‹ Rapports annuels de Pierre Fortin, ecr., magistrat, commandant l'expé dition pour la protection des pêcheries dans le golfe St. Laurent, pendant les saisons de 1861 et 1862 [microforme]Chapitre 17 sur 63 · MM · texte numérisé non relu

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qu’en 1861, mais qu’ils ont ;;u cette année, soit par le plus ou le moins de hauteur, et le plus ou le moins de limpidité des eaux, éviter les piéges qu’on leur tendait et échapper ainsi aux filets des pêcheurs, Je serais porté à croire à la dernière supposition, sachant avec combien de soins ces rivières ont été survoillées depuis plusieurs années, et que le saumon à dû s’y multiplier.

D'ailleurs, on sait par expérience que les pêcheries de saumon dans les rivières ne produisent pas tous les ans des quantités égales de poisson,fsans que pour cela, le nombre de saumon y soit diminué,

Je donne à la fin de ce rapport les noms des occupants des stations de pêche dans la Rivière St. Jean et les rivières voisines, avec la quantité de saumons pris, ete.

A midi, nous allämes mouiller à la Longue-Pointe de Mingan.

A cet endroit, la pêche de la morue avait été très fructueuse depuis notre première visite et avait rendu des produits les plus abondants ; grâce en partie à la facilité avec laquelle nos pêcheurs avaient pû se procurer de la boitte pour amorcer leurs lignes, tels que capelan, lançon et maquereau.

Leurs bateaux avaient capturé en moyenne 125 quintaux de morue.

Pendant les mois de juillet et août, une vingtaine de goëlettes de la Nouvelle-Ecosse et des Etats-Unis étaient venues se livrer à la pêche de la morue sur le banc,du large de la Rivière St. Jean, appelé aussi Banc de Mingan, avec assez de succès.

Du reste, nos pêcheurs n'avaient pas eu à se plaindre d'aucun acte de déprédation ou d’insulte de la part de ces étrangers.

A 1 heure et demie de relevée, nous nous rendîmes daus le Havre de Mingan ; il y avait apparence de mauvais temps, nous y passâmes la nuit.

Les goëlettes ZZarriet, d'Halifax; St Laurent, de Québec ; le brigantin Mingan de New-Carlisle, se trouvaient dans ce port. Ce dernier y attendait un chargement de morue pour le Brézil.

Les rapports les plus encourageants me furent donnés à Mingan par les employés de la compagnie de la Baie d'Hudson sur l'abondance du saumon dans la Rivière Mingan. On en avait vu même un grand nombre dans le havre pendant le mois d'août, de même que plusieurs bancs de maquereau, Malheureusement, il n'y avait pas d'armement pour la pêche de ce dernier poisson.

Les nouvelles que je recevais par la voie de Mingan, de la Pointe-aux-Esquimaux, étaient des plus favorables, et comme tout y était en règle, je ne jugeai pas à propos de m'y rendre.

Le à au matin, nous partimes pour le phare de la pointe ouest de l'Ile d’Anticosti Nous y arrivâmes à 9h. 30m. a. m., et nous y débarquâmes de suite les approvisionnementsa et vers 1 heure de relevée, nous étions rendus à Ellis Bay.

La mer étant basse, il fallut attendre la marée haute de la nuit, pour transporter les provisions destinées au dépôt À terre, de sorte que nous ne pûmes quitter cette place que le lendemain matin. |

A 9h. 15m. a. m., le 6, nous mouillämes à la pointe du sud-ouest de l'Ile d'Anticosti

J'y débarquai pendant qu’on approvisionnait le phare, dans l'espérance de rencoutrer M. Corbett, locataire des rivières de l'Ile, mais sans plus de succès qu'au printemps; M. Corbett étaut à Québec.

Ayant appris qu'il y avait des Sauvages dans la Rivière Jupiter, je m'y rendis en chaloupe,

Je'n’y vis personne, malgré que je remontasse la rivière jusqu’à deux ou trois milles de son embouchure; mais je trouvai une chaloupe, dans laquelle il y avait des barils de poissun que je fis ouvrir pour les examiner, soupçounant qu'il ÿ avait du saumon dardé: en effet, j'en trouvai deux barils de ce dernier poisson, et portant les marques évidentes du dard avec lequel ils avaient été capturés; et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés par l’Acte des Pêches, je les confisquai et les fit transporter à bord.

Les Sauvages qui avaient ainsi violé la loi de pêche dans la Rivière Jupiter (car ces saumons y avaient été pris après le 81 de juillet, j'en avais la preuve par la date de leur arrivée à l’Ile d’Anticosti) étaient, il n’y en avait nul doute, dans le haut de la rivière, mais à quelle distance, je l’ignorais ; et comme il m'aurait fallu perdre un temps précieux pour les poursuivre, sans pour cela être certain de les atteindre, car il est si facile pour les

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Sauvages de se cacher dans les bois, je dû y renoncer. Peut-être l'année prochaine trouverai-je l’occasion et les moyens de les arrêter et de les punir.

Le steamer vint me prendre à la Rivière Jupiter vers quatre heures de relevée, mais il s’éleva, peu de temps après, une brume très-épaisse, et nous ne pâmes partir qu'à minuit pour le Cap des Rosiers, où nous arrivâmes à 6 h. am, le 7.

On put débarquer les approvisionnements de ce phare en quelques heures, et à 11 h. a.m. le temps menaçant de devenir mauvais, avec des vents de la partie de l’est-sud-est, nous allâmes mouiller dans le Bassin de (Gaspé vers deux heures de relevée,

Dans l’Anse du Cap des Rosiers, la pêche de la morue, depuis quelques semaines, ne produisait presque plus rien, faute de boitte. T/encornet, dont les pêcheurs se servent pour appât à cette époque, y étant très-rare.

Plus haut, nos pêcheurs avaient eu moins à se plaindre, et les bateaux avaient pris en moyenne 90 quintaux de morue, tandis qu’au premier endroit, c'est à peine si cette quautité dépassait soixante quintaux. Mais aveo une bonne pêche d’arrière-saison, les profits de l’aunée pourront être considérés comme rénumératifs pour les pêcheurs qui, pour la plupart, se livrent maintenant beaucoup plus qu’autrefois à la culture de leurs terres.

Nous trouvâmes, à (Gaspé, entre autres bâtiments, le brigantin Ste. Anne, maître, Jean Vibert, appartenant à M. John Le Boutillier, marchand ct armateur de Gaspé, lequel était arrivé depuis deux jours de Porto-Rico, avec un chargement complet de sucre, de mélasse et de rhum. Ces produits avaient été obtenus en échange de morue séclée, de poisson saumuré et d'avoine, que le Ste. Anne avait porté de Gaspé à Porto-Rico, pour le compte de M. J. Le Boutillier ; et ce négociant, qui tentait pour la première fois des expéditions de poisson sur cet important marché des Antilles, se trouvait très-satisfait des bénéfices que lui rapportait le voyage de son navire, et il se proposait de continuer ce genre de commerce.

Jusqu'à présent, Porto-Rico, la Jamaique, et la plupart des Antilles Anglaises, recevaient leurs poissons préparés de la Nouvelle-Ecosse, de Terreneuve et des Etats-Unis. Le Canada allait donc entrer en compétition avec ces différents pays, fournir et partager avec eux le commerce généralement si lucratif des Antilles; car le 47e, Anne n'est pas le seul bâtiment de la côte de Gaspé qui y ait été employé cette aunée. MM. Robin et MM. Le Boutillier et frères, de Paspébiac, avaient chargé deux de leurs bâtiments, l’un pour Trinidade et l’autre pour les Bermudes, de morue séchée, de hareng et de grains.

Ces cargaisons s'étaient bien vendues et ils avaient apportés des mélasses et du sucre.

C’est un nouveau débouché très-important d’ouvert au commerce de (Gaspé, et il faut espérer que cet exemple, donné par les principales maisons de commerce de {raspé, sera suivi par d’autres.

[ commençait à y avoir beaucoup d’activité dans le port de Gaspé. Les chargements de morue séchée commençaient à y venir des divers points de la côte, tant du sud que du nord, ét plusieurs bricks ou brigantins avaient déjà une partie de leurs cargaisons de pris. Cette aunée, tout au contraire de l’année dernière, où il m'avait fallu sévir contre plusieurs équipages dans (raspé, la paix publique n’avait pas été troublée, et le gardien du havre, M. Joseph Eden, n'avait eu aucune difficulté à remplir les devoirs de sa charge, (C'était un résultat dont on avait tout lieu d’être content.

Le 8 et le 9, le temps était trop mauvais pour nous permettre d'aller à Shallop Creek, notre premier lieu de destination en sortant de Gaspé.

Nous prîmes un peu de eharbon pour nous permettre de faire le voyage de Belle-Ile et de compléter la visite de la côte nord avant d’alier à Pictou, et je profitai de ce séjour à Gaspé pour visiter les bancs d’huître artificiels que jy ai formés.

Je fis donner, aur ces bancs, six coups de drague (rateau en fer, avec un sac à mailles de fer, dont on se sert pour la pêche aux huîtres}, qui rapportèrent plus de trois cents huîtres adultes, dont plus du tiers étaient non seulement vivantes, mais étuient, de plus, blanches, grosses et exquises «1 goût, et nous paraissaient avoir grossi depuis qu’elles avaient été déposées sur ces fonds en 1859 et en 1861; et le fait important qu'il s'agissait de constater : savoir si nous pourrions crées artificiellement sur nos côtes des bancs d’huître, et si, entre autres, les fonds de vase du Bassin de Gaspé et l’eau plus ou moins saumâtre qu’il renferme, pouvait convenir à ces mollusques, se trouve ainsi prouvé hors de tout doute—et il n’est pas du tout étonnant qu’une partie des huîtres que j’ai transportées et que j'ai fait déposer dans le Bassin de Gaspé, soient mortes, soit pendant la traversée de

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