‹ Rappel historique et considérations embryologiques: À propos de la pathogénie d'un kyste vrai de la rateChapitre 11 sur 25 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

D'après FOWLER

(Surgery Gynecology and Obstetrics, tome XI, n° 2, août 1910, pp. 133 à 137).

La malade, une femme de 22 ans, se présenta au D” B. F. Curtis, avec l'histoire suivante :

Un an auparavant, elle tomba en arrière d'une hauteur de deux pieds et demi (un mètre). Elle ressentit dans l'hyvpocondre gauche des douleurs qui disparaissent au bout de 7 mois. Trois mois plus tard encore, elle accoucha de deux Jumeaux et, depuis ce temps, elle se plaignit d’éprouver la sensation que quelque chose bougeait à chaque mouvement brusque. On fait le diagnostic probable de rein mobile et on conseille une opération. On fit une numération leucocytaire, landis que la malade était sous l'éther, et on trouva 22.000 leucocytes. Une numération

comparative donna 59 % polynucléaires, 41 % Iympho-

ro

An 0 =

cytes, gros et petits. Elle se remit sans incident. Voici fe compte rendu opératoire. Enorme rate, longueur 20 cm. Plus large aux pôles où elle mesure 11 cm.

L'épaisseur à ce niveau varie entre 6 et 7 cm. La surface est lobulée spécialement aux pôles et il y a de nombreux petits kystes mamelonnant la surface. Au milieu de l'organe, une zone resserrée partage a rate en deux lobes tout à fait distincts.

La capsule s'enroule intacte autour de l'organe. Les bosses des extrémités ont une mince enveloppe, sont projetées en dehors et fluctuantes. La plus grosse a 7 cm. de diamètre. À la ponction, un liquide jaune, légèrement trouble, fut obtenu. La pièce est conservée dans la soluüon de Kaiserling, après traitement au formol, avant d'y opérer une section longitudinale. La surface de coupe montre que l’organe est entièrement kystique. Les kystes les plus gros sont situés aux pôles. Ils contiennent des masses blanchâtres, homogènes, à demi solides, résultant de la coagulation par le fixateur. Après avoir enlevé les matières gélatiniformes, les gros kystes apparaissent subdivisés. La grosse bosse du pôle supérieur est formée de deux kystes. Le plus petit a une paroi Interne lisse. l'autre présente de nombreuses cloisons qui le divisent en de nombreuses loges lui donnant l'apparence d’être formé de plusieurs kystes plus petits. L'intérieur des plus petits kystes est pour la plus grande partie lisse el brillant.

Examen microscopique. — La première coupe montée

sur paraffine fut colorée à l’hématoxyline éosine. Ce

fragment de tissu ne montra pas de kyste macroscopique. L'aspect général est celui d’une dilatation du tissu

None

lymphatique. Il y a de nombreux espaces de tailie et de forme variées, quelques uns sont lortueux et communiquent entre eux, d'autres sont ronds ou ovales. La paroi est formée d'une délicate membrane de tissu conjonctif bordée en certains endroits de cellules endothéliales, mais en d'autres places il est impossible d'identifier une bordure épithéliale. Le tissu lymphoïde touche directement la membrane dans quelques endroits. On voit, comme contenu, surtout des grands et des petits leucocytes mononucléaires avec une prépondérance des derniers, des débris de fibrine et accessoirement des leucocytes éosinophiles et neutrophiles et, çà et là, des globules rouges. [Il ÿ a quelques plages disséminées de’ cellules rondes qui semblent représenter des corpuscules de Malpighi.

La deuxième coupe intéresse des espaces plus grands qui montrent. en plus de la délicate membrane de tissu conjonctif déjà mentionnée, une bordure de tissu conjonctif qui apparaît plus épaisse que celle des espaces plus petits. La paroi de tissu conjonctif est bordée de cellules épithéliales. Le contenu correspond à de la lymphe. Quant aux cellules hématiques, elles peuvent être rattachées à des hémorragies secondaires. La taille de la tumeur, la présence de très gros kystes va contre l'hypothèse d’une origine par stase lymphatique uniquemen.

Il s'agit bien d’un kyste vrai de la rate dont il reste, d'après l’auteur, à expliquer la formation et le développement. Les kystes peuvent être considérés où comme des lymphangiomes, ou comme dérivant de l’endothélium péritonéal aberrant, où comme provenant de la rupture

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