‹ Rapport sur les complications orbitaires et oculaires des sinusitesChapitre 5 sur 12 · FRÉQUENCE · texte numérisé non relu

FRÉQUENCE

Une première question se pose, les complications oculoorbitaires sont-elles fréquentes?

Certains auteurs, Karke, Frrcnkel, Martin (1), ont montré l'énorme fréquence des altérations sinusiennes sur le cadavre, bien peu avaient été reconnues sur le vivant et leurs manifestations avaient été mises sur le compte de rhumes de cerveau. Depuis quelques années cependant, l'attention des rhinologistes ayant été vivement attirée de ce côté, on s'est mis à perfectionner la technique de l'exploration sinusienne et aujourd'hui, grâce à la transillumination des cavités périorbitaires, grâce à la rhinoscopie antérieure et postérieure, aidée par la résection partielle des cornets, grâce enfin à une recherche plus exacte de tous les symptômes, on peut dire que le diagnostic des sinusites se fait assez facilement.

Si l'on ne tenait compte que de ces sinusites dûment reconnues, on pourrait dire, et l'on a dit, que c'est seulement 1 ou 2 fois sur 100 qu'elles arrivent à faire des complications orbitaires et nous sont adressées par les rhinologistes.

Mais, en pratique, les choses ne se passent pas ainsi. C'est à l'occasion d'une tuméfaction péri-orbitaire, de douleurs ou de troubles de la vue, que les malades viennent nous consulter. C'est à nous qu'il appartient bien souvent de faire le diagnostic de la cause. 11 faut donc que sans cesse notre attention soit dirigée de ce côté pour éviter des erreurs de diagnostic, singulièrement préjudiciables. Que de phlegmons orbitaires , que d'ostéopériostites que d'irido - choroïdites ou même de névrites, traitées comme syphilitiques ou tuber-

(1) Martin. Thèse Bordeaux, 1899.

culeuses, et qui étaient, en réalité, sous la dépendance d'un empyème sinusal !

Notons d'ailleurs que beaucoup de ces sinusites durent des années, pendant lesquelles l'œil, ou l'orbite, sont toujours menacés. Il serait difficile d'établir des statistiques exactes, les malades étant perdus de vue pendant de longs mois et passant alternativement du rhinologiste à l'oculiste : je serais cependant tenté d'admettre que sur 100 sinusiens, une vingtaine, au moins, présenteront à un moment donné l'une des complications que nous allons décrire.

Quantàla proportion descas observés, par rapportauxautres maladies des yeux, elle est sujette à varier singulièrement suivant les ophtalmologistes et suivant les milieux dans lesquels ils recrutent leurs malades. Si je m'en rapporte à la statistique de mon service d'hôpital, dans ces dernières années,je note un cas de sinusite compliquée sur SOOmalades examinés, mais, encore une fois, ces chiffres n'ont qu'une valeur très relative.

Ce qu'il est plus important de savoir c'est que toute complication oculo-orbitaire d'une sinusite a un pronostic sérieux, qu'elle peut être le point de départ de lésions entraînant la perte de la vision, que, par l'orbite, l'infection peut se propager à l'encéphale et entraîner des méningo-encéphalites rapidement mortelles. A tous ces titres, ces manifestations méritent une étude approfondie de la part des ophtalmologistes.

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