‹ Rapports annuels de Pierre Fortin, ecr., magistrat, commandant l'expé dition pour la protection des pêcheries dans le golfe St. Laurent, pendant les saisons de 1861 et 1862 [microforme]Chapitre 13 sur 63 · SECOND VOYAGE · texte numérisé non relu

SECOND VOYAGE

Depuis le 24 mai jusqu'au 2 juin, le steamer Napoléon II resta dans le port de Québec occupé à prendre son charben et les approvisionnements pour les phares du golfe.

Le 2 au soir, nous partimes. Le Æau matin, nous arrivâmes au phare de la Pointe des Monts. Les provisions ct tous les effets qui lui étaient destinés furent aussitôt débarqués, ot dès 6 h. 45 im. a.m., nous repartfmes,

Je débarquai, environ une heure après, à la Trinité, chez M. Comeau, le garde pêche ct juse de paix pour cette partie de la côte nord, et après avoir arrangé avec cet officier les affaires qui regardaient sa division et lui avoir donué uae licence de pêche, nous nous rendîmes à la Pointe Caribou, où je laissai un de mes matelots pour garder Ze Caudienne, et couper les bois qu'il nous fallait pour faire mettre à flot la goëlette à notre retour du golfe. |

À 11h. 50 m. a.m., nous étions encore en route, et le soir nous allämes mouiller visà-vis la Rivière Moisie; je trouvai la le capitaine Bernier à son poste, je l'assermentai ainsi que deux constables, nommés J, B. St. Picrre et Emilien Lepage.

Je fis la visite des établissements de pêche, lesquels étaient plus nombreux cctte année que les années passées. Tout y était dans l'ordre.

Le capelan ne faisait que d'apparaître sur la côte, et on n'avait pris les premières morues que depuis quelques jours.

I n’y avait que à goülettes dans la rivière, dont 8 de Québec et ? d'Halifax.

Je vis avec plaisir que les pêcheurs avaient tous préparé des fosses faites dans le sable et couvertes d'écorces, pour y jeter les têtes et les entrailles des morues, et se conformer ainsi à la loi.

J'émanai des licences pour les quatre stations de pêche à saumon du Bane de Moisic. M. John folliday, le premier de la Rivière Moisie avait, ce jour là, pris les premiers sanmons de Ja saison, au nombre de deux. Les eaux de la rivière n'étaient pas très hautes, et tout faisait présager une bonne pêche.

Il était près de onze heures lorsque je retournai à bord ; nous partimes de suite pour la Rivière St, Jean, où nous arrivâmes le lendemain matin.

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M. Joscph Beaulieu, ie garde-pêche de la division dont cette rivière fait partie, n’était pas encore arrivé de Carleton, mais on l'attendait sous peu de jours. D'ailleurs, les pêches n'y étaient pas encore commencécs, ni celle du saumon, ni celle de la morue. Le capelan n’y avait pas encorc été vu; on sait que c'est à la suite des banes de ce succulent petit poisson que les morues ct même les saumons se montrent près des côtes, et c’est principalement à cette circonstance qu'on doit la possibilité de pouvoir faire de grandes pêches du premier de ces poissons.

Il y avait à peu près le même nombre de pêcheurs que l'année dernière à la Rivière St. Jean, ct les établissements les plus considérables de cet endroit appartenaient à M. P. Sirois, de l’Islet, et à M. E. Bélanger, du Cap St. Ignace, lesquels avaient un grand nombre de pêcheurs à leur serviec ct faisaient des affaires considérables.

Avant de partir de la Rivière St. Jeun, j'urrangeai à l'amiable une difficulté survenue entre deux pêcheurs à propos de la possession de certains effets.

Il était près de onze heures du matin lorsque nous arrivâmes à Mingan. Je m'occupai de suite à émaner les licences pour les pêches à saumon de la seigneurie de Mingan, à l'agent de la compagnie de la Baie d'Hudson, laquelle devait avoir, d’après les instructions, toutes ces pêches. Les licences étaient au nombre de 21, et compreuaient toutes les stations de pêche qui s'étendent depuis la Rivière St. Jean jusqu'à la Rivièro Agwanus inclusivement.

Ni les pêches de la morue et du saumon n'étaient commencées dans les environs de Mingan.

J’appris des nouvelles du village de la Pointe-aux-Esquimaux, lequel est situé à six licues à l'est de Mingan, qui étaient des plus satisfaisantes.

Les expéditions envoyées à la chasse du loup-marin sur les glaces étaient retournées après les voyages les plus heureux et les plus rémunératifs qui eussent encore été faits, et pour plus ample information sur ce sujet, je donne nne liste des bâtiments qui ont fait partie de ces expéditions, et le nombre de loups-marins rapportés :

| | Nombre de Gallous Noms des goëlottes. | Noms des capitaines. | | [loups-marins, d'huile.

| RE PRE es ee —— — | | | Amelia....... se geccsemenns eossocorores KE COPMICL 0e drenesner semaine sites tresse 1220 6340 Eugénie... TENTE Josedh Dupuis 4, 4, | 730 2920 DAV isisssessssssessosssssossemnneceresneceecs Us :NLRIAOON issue stress srocoitéssssess E 1027 | 4268 Victoria... soso sosevesosenssososoose voveee RS COLMIGL save sssmarometsn sosssess tes oese0es i100 | 7728 Alphonsine........,..,....... esters sec ae ete PS CTLC a seenenasrsemenmmnienmaencs 550 | 2380 Wide Awake......,.....,,,..,,.,.,,,..,... [Vital Vigneault....,.,..,,,,..,,..... | 600 | 4960 Constantine... snsesogee conso Jules Boudreat........ 1396 | 6550 Mermaid............ sis osassess Sense rees Joseph Marier.... 4,44: | 10 | 1057 Venello......,....... PR EE TER [Fe DOG sereine sesrener ere ses | 42 | 2100 [a [Emstnmestunes Totem | 7385 | 38622

J'ajouterni que le village de la Pointe-aux-Esquimaux, qui n’est surgi que depuis 9 ans et qui compte maintenant quatre-ving-cinq familles, composées de pêcheurs, se trouve, par suite des belles pêches de loups-marins ét de morue qui ont été faites depuis quelques années, dans un état florissant, et on peut lui prédire un bel avenir. [Ty a une église et deux prêtres résidents.

Mes affaires étant toutes terminées à Mingan, nous partimes à 2h, p. m. pour le phare de la pointe ouest de l’Ile d'Anticosti, où nous mouillâmes à six heures du soir, et malgré une assez forte houle qui battait sur le rivage, les approvisionnements de ce phare furent transportés à temps ce soir-là, ou plutôt cette nuit-là.

Le lendemain, de très-bonne heure, ce fut le dépôt de provisions de la Baie de Gamache ou Ellis qui fut servi, et à midi, nous étions au phare de la Pointe du Sud-Ouest.

Pendaut que l'équipage & *ébarquait les effets et provisions que nous avions apportés pour le phare de ect endroit, je m'occupai des pêcheries de saumon de l'Ile d’Anticosti.

On sait que ectte île, de 117 milles de longueur et 50 milles de largeur, et plus grande que que ques Etats souverains d Europe—autrefois sciyneurie, est muinte nant tenue par SCS pro pr 16 taire 5 Ch frunuc et commun s0c care.

Cette île est inculte et le sera toujours, sans aucun doute; le peu de terre végétale

ui recouvre la roche calcaire, plei ine de fossiles, dont celle est toute formée ; son elimat

froid et humide, et son isolement complet, pendant l'hiver, du reste du pays, n ‘offrent rien

de bien tentateur pour les colous étrangers où du pays, surtout lorsqu'on sait qu'on peut

trouver dans la Péninsule de Gaspé des milliers d'arpents de terres des plus riches, qui se

trouvent encore invecupées et qui jouissent d’un climat comparativement beaucoup plus doux.

Mais ectte île est un lieu de chasse très-important pour les animaux à fourrures, surtout pour l'ours noir, le renard, dont il y à plusieurs variétés, la marte et le vison. Ses pêcheries de saumon, maintenant beaucoup diminuées, étaient autrefois considérables ; c'est pour y excreer ces deux industries qu’elis est affermée par ses propriétaires à M. Win. Corbett, qui réside à la Pointe du Sud-Ouest.

Ce monsieur, à qui j'avais déjà donné des licences l'année dernière, ne se trouvait pas eu ee moweut chez lui; ju fus par conséquent obligé de mettre celles de cette année entre les maius du gardien du phare, M. Pope, qui devait eu recevoir de prix en même temps que celui de l'année précédente.

J'avais reçu instruction de placer un de mes homines comme garde-pêche sur l'Ile d Anticusii, pour en visiter Les principales rivières et y voir à ce que les règlements de péehe y fussent s'rietement observés ; mais n'ayant pu trouver, à la Pointe du Sud-Ouest ou Ceurs, un bateau conveuable à lui fournir et un homme à engager pour l'accompagner, je fus forcé Ge garder mon marin à mon bord,

L'était près de » heures de relevée lorsque nous quittâmes l'Ile d'Anticosti, mais nous pünes atteindre, ce même soir-là, le Cap des Rosiers, et comme la nuit était belle, l'équipage pût de suite faire le service du phare de cet endroit, et à 1h. 30m. a. m. le lendemain, nous repaitious pour les Îles de la Madeleine.

Nous mouil âmes, le même jour, vers le soir, au Havre Amherst. M. Eugène ffamoud, l'oficicr que j'avais laissé aux [les de la Madeleine, avee quatre hommes, pour y faire observer les lois pendant mon absenec, vint à bord et me fit rapport de tout ce qui s'était passé aux îles depuis mon départ.

La pêche du hareng s'était terminée vers le 20 mai. Le 17, il s'en était encore pris 1,009 barils en trois coups de seine. Le 17 mai, M. Hamond alla mouiller dans la Baie de Plaisance, à l'endroit indiqué par le règlement, la balise qui indique la ligne à l’est de laquelle il ne dois pas êtie placé de filets à maquereau, afin de conserver, vis-à-vis l'entrée du Havre Awheïst, un passage libre pour la navigation, et en méme temps pour les bancs de poisson, que li instinct de la reproduction de leur espèce force à s’apr rocher des rivages pour y dépose r Jours œufs,

Quelques jours après, les pêcheurs commencèrent à tendre leurs filets, mais le maquereau ue parut dans la Baie de Plaisance que le + de juin, et encore en si petite quantité que les péshe eurs eu prirent à peine quelques barils chacun ; et lors de notre départ des ile: È cette pêche, quoiqu'un peu meilleure qu'au début, ne donnait pas de résultats satisfaisinte ou pensait même qu'elle était sur le point de finir.

1! y avait eu une cinquantaine de goëlettes pour cette pêche dans le Port d'Amherst, et les capitaines de ces goëlettes, grâce à l’activité et au zèle déployés par mes hommes dans cette circonstance, s'étaient prêtés aux exigences de la clause des règlements qui régissent la man ère de placer leurs filets dans a baie; il n'avait été besoin de siwnaler aucune contravention à la loi aux autorités de l'ile; et quoiqu'il y eut, pendant un temps, plus de 5UU pêcheurs étrangers dans le port d’Amherst, mes constables avaient pu maintenir l’ordre ct la paix publique, et la population d'Amherst leur en savait bon gré.

Un de mes devoirs, en allant aux Iles de la Madeleine, cette fois, était de faire afficher

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