximativement de la même façon dans la totalité de sa longueur. Quand arrive l'hiver, la température de l’eau tombe au point de congélation, et la glace commence à se former à la surface. Vu les courants, dont la vitesse moyenne est d’un mille par heure, dans les plus larges parties du chenal principal, la surface ne gèlerait pas en permanence, s’il ne se formait pas de “paquets de glace” dans les passages étroits. La glace s’étend en amont à partir de ces points d’arrêt, et bientôt elle recouvre une grande surface. Par exemple, les lacs St. Pierre, St. Louis et St. François se congèlent d’abord à la partie inférieure, et la glace suit alors une marche ascendante. Les baies et les anses, où la surface de l’eau est comparativement calme, contribuent à la congélation, et la glace s’y forme rapidement. Des cassures de glace emportées par le vent aident grandement à cette première congélation. Ure grande partie du fleuve reste à découvert, pendant tout l'hiver, même au temps des plus basses températures, et c’est pourquoi nous avons eu l’avantage d'étudier les différentes formes des glaces qui ne manquent pas d’intérêt.

Depuis 1895, je me suis attentivement occupé des glaces du fleuve, et j'ai trouvé qu’il est possible de les diviser en trois classes principales. Les hommes qui sont en contact avec le fleuve les connaissent de longue date. Je vais essayer de les décrire, ainsi que les conditions physiques qui contribuent à les former.

Glace de surface ou nappe de Glace

Cette glace se forme sur toutes les larges parties du fieuve, et elle doit son origine à des accumulations d’une couche de glace de surface poussée pa le vent, comme e... soufflée l’écume, dans les baies ou anses des parties plus étroites. Une estacade flottante, ou le bord d’un rocher, suffit quelquefois pour donner assez de force à la glace de surface pour se former en avançant vers le haut du courant, jusqu’à ce que la nappe ait couvert plusieurs milles de courants d’eau rapides.

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Une fois commencée, cette glace de surface s’épaissit d’abord rapidement, et ensuite plus lentement, par suite de la transmission de la chaleur à travers la glace à l’air froid de l’hiver.

J’ai soigneusement étudié le progrès de leur formation, et j'ai trouvé que le fleuve St. Laurent se couvre d’une épaisseur de glace d’environ 26 pouces. Quand approche la fin de l’hiver, généralement au commencement de mars, la glace atteint son maximum d'épaisseur. Elle s’amincit ensuite lentement, mais continuellement, jusque vers le milieu d'avril; elle n’a plus alors qu'environ la moitié de son épaisseur, Une fois désagrégée par la chaleur du soleil et les vents doux du printemps, la nappe de glace se convertit en une masse d’aiguillettes de glace verticales: prêtes à culbuter les unes sur les autres, au moindre choc, comme un rang de briques. C’est ce qui explique pourquci l’on dit qu’au printemps la glace tombe au fond de l’eau, tant est rapide la fonte des aiguillettes, une fois qu’elles ont été renversées et plongées dans une couche d’eau plus chaude. D’après mes expériences, une légère élévation de la température de l’eau au-dessus du point de congélation influe beaucoup sur l'épaisseur atteinte par la glace de surface pendant l'hiver. Une faible élévation au-dessus du point de congélation, par exemple, un centième d’un degré centigrade, (32+018°F.) déterminera la limite de la formation de la glace.

On rencontre souvent des ouvertures dans la glace de surface, uniforme par ailleurs, qui recouvre les lacs du St. Laurent. Les mesurages de la température de ce ‘“‘soupiraux”’ ont indiqué jusqu’à s#f5 d’un degré au-dessus du point de congélation, ce qui suffit à empêcher constamment la formation de la glace en ces endroits. Cette élévation de la température est due à un courant d’eau qui monte du fond vers la surface.

La glace de surface, tout en protégeant l’eau contre l’action directe du vent, empêche aussi la chaleur du soleil d’y pénétrer. On peut s’en rendre compte au printemps, avant le commencement de la débâcle de la glace de surface. La glace commence à se former d’abord à la partie inférieure des lacs et suit une marche ascendante; au printemps, elle fond d’abord à la partie supérieure et suit une marche descendante. La glace a une tendance à fondre et à s’entasser dans le bas des rivières, vu la désagrégation qui s'opère plus tôt dans les parties supérieures, il se produit chaque année des débordements de glace à divers endroits. La figure 1 montre les glaces du lac St. Louis impilées sur le garde-digue à Lachine, après la débâcle au printemps.

Quelquefois la glace de surface a ses avantages d’autres fois un chenal libre de glace peut être préférable.

On y gagnerait grandement, si l’on pouvait tenir ouverts les chenaux du St. Laurent sur toute la longueur. Toutes les glaces flottantes

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