DE LA VIEILLESSE
Il y a pour l’homme laborieux et prévoyant qui sait se priver de quelques jouissances passagères dans l’âge mûr, afin de s’assurer le nécessaire dans les temps de chômage, de maladie ou de vieillesse, il y a deux manières d’agir , l’une de déposer ses économies dans une caisse qui lui en rapporte l’intérôt, c’est ce qu’on a appelé la Caisse d épargne , instituée de notre temps; l’autre de déposer annuellement une légère somme à une caisse dite des retraites, qui reste à créer, et dans laquelle l’accumulation des intérêts doit finir par produire une rente viagère au profit des déposants les plus âgés. Le dépôt à la Caisse d’épargne , toujours exigible à volonté, peut servir à l’ouvrier pour le chômage, pour la maladie, pour se constituer maître à son tonr, pour établir sa famille, pour suffire à ses vieux jours. II a besoin d’être beaucoup plus considérable, si l’ouvrier veut parvenir à former un petit capital de quelque valeur. Le dépôt à la Caisse des retraites au contraire, moyennant un sacrifice peu considérable par an, à la condition de n’y plus penser, de n’y jamais recourir, jusqu’au jour de la vieillesse, jour où la source longtemps fermée s’ouvre