CORRESPONDANCE PAR J. WESLEY ALLISON
L'article est publié dans le but évident de gagner le sentiment public en faveur du projet et de créer l'impression que ces nouveaux plans ont été soumis à une commission conjointe quelconque qui les aurait approuvés. Rien de plus faux. Si ceux qui s'intéressent au projet ont tracé des plans quelconques, ceux-ci n’ont pas été soumis officiellement à l’un ou à l’autre des gouvernements intéressés. D’un autre côté on sait parfaitement qu’en vertu du traité conclu entre les denx gouvernements, relativement à la navigation sur le St. Laurent, que le consentement de l’un et de l’autre est ‘ndispensable à tout projet de barrer le fleuve.
Ceux qui sont en lieu de le savoir affirment que l’on ne saurait tracer des plans cepables de faire disparaître les dangers des amoncellements de glace, et d'empêcher les dommages aux propriétés des particuliers. Tout le projet est basé sur un dédain inqualifiable des droits privés et de la propriété particulière, au profit d’une corporation avide et riche. Il n’a jamais reçu l'approbation du gouvernement Américain, et il est peu probable qu’il reçoive jamais son consente-nent.
Le Bill présenté à la Chambre des Représentants, il y a deux ans, par feu le congressiste Malby, fut alors rejeté, car l'opinion publique touchant la force hydraulique n’avait pas été montée. Depuis lors, le sentiment de la Chambre des Représentants s’est constamment manifesté en faveur de la conservation des forces hydrauliques par le gouvernement, et contre la concession de droits ou prévilèges sur ces forces hydrauliques aux particuliers ou aux corporations. Ce sentiment s’est révélé visiblement pendant les deux dernières semaines de la présente session du Congrès—un bill à l'effet de demander la concession de droits de force hydraulique dans quelques petits cours d’eau a été rejeté à une très forte majorité—et il est certain que le Congrès n’accordera plus de pareils droits, avant qu’une politique définie n'ait été adoptée sur le sujet. Si l’on décide un jour d’utiliser l'énorme force hydraulique du fleuve St. Laurent, il est bien certain que les gouvernements du Canada et des Etats-Unis ne la mettront pas entre les mains des particuliers, mais qu’ils l’utiliseront dans l'intérêt des habitants des deux pays.
Quelque propagande que fassent les journaux, ils ne sauront créer un sentiment sérieux dans l'un et l’autre pays en faveur de l’utilisation de cette force pour enrichir les particuliers ou les corporations privées aux dép” ‘*s citoyens de chacun de ces pays.
Si vous le désirez, je pourrai vous fournir d’autres renscisnements sur ce sujet.
Bien à vous,
J. WESLEY ALLISON