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CHAPITRE III

HYGilÈNE GÉNÉRALE.

L'hygiène générale comprend l'ensemble des applications de l'hygiène rapportées à un objet déterminé; elle se divise en hygiène publique et sociale et eu liygiène individuelle.

L'hygiène publique et sociale embrasse toutes les questions hygiéniques se rapportant aux endémies, aux épidémies, à l'acclimatement, à la colonisation, à l'hygiène des villes, des hôpitaux, des maisons d'éducation, des prisons, etc., des professions diverses, etc.

L'Iiygiène générale individuelle pose les règles de conduite les mieux appropriées pour conserver, fortifier ou rétablir la santé dans les différentes conditions d'âge, de sexe, d'imminences morbides, de maladies, etc. On voit combien est grand le cadre que l'hygiène générale embrasse . Nous ne pouvons qu'indiquer les traits principaux des progrès réalisés depuis vingt ans.

Endémies. — Les efforts les plus heureux ont été faits, non-seulement pour connaître les causes des endémies, mais aussi pour les combattre. Nous ne rappellerons ici que les trois plus remarquables : scorbut, goitre et crétinisme, endémies paludéennes. Nous avons exposé, aux articles des eaux potables, de la chaleur et des marais, les progrès réalisés se rapportant à ces trois endémies.

Epidémies. — On désigne sous ce nom les maladies les plus diverses, attaquant un grand nombre d'individus; elles naissent et se propagent le plus souvent sous la double influence de la misère et de l'encombrement. Nous ne devons nous occuper ici que des épidémies des maladies contagieuses, au double point de vue de l'étiologie et de la prophylaxie, et, par conséquent, de l'hygiène.

Maladies contagieuses. — L'histoire des maladies contagieuses a une importance considérable : en hygiène privée, elle éclaire toutes les questions de préservation; en hygiène public|ue, elle forme la base scientifique de tout ce qui a trait aux lazarets et aux quarantaines. Au point de vue étiologique , les maladies contagieuses se divisent en parasitaires, virulentes et miasmatiques.

Maladies contagieuses parasitaires. — Les découvertes qui se rapportent aux mucédinées parasites qui s'attaquent au corps de l'homme dominent aujourd'hui l'hygiène des maladies de la peau, les plus rebelles et les plus graves.

Les transformations, les migrations des parasites animaux, vei's intestinaux, trichines, etc. sont aujourd'hui bien connues, et l'hygiène qui a pour but de prévenir ces alTections s'appuie sur des bases rationnelles.

Maladies virulentes; virus. — Les découvertes modernes ont prouvé que les virus se rapprochaient des ferments du second ordre par des caractères de la plus haute importance. Disons, pour l'intelligence de ce qui va suivre, que les fermentations du premier ordre sont déterminées par l'influence d'êtres microscopiques organisés et vivants; que les fermentations du second ordre ont pour moteurs des produits qui ne sont pas sous l'influence de l'activité vitale, mais dont la production le plus souvent est liée à une fonction active d'un individu vivant. Les virus sont des produits qui ne sont pas sous l'influence de l'activité vitale, mais ils se forment par une évolution pathologique chez un individu vivant; ils appartiendraient donc aux ferments du second ordre.

Comme les ferments du second ordre, en dehors de leurs manifestations caractéristiques, ils paraissent dénués de toute propriété active, et cependant ils montrent leur puissance en exerçant des modifications considérables eu égard à leur quantité.

Les virus s'éloignent des ferments du second ordre par des pro-

priétés qu'on regarderait comme merveilleuses, si l'on n'en constatait pas la réalité par des observations concordantes sans cesse renouvelées.

Les ferments du second ordre s'épuisent far leur activité. Les virus se reproduisent avec des caractères, le |)lus souvent identiques, en déterminant leurs manifestations caractéristiques chez des individus sains.

Mais ce n'est pas là le côté le plus propre à confondre notre intelligence. Quoi de plus extraordinaire que cette préservation s'étendant à plusieurs années et quelquefois à toute une vie, par suite d'une première action d'un virus! Ce n'est point, il est vrai, un caractère commun à tous, mais c|ui, pour presque tous, existe à des degrés divers. Le mot virus vient du latin virus, qui signifie poison, humeur, produits chez l'homme et chez les animaux par une maladie; il reproduit, cjuand il est reçu et élaboré par l'organisme vivant, une maladie semblable à celle qui lui a donné naissance. On n'a pu le séparer de la lymphe ou d'autres liquides animaux avec lesquels il est mêlé et où il existe à l'état liquide, car jusqu'ici le microscope ne nous a fait découvrir dans le virus aucun être vivant, aucune cellule caractéristique. C'est bien là le grand caractère qui rapproche les virus des ferments du second ordre. Quoique les expériences ne soient pas encore sulfisantes pour décider toutes les questions qui s'y rapportent, on peut dire que les poisons qui ne détruisent pas l'action des ferments du second ordre ne détruisent pas non plus l'action des virus.

On n'a pas besoin de dire que le virus ne manifeste son activité que lorsqu'il est transmis par voie de contagion immédiate, c'est-àdire lorsqu'il est mis en contact avec la peau dénudée ou avec les uiuqueuses.

Voici l'énuméralion et la classification des principales maladies virulentes :

l" Genre. — Aftections virulentes qui se sont développées pri-

mitivement, soit chez l'homme, soit chez des animaux qui les ont transmises à l'homme, mais qui, depuis leur première génération, ne se reproduisent plus que par contagion : i° syphilis^; 2° variole; 3° rougeole; k° scarlatine.

2' Genre. — Affections virulentes qui se sont développées primitivement chez l'homme et qui paraissent encore se produire spontanément; dans l'un et l'autre cas elles se transmettent par inoculation : 1° fièvre charbonneuse; 2° pourriture d'hôpital; 3° infection purulente ( fièvre septicémique ) ; variétés a, certaines formes de fièvre puerpérale; b, certaines piqûres anatomiques '-; [\° tuberculisation.

La phthisie pulmonaire naît sous l'influence de la continuité de la misère physiologique, mais elle peut se transmettre par inoculation à certains animaux.

3^ Genre. — Affections virulentes développées primitivement chez les animaux, transmissibles à l'homme par inoculation : 1° vaccine; 2°rage^; 3° morve: a, aiguë; b, chronique; /i°farcin : a, aigu; b, chronique; 5° pustule maligne*. D'après des recherches nouvelles, cette dernière maladie ainsi que les fièvres charbonneuses se-

' Diday, Transmission de la syphilis chez les ouvriers sonjjlenrs en verre. {Ann. d'hygiène ja nvier 1 8 6 3 . )

' Les virus qui déterminent la pourriture d'hôpital, les différentes formes de l'infection purulente, par suite d'opérations, de piqûres anatomiques, de fièvres puerpérales , ainsi que les affections charbonneuses, ne devraient-ils pas être rangés parmi les ferments du premier ordre? Il existe dans ces virus des cellules caractéristiques, puis les poisons qui détruisent la vitalité des êtres inférieurs, sels de mercure, acide phénique, parais-

sent déiruire l'action spécifique de ces virus.

Max. Vernois, Etude sur la prophylaxie administrative de la rage. (Annales d'hygiène, janvier i863.) — Boudin, Nombre des victimes de la rage en France. (Annales d'hygiène, janvier i864.) — Boidey, Rapport sur la rage. (Bulletin de l'Académie de médecine , 9 et c) juin i863.)

* Beaugrand, Recherches historiques et statistiques sur les maladies des ouvriers qui préparent les peaux. (Annal, d'hygiène, octobre 1862.)

raient déterminées par des parasites vivants (bactéries); elles devraient alors être rapprochées des fermentations du premier ordre.

Genre. — Maladies nées chez les animaux et transmissibles jusqu'ici par inoculation chez les animaux seulement : i^péripneumonie contagieuse du gros bétail; 2° typhus contagieux; 3° piétain; h° claveau; 5" maladie des poules^, etc.

On a conclu que ces maladies , inoculables aux animaux , ne se transmettaient pas à l'homme, de ces faits, que des expérimentateurs qui se sont blessés en pratiquant des autopsies des animaux morts de ces maladies, sans avoir pris aucune précaution, n'en ont éprouvé aucun effet appréciable.

C'est peut-être conclure un peu vite. Sans doute l'inoculation est possible chez les animaux avec des liquides qui ne manifesLent aucune action sur l'homme. Mais si l'on inocidait le virus accumulé dans les parties du corps, non encore déterminées, où il se produit, le résultat serait-il toujours négatif?

Ce sujet de recherches est très-digne d'intérêt à un double point de vue : le premier, de prévenir un danger; le second, qui est beaucoup plus important, de trouver des liquides dont l'inoculation pourrait rendre des services du même ordre que ceux de la vaccine. L'analogie du typhus contagieux du gros bétail avec notre fièvre typhoïde, de la maladie des poules avec le choléra, de la péripneumonie exsudative avec les affections crou])ales, mérite de fixer l'attention. Il est évident que la première chose à faire serait de s'assurer, par une série d'inoculations pratiquées sur les animaux, si la maladie ainsi communiquée est plus bénigne que celle transmise par l'air, comme cela s'observe pour la variole, la péripneumonie exsudative et d'autres affections. Il serait indispensable,

' Qiieiques-uns de ces vii-us ne contiendraient-ils pas aussi des ferments du premier genre, c'est-à-dire des cellules

organisées et vivantes auxquelles ils doivent leur spe'cifîcité d'action ? C'est ù l'observation à prononcer.

avant de rien tenter sur l'homme, d'être arrivé sur les animaux à une bénignité absolue de la maladie transmise.

Miasmes spécifiques. — On donne ce nom aux particules matérielles qui, enlevées d'un individu malade et transmises par l'air à un individu sain, peuvent lui communiquer une allection semblable à celle dont le malade d'où émanent ces particules était affecté.

Ce mode de transmission ne répugne d'aucune manière à la raison; il suffit pour s'en convaincre de remarquer les innombrables poussières qui voltigent dans l'air en apparence le plus pur; de voir que l'épiderme d'un homme sain, en s'exfoliant, peut répandj'e dans l'air des particules d'une grande ténuité; que la vapeur d'eau qui s'exhale continuellement de nos poumons en- Iraîne des matières organiques; et, d'autre part, quk chaque inspiration, on introduit dans les poumons une masse d'air qui peut contenir des particules spécifiques.

L'existence de particules matérielles excrétées par un malade, absorbées par un individu sain auquel elles communiquent la même maladie qu'a celui dont elles émanent, ne saurait être niée. C'est une action si complètement analogue à celle des virus, que se refuser à croire à l'identité des causes, c'est pour ainsi dire nier f évidence. Le virus est sous forme liquide, le miasme spécific{ue sous l'orme de poussière ténue, que l'air transporte. Il n'est pas besoin d'invoquer la chimie pour nous donner les moyens de distinguer ces matières. Le véritable réactif, c'est le corps de fhomme; les manifestations de la maladie spécifique, voilà les réactions flont le médecin a constaté tous les détails avec une merveilleuse minutie.

L'étude des virus a jeté et jettera la lumière la plus vive sur l'étude des miasmes spécifiques.

Sans doute bien des problèmes de détail restent encore à résoudre. 11 faudra savoir pour chaque maladie quelle est la partie du corps qui produit le virus qui, desséché ou entraîné par la va-

peur d'eau, constitue le miasme spécifique; mais ce sont des questions secondaires.

Les miasmes spécifiques se distinguent des effluves des marais par deux caractères importants, quoiqu'ils se rapprochent comme eux des ferments du second ordre.

La production des effluves des marais est un phénomène physiologique, celle des miasmes spécifiques est un phénomène pathologique.

Les individus tombés malades par suite d'inhalation de miasmes spécifîc[ues deviennent à leur tour une cause de communication morbifique, tandis que les effets morbides des marais ne se propagent pas de l'individu qui les éprouvent à d'autres individus sains. Les différences pathologiques sont capitales et séparent radicalement les effluves palustres des miasmes spécifiques.

Il est des maladies, comme la variole, la scarlatine, la rougeole, etc. qui se transmettent à la fois par l'air et ])ar l'inoculation. Gomment se refuser à admettre que c'est le même virus qui se trouve dans le liquide que vous inoculez à l'aide du liquide que vous prenez dans la pustule variolique, ou des particules que l'air enlève à cette pustule, par suite de sa dessiccation spontanée, et qui sont absorbées ])ar le poumon? La différence dans l'intensité de la maladie produite pai- l'inoculation et par inhalation pulmonaire peut s'expliquer soit par la différence du mode d'absorption, soit encore par une modification dans le virus.

Il est un caractère qui unit entre elles plusieurs maladies virulentes aux maladies miasmatiques, c'est celui de détruire, soit pour un temps, soit pour toujours, dans l'individu qui a ressenti les effets d'un virus ou d'un miasme spécifique, l'aptitude à en être affecté de nouveau. Concluons donc : le miasme spécifique, c'est un virus desséché sous forme de poussière, transmis far Vair au lieu d'être transuiis par l'aiguille à inoculation.

La résistance à l'action du virus transmis par l'air (miasme spécifique) est plus générale que la résistance à l'action du virus

transmis par inoculation. Cela se comprend sans peine par le fait des quantités infiniment petites des miasmes spécifiques inhalés. Un grand nombre d'individus peuvent échapper à une action déterminée par un ferment dont les proportions sont insuffisantes pour manifester leur action spécifique. L'action des foyers épidémiques intenses dans lesquels les forts succombent trouvent ainsi leur explication la plus naturelle.

Certains virus, comme le syphilitique, ne se transmettent que par inoculation. On peut dire : ou ces virus, en se desséchant, perdent leur propriété, ou dans leur évolution ils ne se transforment pas en poussière que l'air entraîne.

On s'évertuera inutilement à chercher la cause déterminante ordinaire du choléra, de la fièvre jaune, de la fièvre typhoïde, du typhus feher, etc. par une raison bien simple, c'est que cette cause est connue, comme celle de la variole, de la scarlatine, de la rougeole, au moins dans ce c[u'elle a d'essentiel. Distinguer spécifiquement ces ferments, autrement que par leurs effets, paraît être d'une difficulté insurmontable.

ÉNUMÉRATION ET CLASSIFICATION DES PRINCIPALES MALADIES À MIASMES SPÉCIFIQUES.

1" Genre. — Maladies à miasmes spécifiques avec manifestation caractéristique du côté de h peau. — La variole, la rougeole, la scarlatine; elles se transmettent également par inoculation. L'érysipèle contagieux se transmet par un miasme spécifique, dont la genèse paraît liée à celle de ïinfection purulente, qu'il faut peut-être aussi ranger parmi les maladies à miasme spécifique, de même que la pourriture d'hôpital, Vophthalmie purulente , la fèvre puerpérale. (Voyez la remarque qui suit l'indication des affections diphthéritiques , remarque qui peut s'appliquer à l'infection purulente et à la pourriture d'hôpital.)

La grease du cheval , le cowpox de la vache , transmissibles

presque toujours par inoculation, peuvent également, mais dans des conditions exceptionnelles, se transmettre à ces animaux par miasme spécifique.

5^ Genre. — Maladies à miasmes spécifiques avec manifestation du côté de T appareil respiratoire. — Coqueluche, grippe; péripneumonie exsudative du gros bétail (se transmet aussi par inoculation du suc du poumon, Willems). A cette maladie du gros bétail il faut réunir les afTections diplitliéritiques. Le croup et les atTections diplithéritiques peuvent se transmettre, soit par l'intermédiaire de l'air, soit peut-être directement par inoculation. On n'ose affirmer c|ue l'agent spécifique des affections diplithéritiques n'appartient pas aux ferments du premier ordre.

Une première atteinte du mal est-elle une condition de préservation pour la diphthérite? De nouvelles études sont nécessaires pour décider cette question.

S'^ Genre. — Affection miasmatique avec manifestation du côté du gros intestin. — Dyssenterie contagieuse. Les foyers s'éteignent. Les conditions c[ui paraissent, à des degrés divei's, favorables à la formation de foyers primitifs sont l'encombrement, les privations, la putréfaction des matières fécales, les effluves des marais, la température élevée, les brusques variations de température. Les matières fécales des dyssentériques paraissent contenir le ferment spécifique.

Genre. — Maladies pestilentielles et typliiques. i° Peste d'Orient. — Les foyers primitifs se forment sous les influences de la misère, de l'encombrement, d'eflïuves des marais spéciales; ils s'éteignent.

9° Typhus feber, — Les foyers primitifs naissent sous la double influence de la famine ou de la misère physiologique poussée jusqu'à l'exténuation, et de l'encombrement; ils s'éteignent.

3° Fièvre jaune. — Les foyers primitifs se forment par suite de

9/i RAPPORT SUR LES PROGRÈS

i encombrement, de la misère et cl'intluences palustres locales; ils s'éteignent.

fi° Fièvre typhoïde. — Maladie à miasme spécifique difTus et permanent dans nos grandes villes des pays tempérés. Nous n'osons affirmer que de nouveaux foyers se forment spontanément de nos jours, et encore moins dire sous quelles influences ils se produisent. Si de nouveaux foyers ne se forment pas, la fièvre typhoïde se rapprocherait de la variole, delà scarlatine et de la rougeole, par ce caractère étiologique.

5° Typhus covlagienx des animanx. — Naît chez une race spéciale de bœufs, sous l'influence de f encombrement, de privations, d'effluves palustres; se transmet, par miasme spécifique et par inoculation, à d'autres races et à d'autres animaux.

6° Choléra. — Les foyers primitifs se forment par suite de l'encombrement, de la misère et d'influences palustres locales; ils s'éteignent. Les matières fécales des cholériques paraissent contenir ou engendrer, comme pour la dyssenterie contagieuse, le ferment spécifique.

Nous terminons ici cette énumération, que la difficulté et l'étendue du sujet nous ont forcé à laisser incomplète.

Certes, il n'est pas en médecine de questions plus befles; elles nous intéressent tous par le nombre de victimes que ces graves affections moissonnent; elles intéressent surtout le médecin qui doit diriger la santé de grandes réunions d'hommes.

La distinction des maladies dont les foyers primitifs s'éteignent (peste d'Orient, typhus f cher, typhus des animaux, fièvre jaune, choléra, dyssenterie) des maladies à foyers difl"us et permanents (variole, rougeole, scarlatine, fièvre typhoïde) est capitale en hygiène publique.

La réunion dans un même groupe des afi'ectioiis dont une première atteinte préserve relativement d'une seconde sera féconde en résultats pratiques. Si toutes ces maladies n'ont pas été transmises par inoculation quand elles sont transmises par l'air, c'est qu'on n'a

pas jusqu'ici reconnu et inoculé le licjuide spécifique ou virus; avec des recherches suivies et bien dirigées, on doit y arriver.

Si l'on veut bien réfléchir cjue jusqu'ici ces maladies, transmises par inoculation, sont infiniment moins redoutables que lorsc[ue le ferment ariive par l'intermédiaire de fair, on aperçoit une voie féconde ouverte à la prophylaxie. Les inoculations, suivies de si beaux résultats dans les cas de péripneumonie contagieuse du gros bétail , du typhus des animaux, sont bien faites pour frapper l'attention. L'étude comparative des ferments, des venins, des effluves, des virus et des miasmes spécifiques conduira la propliylaxie dans une voie plus assurée.

On n'aura plus recours, pour combattre les miasmes spécifiques, à des antiseptiques qui n'exercent aucune action sur les ferments de cet ordre.

Pour les maladies déterniinées directement ou indirectement par des ferments organisés et vivants, on saura c[u elles sont les substances les plus convenables pour détruire leur vitalité sans exercer d'action nuisible sur f homme ^

' Nous allons nous contenler de choisir pour ceUe citation finale les plus importants parmi les innombrables ouvrages, mémoires et documents qui ont paru depuis vingt ans sur les difl'érenles épidémies :

Prus, Rapport à l'Académie de incdecine sur la peste et les quarantaines , accompagné de pièces et documents, et suivi de la Discussion dans le sein de l'Académie, Paris, 18/16, in-8°. — Instructions pour les médecins sanitaires envoyés en Orient. [Bullet. de l'Acad. de méd. t. Xlil, p. 923 ; 18/17.) — Convention sanitaire conclue entre la France, la Sardaigne , l'Autriche, l'Angleterre , etc. promulguée le 27 mai i853. — Anglada, Traité de la contagion, VavK . i853, a vol.

in -8°. [Mémoires de l'Académie de médecine.) Chaque volume contient un Rapport annuel sur les épidémies qui ont régné en France. — Briquet, Rapport h l'Acad. de médecine sur le choléra 1866-186'] ; travail considérable, encore inédit. — Bouchardat, Des poisons, des venins, des ejjluves , des virus , des miasmes spécijiques dans leurs rapports avec les ferments. (Paris, Annuaire de thérapeutique \)0uv i850, p. 299.) — Documents statistiques et administratifs concernant l'épidémie de choléra de 180Ù, comparée aux précédentes épidémies cholériques qui ont sévi en France, pubhés par ordre de Son Exc. le Ministre de l'agriculture, Paris, in-fol. Impr. imp, 18G2. — Sur la marche du choléra à Paris en i855 et i856. ( Bulletin muuici-

Le décret du 27 mai 1 853 portant promulgation de ta convention sanitaire internationale comprend les applications les plus pratic|ues des principes généraux c[ue nous venons de poser; ce décret formera à l'avenir la base du régime sanitaire des nations civilisées. Les études de la nouvelle convention sanitaire c[ui s'est assemblée à Constantinople pour étudier les conditions d'origine et de propagation du choléra n'ont fait que confirmer ces principes ^

Il y a vingt-cinq ans, quand les anticontagionistes proposaient l'abandon d'une foule de mesures coercitives gênantes, dispendieuses, nuisibles, on se défiait d'eux; aujourd'lmi ce sont les contagionistes éclairés qui réclament l'examen rigoureux des faits et qui ne veulent conserver des mesures sanitaires que ce qui est vraiment utile.

Hygiène des villes-, des théâtres^, des prisons, des hôpitaux. — Les grandes questions qui se rapportent à l'iiygiène des hôpitaux ont été, depuis dix ans surtout, agitées dans les assemblées des corps savants et dans plusieurs publications spéciales. Les conditions dans lesquelles l'encombrement nosocomial est nuisible ont été précisées avec soin.

Il est aujourd'hui bien démontré qu'il y a un grand inconvénient à émettre des propositions générales qui ne peuvent être rigoureu-

pal, i856.) — Mëlier, Relation de la Jîèvre jaune survenue à Saint-N azaire en 1861. [Mémoires de l'Acad. de médecine pour i863.)

' Rapport à la Conférence sanitaire internationale sur les mesures à prendre en Orient pour prévenir les nouvelles invasions de choléra en Europe, par une commission dont iM. A. Fauvel était rapporteur. {Gaz. méd. d'Orient, mars 1867, Constantinople.)— Décret impérial du q3 juin

sanctionnant les mesures proposées dans ce rapport. [Annales d'hyg. octobre 1866.)

^ Rapports généraux de la commission des logements insalubres de la Seine, par MM. Trébuchet et Robinet. — Houzé et Berlheié, Logements d'ouvriers. [Ann. de la Société de Lille, i863. — Tlièses de Strasbourg. )

' Hygiène des théâtres, par A. Tripier. [Ann. d'hygiène publique , jaillel 186/1.)

sèment prouvées, mais qu'il est indispensable d'aborder les questions dans tous leurs détails, en invoquant, non le raisonnement, qui peut conduire aux solutions les plus erronées, mais l'observation rigoureuse des faits, qui ne trompe pas, et la statistique, s'appuyant sur un grand nombre de faits conformes. C'est en suivant cette méthode qu'on a prouvé c[ue si, pour beaucoup de maladies, les pneumonies, les rhumatismes articulaires aigus, etc. l'encombrement nosocomial n'a cjue très -peu d'inconvénients, il faut être plus circonspect lorsqu'il s'agit de maladies miasmatiques, et que, pour les entants, les nouvelles accouchées, les opérés, cet encombrement présente des dangers sérieux. Les remèdes de l'encombrement nosocomial, les désinfectants, la ventilation, ont été l'objet de nombreux travaux, mais il est aujourd'hui rigoureusement établi c[ue le plus eilicace de tous est la dispersion^.

' Parmi ies documents très-nombreux publiés sur les liôpitaiu, nous allons mentionner les plus importants et ceux qui nous sont le plus familiers :

Compte moral de l'administration de l'assistance publique de Paris. (Chaque anne'e, il est publie' un vol. m-k° avec de nombreux tableaux.) — Elude sur les hôpitaux, par Armand Husson, in-h" de 606 pages avec figures, Paris, 1869. — Legoyt, Statistique des établissements d'aliénés, Strasbourg, i864, 2 vol. in-lt". — Bouchardat , Organisation des secours pour soigner les malades pauvres à domicile.

{Répert. de pharm. t. IV, p. 3i5.) — Notice sur les hôpitaux de Paris, forniul. magistral, p. 18. — Encombrement nosocomial, ses maux et ses remèdes; trois leçons à la faculté de Paris. — Morin , Chauffage et ventilation des hôpitaux ; au nom du comité consultatif d'hygiène. (5m/letin du ministère de l'intérieur, ]865.) — Malgaigne, Mortalité des femmes en Hygiène.

couches dans les hôpitaux; au nom du comité consultatif d'hygiène. {Bulletin du ministère de l'intérieur, 186/1.) — J. Lefort. Maternités, Paris, in-/i°, i865. — J. S. Empis, De la statistique du service d'accouchements à l'hôpital de la Pitié, Paris, 1867, in-8°. — G. Lauth, Études sur les Maternités. {Annales d'hyg. 1866.) — Tarnier, Hygiène des hôpit. de femmes en couches, Paris, i8()/i, in-8°. — Hervieux. Epidémies puerpérales. {Gaz. inéd. i865.) — U. Tréiat, Maladies puerpérales dans les Maternités. {Annales d'hyg. 1867.) — Blondel et Ser, Hospices de Londres, in-4", 1862. — Vernois, Hôpital de Copenhague. {Annal, d'hyg. 1866.) — Sarrazin, Sur les hôpitaux de Londres.

{Ann. d'hyg. janvier 1866.) — Cachet, L'hôpital et la famille dans les villes secondaires, in-8°, Issoudun. — Tardieu, Rapport au conseil municipal sur le nouvel Hôtel-Dieu. {Ann. d'hyg. juillet 1860.) — Pain, Divers modes d'assistance appliqués

Acclimatement, — Les questions si complexes qui ont trait à l'acclimatement et à la colonisation des contrées lointaines ou malsaines ont été abordées dans une foule de publications et souvent résolues avecbonbeur^

Établissements classés. — L'bygiènepublique a dû se préoccuper des établissements industriels au point de vue de leur nocuité. Cette prévoyance est d'autant plus légitime que l'esprit d'innovation, s'appuyant sur les progrès incessants des sciences appliquées, se dirige surtout vers la production d'objets nouveaux ou économiques et d'une vente facile, en négligeant souvent les influences nuisibles exercées sur les ouvriers ou sur le voisinage par les procédés primitivement mis en usage ou continuellement modifiés.

Les bases de la réglementation ont d'abord été fixées par un décret du i5 octobre 1810, puis par une ordonnance royale du

1 h janvier 1 8 1 5 , modifiée par le décret de décentralisation du

2 5 mars 1862.

Cette réglementation a pour but de sauvegarder les intérêts du voisinage sans exposer les industriels à ce qu'il y aurait de trop incertain, de trop timoré, sans motif sérieux dans faction de f administration locale.

aux aliénés. {Ann.d'hjjg.i8&5.) — Antony paijs chauds, Paris, i86i. — Ostvei, De Rouillet, Rapport sur les hôpitaux de l'acclimatement aux Antilles. {Ann. d'iiyg. Gênes, de Turin et de Milan, ?aris, 186/1, avril 1867.) — Pietra-Santa , Essai de gr. in-8°. — Miss Nightingale, Des soins climatologie , 1 vol. in-8% Paris, 1869. à donner aux malades, Paris, 1862, — Legoyt, Emigration européenne, ses in-18. principes, ses causes, ses effets, avec un

' Bonàin , Géographie médicale , Paris, Appendice sur l'émigration africaine, hiniSSy, 2 vol, — Martin et Foley, Algérie doue et chinoise, Paris, 1861 , in-8°. — au point de vue du peuplement, Paris, Rondin, De l'émigration au point de vue i85i, in-8°. — Vital, Propagation et per- de l'hi/giène publique. {Ann. d' hi/g. iuiilel pétuité de la race européenne en Algérie. i863.) — Essai de pathologie ethnique. {Gazette méd. de Paris , 1882, p. 679, {Ann. d'hygiène, 1861-1863.) — Re- 701.) — Haspel. Maladies de l'Algérie, cherches sur l'acclimatement des diverses Paris, i85o-i852 , 2 vol. in-S". — Du- races humaines sur divers points du globe. Irouleau, Maladies de^ Européens dans les {Annal, d'hygiène, avril 1860.)

Des décrets délibérés en Conseil d'État arrêtent la nomenclature des ateliers réputés insalubres, dangereux ou incommodes, qui ne peuvent à ce titre s'établir sans une autorisation administrative, et cette autorisation indique le plus souvent, avec tous les détails convenables, les conditions qui sont jugées nécessaires par les conseils d'hygiène et de salubrité des départements pour ])révenir les causes d'insalubrité ou d'incommodité.

Les établissements sont divisés en trois classes. La première se compose de ceux dont les inconvénients sont assez graves pour qu'ils doivent être indispensablement éloignés des habitations. La permission, en ce qui les concerne, ne pouvait d'abord être accordée que par décret rendu en Conseil d'Etat, mais elle est, depuis 1 852, dans les attributions des préfets, qui prononcent sur les demandes, après apposition d'affiches pendant un mois, dans un rayon de cinq kilomètres, enquête de commodo et incommodo, avis du conseil d'hygiène et de salubrité du département, et, s'il y a opposition, avis du conseil de préfecture.

Quant aux fabriques rangées dans la deuxième et la troisième classe, elles sont autorisées : les premières, parles préfets, sans l'obligation des affiches, mais après enquête; et les dernières, parles souspréfets, sans nécessité d'affiches ni d'enquête. A Paris, les autorisations sont données par le préfet de police , après enquête et avis du conseil d'hygiène publique et de salubrité. Les voisins, si dans leur pensée la salubrité de leurs habitations est compromise, peuvent attaquer par voie contentieuse les décisions intervenues, et agir devant les tribunaux ordinaires en donmiages-intérêts. Ainsi tous les intérêts se trouvent sauvegardés, ceux des industriels, qui obtiennent les autorisations après l'examen d'hommes compétents et désintéressés, ceux des propriétaires voisins, dont tous les droits sont réservés.

Les tableaux annexés aux décrets du 1 5 octobre 1 8 1 o et à l'ordonnance du 1 4 janvier 1 8 1 5 contenaient une nomenclature des établissements répartis dans les trois classes. Depuis lors, des or-

donnances royales ou des décrets y ont ajouté beaucoup d'autres industries, et plusieurs tableaux complémentaires ont été successivement publiés. Enfin des décisions ministérielles ou préfectorales, rendues sur l'avis du comité des arts et manufactures, ont opéré pour les industries nouvelles un assez grand nombre de classements provisoires, d'autant plus nécessaires qu'un grand nombre d'industries ont traversé une véritable période de transformation.

En présence des progrès accomplis dans les sciences appliquées à l'industrie, un décret en date du 3i décembre 1866, après un examen approfondi, par le comité supérieur d'hygiène, des conditions hygiéniques de toutes les industries , a consacré une nouvelle classification. Un grand nombre de fabriques ont pu sans danger être descendues de classe ou même être dispensées d'autorisation.

La réunion en un seul tableau de tous les classements en rend la connaissance plus facile aux intéressés.

La nomenclature des établissements insalubres, dangereux ou incommodes annexée au décret du3i décembre 1866 comprend trois colonnes : la désignation des industries, leurs inconvénients principaux et leur classification. Cette nomenclature est si étendue et les prescriptions hygiéniques nouvelles qui se rapportent à ces établissements sont tellement multipliées, qu'il faudrait un ouvrage considérable pour en exposer le sommaire : aussi n'essayerons-nous pas de le faire ici; nous renverrons aux ouvrages spéciaux publiés depuis peu ^

L'hygiène, dans notre temps, est une science aussi mobile et aussi progressive que tous les arts utiles qui reçoivent des perfec-

' Rapports des conseils d'hygiène du Paris, 1862-1868, 4 vol. in-8°. — Cli.de

département de la Seine , cités précédeni- Freycinet , Rapport sur l'assainissement

ment. — Vernois , TraîVe pratique cl'hy- industriel et municipal dans la Relgicjue et

giène industrielle et administrative, etc. la Prusse rhénane, Paris, 1866. — As-

Paris, 1860, 2 vol. in -8°; et surtout sainissement des fabriques en Angleterre.

Dictiomiaire d'hygiène publique et de salu- (Ann. d'hyg. 2° série, t. XXII et XXIII,

brité, etc. par Ambr. Tardieu, q* édit. janvier i865.)

DE L'HYGIENE. 101 tioiinements journaliers. Ce progrès merveilleux cle l'industrie crée de nouvelles conditions hygiéniques qui peuvent être bonnes et mauvaises.

Combien de questions hygiéniques nouvelles -n'a pas fait naître l'établissement des chemins de fer M La vivacité de l'air, la réverbération des fourneaux, les mouvements spéciaux, ont créé l'hygiène spéciale des chauffeurs et des mécaniciens des voies ferrées.

Pour maintenir les fds du télégraphe électrique on emploie des crochets émaillés ; dans la fabrication de l'émail intervient le cristal à base de silicate de plomb; les ouvriers qui l'insufllent sur les pièces sont atteints d'accidents saturnins, surtout lorsqu'ils abusent des alcooliques.

Les brillants verres mousseline n'étaient obtenus qu'en déterminant chez les ouvriers qui les fabriquaient cette même intoxication plombique.

Parmi les arts qui ont été heureusement modifiés par les progrès de la science, nous citerons la dorure sur métaux, qui, grâce aux belles inventions de Ruolz et Elkington, n'expose plus les ouvriers aux accidents mercuriels. Citons encore la substitution du blanc de zinc au blanc de plomb , l'utilisation du gluten des amidonneries, etc.

Parmi les arts nouveaux qui ont fait naître pour les ouvriers des conditions hygiéniques mauvaises, mentionnons la fabrication des allumettes chimic|ues, qui expose les ouvriers à la carie des mâchoires, et tous à l'empoisonnement, à l'incendie. La découverte du phosphore rouge, l'emploi des allumettes sans phosphore, permettent d'éviter ces dangers. La dissolution du caoutchouc dans le sulfure de carbone produit chez quelques ouvriers une paralysie passagère et l'impuissance.

' Duchesne , Hygiène des chemins de fer, Paris , in-i 8. — Devilliers , Bisson , Martinet, De la santé des ouvriers employés

dans les chemins de fer, Paris, 1862. — Oulmont , Stir la santé des ouvriers employés dans les chemins de fer, Paris . 1861.

Tout concourt donc à nous prouver, non-seulement l'utilité des connaissances précises en ce qui se rapporte à l'hygiène, mais encore l'extrême mobilité de ces connaissances. (Voyez pages 29 et suivantes.)

L'hygiène du mariage ^ a été l'occasion de plusieurs dissertations contenant des résultats statistiques intéressants , qui tendent à démontrer que l'état de mariage est le plus favorable à la durée de la vie, et que la polygamie est un fléau qui a flétri chaque coin de la terre qu'elle a touché. La durée moyenne des mariages est en France de 2 6*°',6. C'est le pays d'Europe oiî elle est la plus élevée. Les conditions d'âge du mariage sont réglées avec la plus grande sagesse par le Code Napoléon.

L'hygiène de l'enfance a, dans ces dernières années, à bien des des réprises, attiré l'attention d'observateurs distingués. Des études statistiques suivies avec persévérance ont prouvé que la mortalité des enfants envoyés en nourrice était, dans quelques conditions, excessive. Montrer le gouff"re où des générations s'engloutissent à leur berceau c'est le meilleur moyen pour l'éviter ^.

L'hygiène de la vieillesse a été éclairée par des études pathologiques du plus haut intérêt, qui nous ont dévoilé les principales

' Ed. Reich, La vie conjugale, son histoire, sa nature, son hygiène, Cassel, in-S", i864. {Ann. cVhyg. juillet 186/1.)

' Enfants assistés. Enquête générale ouverte en 1860 dans les 86 départements de l'Empire, Rapport de la commission instituée en 1861, Paris, Imprimerie impér.

in -4°, 1869. — Bouchut, Hygiène de la première enfance, in-18, i8Gs!. — Mortalité des enfants nouveau- nés , discussion à l'Académie de médecine, MM. Monod, Brochard, Husson. Boiidel, Devilliers.

Lecadre, Piorry, Devergie, Blot, Guérin, etc. [Ballet, de l'Acad. impér. de méd. 1866-1867,1. XXXI et XXXII. ) — G. Dumesnii, Industrie des nourrices, mortalité des nourrissons, Paris, 1867, in-8°. — Les jeunes détenus à la Roquette et dans les colonies agricoles, hygiène, moralisation , mortalité. (Annales d'hygiène, avril 1866.) — Demarquette, L'hygiène dans ses rapports avec l'instruction primaire. Douai, i863, 111-8°. — Lyon, Hygiène des écoles. [Ann. d'hyg. avril i865.)

causes do mort naturelie ou accidentelle qui s'observent le plus communément aux dernières limites de la vie ^

Hygiène des maladies et des imminences morbides. — Cette partie de la science, dont l'importance est cliaque jour mieux appréciée, a pour but de régler l'emploi des modificateurs hygiéniques dans le traitement des maladies, de manière à conduire le plus promptement et le plus sûrement possible au rétablissement de la santé. Cette bonne direction a constitué l'incomparable mérite de la tliérapeutique des médecins grecs. Leurs médicaments étaient d'une si grande innocuité qu'ils pouvaient passer pour des modificateurs hygiéniques.

La thérapeutique hygiénique ne fait qu'entrer dans sa phase scientifique ; il faut bien la distinguer de ce qu'on a nommé médecine expectante. La thérapeutique hygiénique manie des armes d'une grande puissance , mais f[ui réclament des mains expérimentées. On a de notre temps rigoureusement étudié les effets considérables de l'abstinence pour abattre la fièvre, pour modérer les accidents des maladies aiguës ; mais on sait aussi par de patientes observations qu'un jour de diète absolue agit plus puissamment vers la fin des maladies aiguës que la plus copieuse des saignées. Cette étude a révélé et fait éviter les dangers de l'abstinence trop prolongée dans les convalescences des maladies aiguës.

L'emploi du froid, de la chaleur, des alternatives de froid et de chaud a donné, dans un grand nombre de maladies, des résultats considérables.

L'alimentation bien réglée, fexercice forcé, font plus pour la guérison de la glycosurie, de la goutte, etc. que tout l'arsenal des médicaments.

La thérapeutique hygiénique, fondée sur l'observation, guidée par les méthodes nouvelles dont la science dispose, vient puissam-

' Durand-Fardel , Maladies des vieil- Maladies des vieiH(i> ds , leçons à lu Salpclarch, Paris, i85A, in-8°. — Gharcot, trière en ]866\''Hrji% 1866, in-S".

ment en aide à la thérapeutique pharmaceutique ; elle ne fait jamais de mal, et du bien toujours; mais elle exige, pour être convenablement dirigée, des connaissances approfondies, et quelquefois du temps pour en reconnaître la puissance; elle est encore peu avancée, peu goûtée du vulgaire des médecins et du public, qui aime mieux une action immédiate et une médication facile à retenir : à telle maladie, tel remède \

DES PROGRÈS DE L'IIYGIÈNE MIS EN EVIDENCE PAR LES PROGRES DE LA PRODUCTION ET LE MOUVEMENT DE LA POPULATION.

Un des éléments les plus précieux pour juger les progrès de l'hygiène d'une nation, c'est d'apprécier l'accroissement de la production et de suivre comparativement le mouvement de la population. Rien de mieux pour atteindre ce but rapidement que de montrer la comparaison de la production et du prix de la principale denrée alimentaire, le blé, avec le mouvement de la population : c'est ce que nous avons fait dans le tableau qui suit.

' Ribes, Traité d'kijgiene thérapeutique , ou applications des moyens de l'htjgihie au traitement des maladies, Paris, 186), 1 vol. in-8°. — Fonssagrives, Uijgiene alimentaire des malades, des convalescents et des valétudi}iaires , Pai'is, 1 vol. in -8°, 1860. — Fonssagrives , Thérapeutique de la phthisie pulmonaire , Paris , in-8'', 1866.

— Bouchardal, De l'alimentation dans la frhjcosurie. [Mém. de l'Acad. de médec.

180 2.) — De l'exercice forcé dans la glycosurie, vol. in-Sa , i864. — Traitement hygiénique des gravelles et de la goutte. (Ann. de tliérap. 1867.) — Douze leçons sur l'hygiène thérapeutique, professées en 1 865 à la faculté de médecine.

Dt' BLÉ, DE SA PRODUCTION ET DE SON PBIX MOYEN ANNUEL DANS SES RAPPORTS AVEC LE MOUVEMENT DE LA POPULATION POUR TOUTE LA FRANCE

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