‹ Rapports annuels de Pierre Fortin, ecr., magistrat, commandant l'expé dition pour la protection des pêcheries dans le golfe St. Laurent, pendant les saisons de 1861 et 1862 [microforme]Chapitre 14 sur 63 · partie nier, € d’'entr incnec · texte numérisé non relu

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des proclamations pour l'élection d'un membre du Conseii Législatif pour la division du Golfe. C’est ce que fe fisdaire au Havre Amherst, à l'Etang du Nord et au Huvre aux Maisons, et j'en donnai avis à l'officier-rapporteur, M. Gauvreau, de Rimouski. J'allai, le $, à l'Etang du Nord, ct le Il ne s'y était passé rien de remarquable depuis ma dernière visite à ces endroits-là

9, au Havre aux Maisons,

La morue était abondante dans la Baie de Plaisance et autour des Ils de la Madeleiue, depuis quelque temps; les bateaux en rapportaient tous les jours jusqu'à quatre quintaux : on se servait, pour appât, de hareng et de maquereau.

Dans l'après-midi du 9, après avoir repris à bord M, Hamond ct ses hommes, vous partîmes pour Shalloop-Creck, sur l'Ile d’'Anticosti.

Le lendemain matin, on y débarqua les provisions destinées au dépôt que le gouverucement y entretient pour secourir les naufragés. L'annéc dernière, un brigantin du nom de Grace, chargé de morue de Gaspé, avait fait naufrage sur la côte à 15 milles plus haut que Shalloop-Creck, le IL décembre, et si M. Brodley n'avait été à la rencontre des ofliciers et des hommes formant l’équipage de ce bâtiment, ils auraient tous péri. Un d'eux même suecomba aux fatigues et au froid qu’il avait endurés, ct la plupart des autres curent les pieds gelés. Une fois rendus à la maison du gardien, ils en avaient reçu, ainsi que de sa femme, les soins les plus cmpressés pendant tout l'hiver.

Ce printemps une coëlette les avaient transportés au Bassin de Gaspé.

A 2h. 35 m. p.n., nous nous étions rendus à la Pointe de l'Est. On fit le service de l’approvisionnement du phare qui se trouve situé à la Pointe Ifcath, et le soir nous partîmes pour ie phare de Forteun.

Nous cûmes du beau temps toute la nuit et une partie de la journée du 11, mais vers o heures de relevée, ecomme nous étions dans le détroit de Belle-[le, à environ une dizaine de lieues de Forteau, voilà que tout à coup la température baisse considérablement et l'atmosphère se charge de + vapeurs ; Ces ‘phénomènes nous indiquaient le voisinage des glaces. Bientôt nous vimes” quelques banquises, et à 6h. p.m. nous étions tout à fait entourés de glaces flottantes, le steamer allant à petite vapeur.

Quelque temps après, voyant l’inutilité des efforts faits pour se frayer un chemin à travers ces masses de glaces, la course du vaisseau fut chaugée, et à 7 h. 50 m1. p. m., nous étions assez éloienés des glaces pour passer Ja nuit à la cape sans danger.

Le 12 juin encore, de nouveaux efforts furent faits pour franchir la barrière de glaces qui nous séparait de la côte nord; nous passämes encore cette journée à la cape, de même que la nuit suivante.

Le 15 au matin, voyant qu'il était impossible de franchir le détroit de Belle-Ile, le

capitaine Gourdeau se décida à partir pour Sidney, pour y prendre uu approvisionnement

de charbon ; car il paraît qu’il n’en avait pas assez pour faire le voyage de Belle-Ile, aller ct revenir.

Mais nous nous arrêtâmes en passant à la Tabatière, le 15 au matin.

Je visitai les établissements de pêche de cet endroit, ainsi que ceux de la Baie des Moutons et de la Tête à la Baleine, ct j'en affermai les pêches de saumon dans la journée, et le soir nous mouillâmes à cette dernière place.

Les pêches de foup-marin d'automne n'avaient pas été du tout fructueuses sur cette partie de là côte, et Ia chasse des animaux à fourrures y avait presque manqué l'hiver dernier, en sorte que la population se trouvait dans une grande gêne, et même quelques-uns d’entre eux étaient malheureusement dans la misère ; mais la pêche de la morue allait comincneer, ct bientôt ils pourraient être dans l’ abondance, au moins pour un temps.

Le lendemain, je visitai l'Ile du Petit Meccatina, et j'y dounai des licences pour les pêches de saumon qui s’y pratiquent, et à midi, nous nous mimes en route pour Sydney.

Le 15, une tempête nous forçait d'aller nous abriter au fond de la Baic Ft. George, sur la côte de Terreneuve ; là, nous rencontrâmes la corvette française Gassendi, de 6 canons, commandant (Gauthier; ce bâtiment, de même que la corvette Lavoisier, commandant Ribour ; la corvette Milan, commandant Cloucet, toutes deux de 6 canons aussi, et deux

petites goëlettes, armées de picrricrs, sont occ upées pendant la saison à faire le service de la protection des pêcheries françaises sur la côte de T'erreneuve et aux îles St. Pierre et Miquelon.

Ces pêcheries s'étendent sur une éte ndue de côtes de 420 milles (pas la moitié des côtes canadiennes), depuis le Cap St Jean à l'est, en tournant au nord-est par Quirpon, puis à l’ouest jusqu’au Cap Ray, à l'extrémité sud-ouest de Terrencuve, de même que les petites îles de St. Pierre, de Langlade et de Miquelon.

J'ai fait unc description de ces dernières dans mon rapport de 185K.

La population de la Baie St George, composée de 200 à 300 habitants, s'occupe principalement de la pêche du harens, qui s'y montre dès le printemps et qui constitue leur

principale ressource.

Ce poisson y vient généralement en quantité énorme. été des plus abondantes.

Dans la nuit, le temps étant devenu plus beau, nous continuâmes notre route, et le lendemain à 8h. p. m., nous mouillâmes dans le port de Sydney. à prendre un approvisionnement de charbon.

Ce printemps, la pêche avait

Nous y fûmes occupés jusqu'au 2

Le 23, nous étions de retour au détroit de Belle-Ile et nous fûmes surpris de trouver toute la côte nord, depuis l’Anse aux Blancs-Sal:lons, encore bordée de glaces flottantes, lesquelles s'étendaient jusqu'à 4 à 5 milles au large.

Pensant qu’en lougeant de près la côte de Terreneuve, nous pourrions peut-être nous frayer un passage jusqu’à Belle-[le, nous gouvernimes en conséquence. Maïs à la hauteur de l’Ile-Verte, sur la côte de Terrencuve, nous vimes que le détroit était bouché complétement par les glaces, et foree nous fut de rebrousscr chemin.

Nous tentons d'aborder aux Belles-Amours le soir, mais les glaces nous empêchèrent encore de parvenir jusqu'à ce port. Le lendemain nous pûmes eutrer dans l'excellent havre de Bonne-Espérance, où, maleré son éloignement de la haute mer, les glaces vinrent encore

nous trouver.

Nous y restâmes jusqu'au 26, ct je profitai de cet arrêt de quelques jours pour visiter

la Rivière St. Paul, qui se jette à la mer tout près du havre de Bonne-Espérance, et les

stations de pêche du voisin: ige. Je distribuai aussi des licences de pêche à saumon aux pêcheurs des Tles-aux-C ‘hiens, de Bonne-Espérance, de la te ee de Five- Leasues et de Middle-Bay. In même temps, je fis moi-même et je fis faire par un de mes offciers, une visite de toutes les woëülettes qui se trouvaient dans Id Havre de Bonnc-Espé-

rance et dans la Baie-des-Saumons, dont voici une liste :

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7 Nombre Noms des goëlettes, | Noms des capitaines. De quel port. Tonnage Nombre de d'hommes. Lu

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RE ele De RER

HAVRE DE LA BATE-DES-SAUMONS, LE 25 JUIN 1862. — nn

Noms des goëlettes.

Noms;des capitaines,

De quel port,

Amelia SR OP TLT EN TE [John Iartfeld....….. vosoeesse Newbury Ports... Grand Island [Thomas Tobin... do ne ess Mary Claveland......….. su [NOËL Dom, sise do snssonse Native American J. L, Ash... AYUTEETETEL do Movies Independance .......... ssorcese William Hewitt... do Sitanites John W. Dodge... Walter Joy... | do PATES Emma V.. ess | William Sanborn | do séirédé es T. P. Johnson. Assis retiens qe iRichand Joy | do His ie |

Ces goëlettes avaient en outre chacune 2 bateaux de seines.

Tonnage

Nombre SA d'hommes. berges.

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mme ton =

Les pêches du saumon et de la morue n'étaieut encore commencées nulle part, et ce ne ! fut que la veille de notre départ que quelques saumons furent pris dans la Rivière St. Paul, et que les premières morues furent capturées au large de Bonne-Espérance ; et c'était sans M doute les glaces qui avaient empêché la morue, le e capelan et le saumon de s'approcher des » côtes plus | tôt.

D'ailleurs rs bien même il y aurait eu du poisson avant cette époque, sur les fonds de pêche, les bateaux n'auraient pu s’y rendre, tant étaient serrées les glaces contre 2 le riv-ge; en outre, ces glaces cmportécs, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, par ‘ B les marées, eussent empêché les embarentions do se mouiller avantageusement ; ou bien, D l'eussent-clles fait, qu'elles auraient été dérangées à chaque instant par des morceaux de Diglaces qui auraient pu les bri er si elles ne se fussent hâtées de fuir. | La pêche du loup-marin d'automne avait 6té mauvaise, à cause de la rigueur de la } saison pendant la passe du lonp-marin. En même temps, la chasse des animaux à fourrures, dans l'intérieur, n ‘ayant rapporté que fort peu, plusieurs des habitants avaient souffert par Nù la rareté des provisions et ce retard, apporté à leurs industries les plus productives,

aggravait encore leurs maux.

Quarante-deux goëlettes de la Nouvelle-Ecosse attendaient, dans le havre de Bonne- Espérance, que la pêche de l4 morue commença ; il y en avait 15 des Etats-Unis à la Baicdes-Saumons.

| Les équipages de ces goclettes formaient 607 hommes, distribués sur 183 bateaux de péche. Les goëlettes américaines avaient, en outre, 14 grandes seines bien équipées. | | Aucune infraction à la loi des pêches ne fut signaléo, non plus qu'aucune violation de |la paix ou de l’ordre public.

Le 26 juin dans l'après-midi, nous nous mettions encore en route pour Forteau, et cette fois encore les glaces nous empêchèrent de nous y rendre; il nous fallut mouiller sotis l'Ile-i-Bois. Mais le méme soir, des glaces entraînées par la mer nous forcèrent à prendre le large pour la nuit: j'avais pu, néanmoins, débarquer peudant une heure à l’Ileà-Bois et voir M. Alfred Le Boutillier, l'agent de l'établissement de pêche, le plus consi-

À dérable de cette île.

Ce monsieur m'apprit que lil le était entourée de glaces depuis plus d'un mois, et que leurs vaisseaux venus du Jersey n'avaient pas pu y aborder, Un d’eux avait été entouré | par les glaces à plusieurs reprises cb avait perdu quatre ancres,

Les pêches n'étaient pas encore commencées là ni à l’Anse aux Blancs-Sablons.

Nous nous tinmes à la cape toute la journée du 27, par un fort vent d’est, et le lendemain nous pümes entrer dans li Baio de Forteau pour nous y abriter; pendant la plus grande partie de la journée, nous eûmes de la neige et de la grèle.

Quoique la Baie de Forteau ne se trouve pas dans le Canada (elle est à 15 milles de la frontière, au fond de l'Anse aux Blancs-Sablons), je crois devoir donner le numbre des . ablissements de pèche qui s'y trouvent, parce que ies pêcheurs Canadiens vont très sou-

rent y faire des affaires.

ÉTABLISSEMENTS DE PECHE DE LA BAIE DE FORTEAU, Erc.

A née 3 am

Bateaux de

Maisons.

Le Boutillier, frères. .…....s.ssst) 08. Mourant ss sssssssssrsse se

De Quetteville, ÉROPOS srcéecers scie ct ODDE Dé TOP ss scsssnssenie 19 Du Haume..sssssivsssarestes see | Capts Le Greslépis sise 9 Ed, OHibb os ssseescasssnisss mess ONDPiss sons sis sssssses 2

Letto ct Flin users RE RON CUT NOT RS EN RE

Totale Srssarserdese

Annie 7 Ale

La Baie de Forteau présente à pou près les mêmes chances de succès pour la pêche de la morue que l’Anse aux Blancs-Sablons.

Le 30 au matin, le temps étant calme, nous pûmes nous rendre vis-hevis la pointe de l'orteau, et débarquer les approvisionnements que nous avions apportés pour le phure qui ’ dé 2: # 0 .

s'y trouve. Nous étions cependant encore entourés de glaces, ct nous ne pûmes ÿ mouiller

Aujourd'hui, les bateaux de pêche de la Baie de Forteau ct de l'Anse à l'Eau ont pu prendre de la morue pour la première fois ee printemps; ee poisson paraissait être abondant et nous remarquâmes uue quantité immense de capelan et grand nombre de baleines à leur poursuite,

Vers midi, nous partîimes pour Belle-Ile, que nous eümes en vue vers le soir, Le vent était trop fort pour nous permettre de mouiller près du débarerdère du phare.

Le capitaine tenta d'abord de gagner la Baie des Châteaux, puis Kirpon, mais une barrière infranchissable de glaces de 4 à 5 milles de large nous empêcha d'y pénétrer, et nous fûmes forcés de nous abriter pour la nuit au nord de Belle-Fle.

Plus loin dans le détreit, nous en renconträmes de beaucoup plans grosses que celle-ci et une, entre autres, dans le voisinage de Belle-Ile; son sommet, en forme de pyramide tronquée, ne s'élevait à pas moins de 150 pieds au-dessus de la surface de la mer, et sa base reposait au fond de l'eau dans un endroit où la carte marine annonçait une profondeur d'au moins 40 brasses, où 240 pieds, ce qui donnait à la banquise une hauteur générale de 870 pieds au moins.

On connait que les banquises sont échouées par les courants et les remous qui se font autour. |

Je dois ajouter que les glaces flottantes et les banquises que nous avions rencontrées dans le détroit de Belle-Ile, n’y étaient arrivées que vers la fin de mai, ct qu'avant ectte époque le détroit avait été presqu’entièrement libre de glaces depuis la fin d'avril,

Où sait que ce sont les courants qui apportent, des mers aretiques dans le détroit de

Belle-[le, les banquises qu’on y voit le printemps et quelquefois tout Fi

Le lendemain, nous cûmes beau temps, et nous en profitämes si bien dans In matinée, qu'avant 2 heures de relevée, nous avions débarqué toutes les provio t les effets desti. nés au phare de Belle-Ile.

Le soir, nous revinmes mouiller à l’Anse à l'Eau, et le 2 juillet, dûsle matin, nous étions rendus dans l’Anse aux Blancs-Sablons.

Fendant ce voyage à travers le détroit de Belle-[le, dont la partie la plus étroite n'a, comme on sait, qu'une largeur âe 10 milles, nous avions rencontré en outre des glaces flottantes, ou chaïnps de glaces (ainsi appelés par les marins anglais), des hanquises (icebergs) au nombre de près de cent, ayant des proportions énormes et toute sorte de formes possibles. Les unes, vues de loin, avaient l’aspect de bâtiments à la voile ; les autres avaient la forme de clochers ; d’autres encore avaient été percées à jour par les vagnes ; une d'elles représentait parfaitement le fameux Percé, moins pourtant l'ouverture en forme de porte gothique qui se trouve à sa base.

Dans la Baie de Forteau, une banquise de la forme d'un quadrilatère, et d'une hauteur de 70 pieds au moins hors de l’eau, était échoue dans une profondeur d’eau de 150 pieds.

Il y avait dans la rade aux Blanes-Sablons 6 brigantins et S goëlettes, employés à la pêche de la morue. J’allai sur les établisser de pêche des Blanes-Fablons, de l'Fe à Bois, de la Longue-Pointe, et je vis que tout » fût dans l'ordre.

J'envoyai en même temps un de mes officiers faire le même service dans l'Anse de Bradore, où se trouvaient les bâtiments suivants :

Re +

BAIE DE BRADORE.

TE | fu SE | et | | | | dc Noms dos goëlettes. |! Noms des cupitaines, | De quel port. | Tonnage. | Hommes. | Berges. Loc | | | | DR En MERE PT De ss | fo | | | À L le ee . : ea j Pionnier ....,,,..,.4,.1E4, Denis... …...,.|Georgetown...........,1 63 14 | 4 Ê 14 le Emmergeant 11. Nicholson, ......... Charlottown.......….…, sal 50 12 5 ] Del’ ComMETOR neo CARO srsessnersersose Ile au P. Edouard..." 49 12 | 3 Mer] Rising Sun... si], Messerney.........….. Baie St, George... | 30 | 5 5 8 Amelia......... ...,,,..,. [Frs. Le Filate. Halifax...) 38 6 | 2 Sea Lion........,.,......lJacob ILewitt.....,.....1St. Jean (T. N.)....... | 106 10 3 SE Cussard.....,..,.,,,,111, Messerney.…......... .|Baie St. Goorge.....…. | 47, 7 | 2 le d James Joseph... [William Shaw... do . 29 7 | 3 n , CRE Ed | Le CRE 2 le | Totale. 112 73 23 a en ss a . | : ” als er ; lil ! Co La pêche de la moruc était à peine commencée sur cette partie de la côte. | D Celle du loup-marin, au moyen des filets, n’était pas encore terminée ; mais les glaces : va À pa , a 8" l'avaient beaucoup dérangée, et on ne s'attendait pas à ce qu’elle produisit autant qu’une Ï 5 dr 9 7 I | ut année ordinaire. | Je donnerai, à la fin de ce rapport, un tableau indiquant la quantité de loups-marins | ‘Li pris sur la côte, et pendant la pêche d'automne de 1861, et pendant la pêche du printemps | K de cette année. A Il y avait, dans l’Anse aux Blances-Sablons et dans la Baie de Bradore, à peu près le / fs même nombre de pêcheurs que l’année dernière. | . Le lendemain, le temps était très-favorable pour la pêche, ct les glaces s'étant éloignées LA de la côte, un grand nombre de bateaux s’en allèrent à la pêche sur les banes. Le capelan, | dont ils avaient une bonne quantité près des côtes, serva't de boitte. La morue paraissait bob *bondante.

À 10 heures a. m,, rieu ne nécessitant plus longten.ps ma présence à l’Anse aux Blances- Me Sablons, nous partîmes pour Saint-Ausustin, où nous arrivâmes dans l'après-midi. Dans le havre de Saint-Augustin, nous trouvâmes les goülettes suivantes équipées 1e pour la pêche de la morue :—

TAVRE DE

ST. AUGUSTIN

Crrrennpenmananeeprepmnngenmenqerereemeenrmnnee emanpenneenreeneen res SE Ré s . ‘ ee | ï we?

| Nombre Noms des goëlettes, hi des capitaines, De quel port. Tonnage. Berge: Don d'hommes.

Nile, RE à N. M \ Willis Dolpl Penigan 13, Moses... Halifax... dintssss 3 11 | 3 Brilliant Star..........,.,[J. Smith... | do First 40 Il | 4 Agile FE, Voglar......…....…. Â0. sieur ssosseonmssesel 28 9 2 £ Proucsse ,.,,,, 18, Morrisso.......,..| do | 40 11 | 3 Duoky Dobhsssssse We PANReanet * 107 dou: hvrursieasiise 44 h | 3 J. P. Cartwell 14, Hunter... do 31 11 | 3 AS Baronet ......, ms] Z, Brogan..........,| do UT 48 il | > AU se tu M. Teol.........,.,) do dHésteones see 46 11 3 oung Nova Scotian...|E. Racoy ........,| Luxembourg... ss 66 13 À ten Visit ssssssnses see We Palo sssssose Halifax... es tetes 45 | 1. 3 endu E A Re lens nec te k | Total 122 110 | al rapid:

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Dix autres goëlettes en étaient parties la veille pour gagner la partie Est de la côte.

ps Les équipages de ces bâtiments n'avaient encore pà faire que quelques jours de pèche ;

la morue ne s'étant montrée en abondance sur ectte côte que quelques jours auparavant. ne Le 4, j'employai la journée à visiter les stations de pêche de l'endroit. Je me rendis, ges.

maluré une brume épaisse, jusqu'à l'entrée de Ia Rivière St. Augustin, éloignée de 15 milles du port, pour voir à ce qu'il n’y fut pas tendu de filets en contravention aux rèple- Fos À ments de pêche. Je trouvai tous les ustensiles de pêche tendus comme je le désirais ; et je recueillis des renseignements très-utiles sur le cours de la Rivière St. Augustin, que je

4 | publierai à la fin de cc rt ipport k Pas un saumon n'avait encore été pris dans la Rivière St, Augustin. 3 Le soir, nous revîinmes à bord.

2 Le 5, étant parti de on matin, ie pus débarquer, dans la matinée, à la Tôte k la Ba- : line et \ Kikapoë pour y louer les pêches de saumon de ces endroits; puis, vers midi, 3 LA nous mtmes le cap sur Couconchoo, où nous pûmes mouiller le même sir,

ere Le GO au matin, j'envoyai M. Hamond à Wapitieun y visiter les pêches. Quant à 0)

oi, j'allai &ans la Rivière de Coacoachoo jusqu'aux premiers rapides, pour en étudier le cours ct voir ki manière dont on y fait la pêche ; j'en donnerai une description à la fin de

| mon rapport. Qu'il me suflise de dire que, depuis que l'occupant ne se sert que de filets, ilne prend «presque plus de saumon.

glaces Le 7, à 9 heures à. m., nous allâmes jeter l'ancre à la Rivière Kégasea; j'avais détaché qu une une de mes chaloupes pour aller visiter les rivières Olomanosheebo où la Romaine et Mus- | quarro, et ensuite reprendre le steamer à Késasea. MATINS | Je m'occupai de suite de la plainte de Jean Boudreauit, le locataire de la Rivière ntemps Kégasca, contre le nommé Jean Giroux, pour avoir pêché (ee dernier) dans la dite rivière, dans le mois de juillet l'année dernière, sans licence et contre la volonté du locataire. près le ' La preuve étant complète, Giroux fut condamné à la plus forte pénalité, $29, qui furent | payées de suite.

orgnees Je visitai ensuite les 6: BUPSEmeNES de Kégasca: tout y était dans l'ordre. La pêche apelan, de la morue était commencée depuis un mois eù “promettait d'être très-fructuense. raissait Deux ooülettes de Kéœasca avaient été employées à la chasse du loup-marin, et avaient assez bien réussi: elles apparaîtront dans 12 tableau des goëlettes à Kégasea. Blancs- Le 8, au matin, ma graude chaloupe arriva de Musquarro. Mon oflicier avait vu dans un havre, vis-h-vis la Rivière Olomanoshecbo, les goülettes suivantes :— quipées CORRE ER EDR EVE ARTE RE EE RER 48 een enr pan ar enregistre | | | | | Nombre ! Nombre Noms des goëleltes, | Noms des capitaines. De quel port | Tonnage. | | de | | jd hoinmes. | berges.

| | | | | Las es RÉ ER CDS SSL ES RE ‘ | | | NilO soso ssnssonsores ss |, Mitchell ds JE ne sisi ess 25 | CN 2 N, Messenger ....,,,,,,,,/A, Staton 1 A0 ss sorties 50 | 11 | 3 ——— \ William ms |T, Mitchell... do v. , 20 S | 2 Dolphin ……….|J, Studdard..........….. do ssssesesensse + | 2 T | 2 | eermmmuns ee 3 Total esssosese| 118 33 | 9 4 | 9 . nie he le Re 8 , és é 1 4 , 1 © DE » \ À 3 D'autres goëlettes, au nombre de 15, s’y étaient aussi livrées à la pêche de la morue à avee succès ; ce poisson, cependant, avait cessé d'y être abondant Pique quelques jours. * * à Les filets à saumon, employés dans les rivières Olomanoshecbo ct Musquarro, étaient 4 tendus selon Ja loi.

3 A Oh a.m., je visitais la Rivière Kégasca, que je remon'ai jusqu aux premiers 31. rapides; tout y était en règle. Jo la louai, ainsi qu’une station de pêche dans le voisinage. [l ne se prend de saumon, dans la Rivière Kégasca, que due une semaine. eo A. 1h. 45 m.p. m, nous allâmes mouiller vis-à-vis la Grande Rivière Natashquan ; à j'allai la visiter.

Robert Stanley ct son associé, Quigley, y faisaient li pêche comme les années passées ?

ils avaient pris leur premier saumon le 3 juin. Depuis, ce poisson avait abondé dans la

rivière, et le produit de leur péche s'élevait déjà à 289 barils ; c'était certainement de beaux résultats.

Je chargeai un de mes officiers de remonter la rivière pour voir si toux les filets étaient teadus suivant la loi; en même temps il devait poser des poteaux pour indiquer les limites supérieures de la division de l'estuaire de la rivière.

Je me rendis au Havre de Natashquan dans Paprèsanidi.

[y avait eu en même temps, dans ce port, jusqu'à 90 uoëlettes du Canada, de la Nouvelle-Ecosse et des Etats-Unis, toutes pour la peche de Ja morue, qui avait été abondante, sans l'être cependant autant que l'année dernière.

Depuis quelques jours Et morue, qui s'était montrée vers le [0 juin, avait full! un peu près des côtes, et ces bâtiments s'étaient dirigés vers le bas-norit.

Le capelan n'avait pù être pris que pendant deux jours avec abondance, ct ç’avait été une grande perte pour les pêcheurs, qui souvent avaient manqué de hoitte ; c’est le petit hareng qui l'avait remplacé.

Les bateaux avaient pris environ 100 quintaux de morue chacun, et la pêche n’était cependant pas encorc finie,

Les goëlettes de Natashquan avaient été très-heureuses à la chasse aux loups-marins. {Voir au tableau qui montre le nombre de ces animaux pris par chacune d'elles.)

Le village, composé maintenant de 25 maisons à peu près, était tranquille.

M. Ed. De La Penelle, qui emploie an grand nombre Ge personnes à son établissement, dans le Havre à la Frévate, n'eut aucune plainte à faire contre aucune d’elles.

Je louai deux stations de péehe sur le banc de Natashquan ; le soir, j'étais de retour à bord.

Le 9 au matin, l'officier que j'avais envoyé dans la Rivière de Natashquan la veille reviut après avoir accompli sa mission à na satisfaction entière,

Avant de partir de Natashquan, j'y laissai, comme varde-pêche, un de mes marins,

Jeau Blanchette : ses instructions étaient de veiller à ce que les rèclements de pêche y fussent strictement observés, et de voir surtout à ce que persoune n’allât y darder du saumon.

M. Tinklater, l'agent de la compagnie de la Baie d’Ifudson, chez qui J. Blanchette, devait loger, me promit d'aider celui-ci de tout son pouvoir.

Vers 8 hi. aim, nous allâmes mouiller vis-h-vis la Rivière Acwanus.

L'occupant de cette rivière, Sylvester Kennedy, avait refusé, pi uaissait- il, de s’arranuer avec la com pi agnie de la Be d'Indson et de prendre la licence que j'avais octroyée à la dite compagnie pour la peche du saumon de eet'e rivière ; je le forçai de se conformer en tout à ce qu'exigeuient mes iustruclions, et je lui fit payer les arrérages qu'il devait pour les licences de pê êche de 1860 ct IRGT, ct avant de partir je lui fit lever deux filets qui n’étaient pas tout-h-fait tendus selon les règlements. Le revenu de la rivière était de quinze barils de saumon.

A Th. pam., je me rendis à la Rivière Napitippi. Je la remontai jusqu'aux chutes à environ un mille de la mer ; il n'y a aucune obstruction au passage du saumon.

Je mesurai la distance qui se trouvait entre plusieurs filets, j'en trouvai quelques-uns qui étaient un peu trop rapprochés les uns des autres et je les fis enlever.

La pêche n’y fournissait que des produits peu considérables, environ sept barils de saumon.

On y avait remarqué beaucoup de Joups-marins d'esprit cette aunée, on sait que ces animaux amphibies font une guerre très destrue tte au saumon et à la truite; et c’est peut-être à cette cause je on devait Lx diminution du saumou cette année, dans Napitippi.

A 8 h. 10 m. am, nous atteiunimes Washeeskoo, Je débarquai de suite voir M. Joseph Tanguay qui y lait la pêche au saumon ainsi que dans deux autres rivières. Je ini donnai des licences de pêche pour les stations qu'il occupe dans ces trois rivières : cu meme temps je perçus les arzents qu'il devait au gouvernement.

Je retournai à bord dans la nuit, Je ferai remarquer que la partie de la eôte nord du golfe St, Laurent, depuis Natashiquan jusqu'à la Pointe: tuix-Esquimanx, distance de G5

tulles, est lt moins habitée détout. ieôte, parce qu'ilne y fait pas de pêche à la morue

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Une brume épaisse nous empéecha de nous rendre à la Pointe-ux-squimanx avant le lendemain à 11 h. 10 mm, am.

J'ai déjà donné une liste des goëlettes de ect endroit avee la quantité de loups-marins pris par chacune. Depuis, ees batiments avaient été à la péche de la morue au basnord,

Je n'eus aucune dificulté à régler 4 la Pointe-aux-Esquimaux.

A 4h. 50 in. p. m., nous allämes jeter l'ancre dans le Rae de Mingan, où nous trouvâmes 14 soëlettes qi ue Je mi UV: ais temps avait forcé à s'y réfugier, Ils’y trouvait aussi Je yatch anglais Geneora,” de KO tonneaux; M. Fo … le propriétaire de ce joli

raisseau y était venu s'y livrer au plaisir de la pêche et de la chasse et en même temps aux études sé ographique s ct géologiques.

Les quelques messieurs qui étaient venus pêcher le saumon à la mouche avaient très bien réus Si, car la rivière était, au rapport de tout le monde, pleine de saumons. personne n’y avait pêché avec des filets.

Le IL au matin, nous fûmes à la Longue ointe ; j'y trouvai » voëlettes mouillées près de la côte, s’occupant à la pêche de la morue.

Ce poisson S'y était montré en grande abondance depuis huit jours, et M. C'. Hamilton, avee ses 19 bateaux, en avait déjà pris

900 quintaux, ct les pêcheurs voisins avaient aussi bien réussi que lui.

Tout annonçait dans cet endroit une bonne année de pêche, quoique la morue eut tarde à y venir.

Aucune

La tranquillité n'avait pas cessé de récner à Minoan ct à la Longue-Pointe depuis que la saison était commencée.

À Oh. 15m, à. m., nous allmes mouiller vis-à-vis Ja Rivière St. Jean. M. Beaulieu, que j'y rencontrai, me dit que le premier sanmon y avait été pris le 11 juin.

La péche de ce poisson avait été moivs abondante que l'année dernière, quoique bonne Elle étais sur le point de finir. |

La in te avait paru sur la côte le 24 juin, et il y en avait eu une afuence considérable ju os Le capelan, malheureusement, avait été rare et cette circonstance les avait em + 2° de réussir aussi bien qu'ils Pauraient fait, si la boitte avait été abondante. Aucune contravention à la loi des pêcheries ne me fat r apportée,

Je nommai M, Beaulieu, œardien du havre Fee la rivière, et j'v fixai un lieu de dé. lestaue.

A 8h. p. m., nous nous rendimes à la Rivière au Tonnerre,

En passant vis-h-vis Ride Point, j'avais détac É de M. IHamond, pour aller visiter les établissements de pêc voisins,

Je nommai M. John boïisel, gardien du havre de a Hivière au Tonnerre,

Pendant que j'étais 1, on vint me porter j'ainte pour un cas d'assaut et batterie ; mais comme l'accusé était à la péche, et qu'on ne l'attendait que le soir, j'avais le temps

avant que cette affaire ne parût devant moi, d'aller faire une visite à In Rivière Shell Drake.

ut a s canots, sous la conduite de cet endroit et des postes

Arrivé à cette dernière place, à 5h. 0m. pm, je donnai trois licences de péehe et je vis que tout y fut en règle Fi, aussi bien que dans les anses voisins.

Revenu à la Rivière au Tonnerre à 9h. 45m. pm, je fs de suite comparaître devant moi l'individu necusé d'assaut ét comme le cas était bien prouvée diumnai le coupable à $10 d'amende, qui furent payées de suite.

Après avoir recueilli tous les renseionements utiles sur les péches de cette partie de la côte, je retournai à bord à 10h, p. m., juste au moment où un fort vent de Est-Sud-Bst venait de s'élever ; nous partimes de suite pour Gaspé. forte lame contre nous et de la pluie.

Nous étions par le travers du Cap Desrosiers le mouillâämes dans le Bassin de Graspé.

[n'y avait alors que très-peu de goëlettes dans ce port.

Le garde-pêche, M. Boyle, me r pporta que tout 6 ‘tait en règle dans sa division.

Le 14, nous quittimes le Bassin de Gaspé; nous nous arrêtames d’abord à la Pointe Ste. Pierre, puis à Percé, et le soir nous mouillames à Paspébiue,

Aux deux premiers endroits que je viens de nommer, la péche de la morue avait un

peu souffert, mais par la rareté de l'appat seulement; car la morue aflluait sur les bancs,

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Dans Ja nuit, nous cûmes un:

12h 0h, 30 au am, et à midi nous

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et suriout sur le bane-vert, uù des pi êcheurs, muuis de bonne boitte, avaient pû prendre 15 draftes de moruc daus une seule journée.

On avait commencé à y rem: rquer la présence du maquereau, mais en petite quantité seulement. Aucune guoëlettes américaines n'étaient encore venues déranger nos pêcheurs.

A Port-Duniel, sur les stations voisines et à Paspébiac, la pêche avait donné jusqu'alors des résultats avantageux, et rien n'était venu troubler la paix et a tranquillité qui régnaient sur ces côtes.

La rade de Paspébiac se trouvait un peu dégarnie à ectte époque; c'était le temps où les vaisseaux € taient allés faire leur voyage d’été aux Antilles, au Brézil et dans la Méditerranée.

Le 15, vers midi, nous quittämes Paspébiar, et nous nous rendimes, à + h. 50 in, p.m., à Carleton, où nous primes un pilote pour conduire le Napoléon IT dans la Rivière Ristiwouche, et le soir nous mouillämes à Palhousic: c’est là qu est Je meilleur et pour ainsi dire le seul lieu d'ancrage convenable pour notre steamer dans la Rivière Ristigouche. D'ailleurs, cussions- nous voulu nous rendre jusqu'à Campbellton, à 15 milles plus haut, que nous n’aurions pû le faire, à cause de la difficulté de naviguer pour un gros bâtiment comme le nôtre, dans une rivière toute pleine de banes de vase, sur lesquels nous aurions courru grand risque de nous échouer.

Cependant, j'avais à remonter la Rivière Ristigouche et aussi la Rivière Matapédiac, pour voir dans quel état y étaient les pêvaeries de saumon, et il m'a fallut prendre la route de terre pour faire ec voyage. Je partis de bon matin le 16, en compaguie de M. Barbaric, avocat de Dalhousie, et l'un des plus ardents promoteurs de tontes les mesures adaptées dans :2 comté de Risti souche pour I préservation de ses pêcheries.

Nous primes le chemin de la rive droite de la rivière, dans le Nouveau-Brunswick, comme étant le plus court et le meilleur ; nous passänes dans les magnifiques campagnes qui bordent le côté du Nouveau-Brunswick de la Rivière Ristigouche, et le soir nous alames camper à Clark’s Brook, dans la Rivière Maine: à six milles plus haut que sa jonction avec Ja Rivière Ristigouche.

D'après les informations que je pû recueillir sur ma route, il était bien certain que du côté du Canada, les lois de pêche avaient été strictement observées, ct que pas un saumon n'avait été dardé; Bi par les blancs, ni par les Sauvages, dans nos eaux; et c'est aussi Je rapport que m0 firent nos gardes-pêche.

Mais du côté du Nouveau-Bruuswick malheureusement, il n'en avait pas été ainsi,

Les règlements de pêche à saumon de cette province avaient été violés ouvertement par un grand uoubre de pécheurs et par des Sauvages.

On ne s'y éluit pas cvutenté de darder le saumon, mais on l'avait encore pris avee des seines et des filets dans les fosses où ils se trouvaient en grand nombre, et cela presque sous les yeux du garde-pêche, qui ne paraissait pas avoir l'autorité et les moyens Re pour arréter ces déprédations. De plus, comme ces ofliciers ne sont pas salariés, il « probable qu'ils ne sont pas tentés bien souvent d'aller se quereller avec leurs voisins. : quelquefois leurs amis iutimes, en les traduisant devant les magistrats, et en les faisant puuir pour infraction aux règlements de pêche.

Ces renseignements m'ont été fournis par plusicurs habitants du Nouveau-Brunswick et par M. Barbarie, qui en même temps qu'il exerce sa profession, fait aussi les fonctions de greflier de la cour des sessions des magistrats, où sont passés les règlements qui rézrissent les pêches du comté, après toutefois avoir reçu l'assentiment du gouverneur de la province.

Cet état de choses cest à déplorer, car nous aurons beau préserver le saumon dans la partie de la Rivière Ristigouche et de ses affluents qui appartiennent au Canada, Si du côté du Nouveau-Brunswick ou ne fait la même chose, il se pissera bien des années encore avant que le saumon y augmente d’une manière sensib le, peut-être y diminuera-t-1l au contraire.

Le rapport de la Rivière Matapédiac était favorable ; on y avait vu beaucoup de saumons.

Davs un grand nombre de places, on les avait vu sauter.

Le lendemain, je redeseendis à Dalhousie, après avoir visité la Mission et Campbellton, et avec l'assurance que de notre côté de la rivière, tout y était en règle. Les filets à saumon y avaicut été levés depuis quelques jours.

Le 15 au matin, nous quittñmes Daihousie. Nous nous arrétâmes un instant à Carleton pour y déposer notre pilote, et trois heures plus tard, nous touchâmes à Paspébiae.

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J'allai à terre voir si rien n'y requérait ma présence, et comme tout y allait bien, je me rembarquai à L1h. a. m., ct comme le charbon commençait à nous manquer, nous nous nîmes en roate pour Pietou, afin d'y prendre un approvisionnement ; nous arrivâmes en cette ville le lendemain au soir.

Le Napoléon IT prit son charbon dans les journées du 21 et du 22, et partit le 23 pour le Bassin de Gaspé, où il arriva le lendemain vers midi.

Quant à moi, j'avais pris passage à bord du Lady Heu, qui partit de Pictou mardi soir, pour avoir l'avantage de visiter (à la hâte il est vrai,) la Rivière Miramichi, si bien ecnnue, par la qualité et l’abondance des saumons et des truites qu'on y trouve ; et jamais cette belle rivière n'avait mieux mérité sa réputation que cette année ; car selon les rapports qui me furent faits à Chatham même, jamais auparavant on n'y avait pris autant de saumons.

Dans les différentes stations de l'Ile au Renard, 10,000 de ces précieux poissons y avaient été pris, ct à une autre statien sur l'Ile du Portage pas moins de S00 y avaient été capturés dans un seul jour.

La truite qui fréquente la Rivière Miramichi en grand nombre, est belle et grosse, et j'en vis de très beaux échantillons à Chatham, qui pesaient de 3 à 6 livres chacune, elles y avaient été apportées par les Sauvages.

Malheureusement, les rôelements ne sont pas bien stricirment mis en force par le manque d’ofliciers actifs et compétents, pour remplir cette besogne, ctilestbien à craindre que la belle Rivière Miramichi ne cesse d'être, dans quelques années, une des rivières les plus productives en saumon de l'Amérique du Nord.

Le Lady Head arriva au Bassin de Gaspé dans la soirée du 24.

Aussitôt après l’arrivée du Napoléon IT dans le même port, l'équipage avait été occupé à prendre à bord, les matériaux, madriers, planches, eries, que le bureau des travaux. publies avait envoyés avec # charpentiers pour être employés'aux travaux que nous devions faire à Ze Canadienne, pour la mettre à flot et la remorquer à Québec.

Le 29, le garde-pêche de Gaspé, M. Boyle, vint porter plainte contre les Sauvages Joseph Basque, Baptiste Basque et Baptiste Samscn, ceux-ci étaient accusés d’avoir pris au dard, dans une rivière affermée (la Rivière du Nord-Ouest) et par conséquent illégalement, une certaine quantité de saumons.

Je lançai de suite des sommations contre les individus inculpés, mais mes constables ne purent trouver que Baptiste Basque, les autres étaient dans les bois.

Celui-ci fut amené devant moi, s'avoua coupable et fut condamné à $$ d'amende, qu'il paya de suite.

J'envoyai de nouveau mes constables le lendemain pour arrêter Basque et Samson, qu’on n'avait pu trouver la veille, mais les recherches furent faites sans succès ; ces Sauvages étant encore dans les bois,

La brume ne nous permit pas de partir avant 2 h. 45 m. de relevée ce jour-là.

Lorsque nous fûmes par le travers du Cap Gaspé, un brouillard épais vint nous dérober la vue de la côte, ce qui nous empêcha d'arrêter à la Rivière au Renard et aux autres postes voisins, comme je me l’étais proposé, 1rais nous n’eu continuâmes pas moins notre route vers la Rivière Moisie.

Le lendemain, la brume était encecre épaisse ; nous fûmes forcés de rester à Ja cape une partie de Ja matinée ; mais enfin nous mouillämes aux Sept-Iles à deux heures et demie de relevée.

I y avait aux Sept-Iles, les goûlettes suivantes :

Nom des goëlettes. Nom des capitaines.

Dinant sets L'OITION Maric-Luce.... ss ssssssocesocssses + T, Fraser,

5 Lis Astsremenssscaesséesimessss cel 0 ONIKET.

Ces guëlettes étaient employées au cabotage et au transport de la morue.

L'officier de douane du port des Sept-Iles, avee qui je me mis en communication, me rapporta qu'il n'avait aucune plainte à faire contre personne, et que le nombre des goëlettes qui avaient fréquenté ce port, était moindre que l'année dernière. | |

Il n’y avait plus de pêcheurs à la morue dans la baie des Sept-[les ; ils avaient tous été s'établir sur les bords de la Rivière Moisie depuis deux ans.

La moruc ne manquait pourtant pas ans ectte baie, et le hareng y avait aflué pendant une partie de la saison.

Vers le soir, nous nous dirigeñmes vers la Rivière Moisie; nous ne pûmes cepeudant pas y mouiller avant le 2S au matin, à cause de Ja brume ép: aisee qui survint ct ne nous permit pas de distinguer la terre.

La pêche du saumon, soit au filet, soit à la mouche, avait été des plus abondante cette annéc dans la Rivière Moisie. On disait que M. Holliday avait dû retirer, de toutes ses stations de pêche, environ 500 barils de cet excellent poisson, qu’il avait fait vendre en grande partie à l’état frais, sur les marchés du Canada et des Etats-Unis; et que MM. Williams et Bencon av: aient, de leur côté, capturé à la ligne, à mouche artificielle, 519 saumons, équivalent à environ 141 barils: c'était, sans aucun doute, des résultats magnifiques.

D'après le rapport du garde-pêche, le capitaine Louis Bernier, il n'avait pû être c conumis d’infractions contre les clauses de l'acte des pêches qui concernent spécialement la pêche du saumon.

La pêche de la morue, sur les bancs de Moiïsie, sans être mauvaise, n'avait pas produit autant que l'année dernière, ct n'avait pas attiré non plus un aussi grand nombre de goëlettes.

Il n'y avait, lors de notre arrivée, que quatre goülettes ; l’une d'elles était le Z/rk, dont Ie maître, John Renaud, fut poursuivi devant moi par le garde-pêche, pour avoir jeté à l’eau, dans la Rivière Moisie, des débris de poisson ; mais les témoignages qui furent produits par Je plaignant ne purent prouver la culpabilité de l'accusé, et il fut acquitté en consequence.

C'était la seule plainte de cette nature que le garde-pêche avait à porter.

Après avoir visité toutes les stations des deux rives de la rivière et avoir vu que tout \y était en règle, nous partimes pour la Petite Trinité, et nous y vinmes mouiller vis-à-vis

La Cunadienne à 6 heures de relevée.

Le lendemain, je débarquai avec mes officiers, les charpentiers qui nous avaient été envoyés defQuébec et nos hommes, et nous commençâmes les travaux nécessaires pour relever la goëlette, la faire flotter et la lancer. Ces travaux multiples et difficiles, furent faits sous le direction de M. (ragné, maître charpentier du bureau des steamers provinciaux, dont M. Buteau est le gérant, et toutes les fois que le temps le permit, le capitaine (ivur-

.deau débarqua avec le plus grand nombre de ses hommes et nous rendit les meilleurs services, et contribua puissamment an succès de notre entreprise.

Nous employâmes trois jours à mettre la goëlette à plomb sur sa quille.

Le Ier d'août, les charpentiers commencèrent à travailler à la plateforme intéricure, qui devait empêcher l’eau de pénétrer dans la cale de la goëlette, et par conséquent la faire flotter.

Le 7, elle était terminée. On l'essaya à mer haute ; elle était étanchée et remplissait parfaitement le but que l’on s'était proposé en la faisant.

La goëlette avait flotté un peu dans sa souilie à la marée haute; mais il fallait attendre les hautes marées de la pleine lune pour pouvoir la tirer à la haute mer.

Le 8, on amarra solidement aux flancs de la goëlette, 10 grandes futailles vides, qui devaient contribuer à l’alléger davantage.

Enfin, ce même jour à 10h. 30m., ‘dus soir, la goëlette commenca à se balancer dans su souille ; puis une légère houle de vené d'Est la fit tatonner pe ndant quelques instants et elle flotta tout-à-fait.

La nuit n’était pas très claire, il est vrai, mais nous voyions assez pour pouvoir exécuter les travaux nécessaires, et la mer était calme

Nous nous hâtâmes de profiter de toutes ces circonstances qui noùs étaient si favorables ; le mot de commandement fut donné et tout le monde se mit à l'œuvre.

Pendant que quelques-uns des marins larguaient les cordages qui nous tenaient au ri-

vage, les autres hâlaicnt do toutes leurs forces sur un fort palan, dont l'extrémité était

attachée solidement à une grosse roche au large, et nous eûmes Ja joie de voir la goëlette glisser vers la haute mcr, sans toucher à aucun des rochers dont nous étions entourés. Bientôt nous pûmes repêcher la chaine de notre ancre, mouillée en dehors des battures ;

elle fut enroulée sur le guindeau que les hommes virèrent avec une vigueur inace outumée,

et un quart-d’heure après, nous étions mouillés en sûreté par les cinq brasses d’eau.

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