‹ Rapports annuels de Pierre Fortin, ecr., magistrat, commandant l'expé dition pour la protection des pêcheries dans le golfe St. Laurent, pendant les saisons de 1861 et 1862 [microforme]Chapitre 18 sur 63 · DT · texte numérisé non relu

DT

RE DES De TU me SU SR EP EES CMS, rare EE ————-

Jaraquette sur notre côte, soit après avoir été mises à l’eau ; le changement brusque du milieu où elles vivaient dans un autre qui, sous quelques rapports, peut ne pas leur convenir autant; les quelques jours qu’elles avaient passées hors de leur élément naturel et les blessures qu’un grand nombre d’entre elles avaient nécessairement regu en les transbor. dant du canot des pêcheurs dans la chaloupe qui les apportait à bord de La Canadienne ; et une fois rendues à Gaspé, de La Canadienne dans un chaland, avec lequel on portuit les huîtres sur les fonds que l’on couvrait de ces mollusques, étaient des causes bien suflisantes pour en faire périr un si grand nombre.

On sait que si les huîtres sont blessées, et qu’elles perdent le liquide qu’elles conservent toujours dans leurs écailles une fois hors de l’eau, lequel liquide paraît servir à l'entretien de la respiration, elles meurent bientôt.

Mais il est impossible de calculer le nombre relatif des huîtres mortes et des huîtres vivantes, sans les faire examiner par des hommes équipés avec un appareil de plongeur ; et je pense que le nombre des huîtres mortes n’est pas aussi grand qu'il le parait; car ceux qui sont habitués aux pêcheries d’huître ont eu mille occasions de s'assurer combien il est plus aisé de pêcher des huîtres mortes que des huîtres vivantes : les premières sont légères et restent à la surface de la vase, tandis que les dernières, qui sont plus pesantes et qui remuent presque constamment, s’y enfoncent. À Caraquette, où les bancs d’huître sont auoiens, j'ai vu les pêcheurs ne retirer souvent que des écailles vides d’huîtres de plusieurs coups de rateau ; et même lorsqu'ils en retiraient de bonnes huîtres, celles-ci se trouvaient mêlées à un bien plus grand nombre d’huîtres mortes.

Maintenant, si les huîtres vivent dans un milieu qui leur convienne, il s'en suit uécessairement, il me semble, qu’elles doivent s’y multiplier : et cela leur est facile puisqu’elles sont hermaphrodites, et n’ont pas besoin, par conséquent, de s’accoupler pour se reproduire.

En outre, ayant trouvé de jeunes huîtres sur les vielles huîtres recueillies au fond de l'eau, et même sur les branchages dont j'avais couvert mes bancs d’huître au printemps, j'ai la preuve convaincante que mes expériences ont réussi, et que ces baucs artificiels, comme tous ceux que l’on a créés de la même mauière sur les côtes des Etats-Unis, de France et d'Angleterre, vont devenir très-peuplés, et dans quelques années pourront être exploités par nos pêcheurs.

La seule chose à regretter, c’est que je n’ai pas eu les moyens d’en transporter d’avantage et de conduire mes expériences sur un pied plus grand.

La pêche à la baleine, pratiquée cette année par huit goëlettes armées au port de Gaspé, n'avait pas été fructueuse. Les baleines n'avaient pas défailli, disait-on, mais on attribuait au mauvais temps le peu de succès de cette industrie importante.

J’envoyai encore cette fois mes constables pour essayer d'arrêter les Sauvages, Baptiste Samson et Joseph Basque ; mais malgré les recherches les plus actives, ceux-ci ne purent être trouvés.

Le 10, au matin, nous quittâmes Gaspé, avec du beau temps, pour Shallop-Creck, où nous mouillâmes à #h. 45m. p. m.: nous y débarquâmes des provisions.

Le lendemain, nous fîimes le service du phare de la Pointe Est de l'Ile d'Anticosti, et à midi, nous en repartions pour le détroit de Belle-Ile.

Le 12, x 9h. a. m., nous rencontrâmes la corvette de guerre française, Le Lavoisier ; ce bâtiment, employé à la protection des pêcheries françaises de la côte T'erreneuve, se rendait à un des ports de la côte ouest de cet île.

Vers 3 heures de relevée, nous nous trouvâmes vis-à-vis le phare de Forteau, dans le détroit de Belle-Ile ; et comme il faisait très-beau temps, le capitaiue du steamer jugea à propos de continuer jusqu'à Belle-[le, où peut-être nous aurions la chance d’avoir du calme et une mer unie pour nous permettre de débarquer les approvisionnements du phare.

Mais il n’en fut pas ainsi; le soir, ne pouvant arriver avant la nuit au mouillage, nous mîmes à la cape, ayant encore dans notre voisinage des banquises d’une énorme grosseur, et le lendemain matin, le vent s'étant mis à souffler de la partie du Ouest, puis du Nord- Ouest, le capitaine jugea prudent d'aller s’abriter dans l'excellent Havre de Kirpon, sur la côte de Terreneuve, à 18 milles de Belle-Ïle.

La carte-marine, sur laquelle eet officier avait calculé sa course, étant défectueuse et n'indiquant pas suflisaniment la situation et l’étendue d’une barre qui traverse plus de la moitié de l'entrée du dit havre, le steamer, dirigé de manière à passer à mi-chenal, toucha sur la pointe de la barre et y resta échoué sur la partie de l’arrière de sa quille:

Eee

mn

ee ee

ne ee mme — —

Aussitôt, le capitaine Gourdeau prit toutes les dispositions possibles, telles que vider une des bouilloires, faire masquer les voiles, alléger l'arrière du navire, pour le déchouer, mais comme la mer baissait tout fut inutile : il fallait attendre, pour nous mettre à flot, la marée haute du soir.

Immédiatement après l'échouement du Vapoléon 111, MM. Robinot et Durand, envi taines au long cours, français et chefs d'établissements à Kirpon, étant venus à notre secours avec de grandes chaloupes et bon nombre d'hommes, et avaient offert leurs services, que le capitaine s'était empressé d'accepter ; et ils uous avaient aidé puissamment à porter des ancres du eôté de l'Ile Jacques-Cartier, afin de mettre l'avant du bâtiment dans la direction de l'entrée du havre.

Pendant l'intervalle de la marée du matin et celle du soir, le capitaine prit toutes les mesures possibles pour mettre le vaisseau en sûreté jusqu’à ce qu’on put le déchouer le soir, et il fût en cela puissamment secondé par les marins de deux chaloupes de la corvette Le Lavoisier, arrivée vers midi à Kirpon, sous la conduite de M. Emery, pre mier enseigne de la dite corvette, lesquels marins, M. le commandant Ribour, avait mis à notre disposition avec une cordialité et un empressement dignes de tout éloge.

Dès sert heures du soir, les marius du Le Larvoïsier, au nombre de plus de 50, et M. Robinot étaient rendus à notre bord.

La marée ne devait atteindre sa plus grande hauteur qu'à neuf heures. Cependant à huit heures et demie, le Napséon LL, cédant aux eflorts de la machine, lancée à toute force, et de près de cent hommes qui tiraient, les uus sur le guindeau, les autres sur les

alans amarrés aux grelins de nos ancres mouillées dans la direction du havre, glissa sur la Dis sans chocs violents et fut bientôt à flot, et dix minutes après, il était à l'ancre dans le havre, sans avoir éprouvé aucune avarie.

M Robiuot nous prêta encore sa graude chaloupe pour repêcher nos ancres le l'ndemain, et c'est encore ce capitaine qui voulut bien nous piloter hors le Havre de Kirpon.

Le capitaine et moi remerciâmes comme ils le méritaient, 4. le commandant Ribour et MM. les capitaines au long cours, Robinot et Durand ; et le capitaine ayant demandé à ces derniers de lui fournir un compte de frais pour les bons secours qu'ils nous avaient rendus avec leurs hommes, ils s’y refusèrent noblement, nous priant seulement de faire connaître à notre gouvernement la nature des services qu'ils nous avaient rendus et qui pous avaient été si utiles; et nos rapports avec ces officiers furent toujours des plus cordiaux.

Je profitai de notre séjour à Kirpon qui se prolongea jusqu’au 16, à cause des mauvais vents, pour étudier le système des pêches françaises de Terreneuve, et des rensciguements des plus utiles me furent fournis sur ce sujet par MM. Robinot ct Durand.

Oa sait que l'Ile de T'errencuve fut découverte le 24 juin 1407, par Jean Cabot et son fils Sébastien ; mais on a des preuves à peu près certaines que ectte Île avait été visitée environ 400 ans auparavant par dés marins Islandais, lesquels après avoir quitté leur Le, cotoyèrent le Groënland, touchèrent à Terreneuve, et se rendirent même jusqu’à une terre qu’ils appelèrent Vinland, maiutenart les côtes de l’État de Massachusetts.

Le navigateur Portugais, Cortèréal, la visita aussi en 1500.

A cette époque, déjà les pêcheurs Basques avaient l'habitude de fréquenter les côtes et le Banc de Terreneuve et la côte du Labrador, pour les pêches de la baleine et de la morue.

En 1526, le Florantin Vérozzaui, envoyé par François Ier, pour faire des découvertes sur les côtes de l'Amérique Septentrionale, prit possession de cette [le au nom de la france.

Le célèbre navigateur Malouin, Jacques-Cartier, lorsqu'il fit son voyage de découverte du Csnada en 1534, s'arrêta à Terreneuve, et entre autre place, x Kirpon. où une fle et la passe qui couduit au havre portent encore son nom.

Sir Hurmpbrey Gilbert, navizateur Anglais, fit un voyage à Terrencuve en 1583, et rit possession, au uom de la Reine Elizabeth, de la Baie de St. Jean et de deux cents lieues e côtes, et plusieurs navigateurs et pêcheurs Anglais ne tardèrent pas à s’y fixer.

Les Français ne formèrent d'établissements “permanents sur les côtes de Terreueuve

que vers l’année 1604.

Pendant les guerres qui éclatèr:nt entre l’Angleterre ct la France dans le 17me siècle, les marins de ces deux nations firent dés expéditions à Terreneuve et furent. tour à tour victorieux; et le célèbre marin Canadien, Lemoine D’Yberville, s’y signala dans plu-

en

sib

nn em

e vider

houcr, flot, la

|, envi ù notre rvices, horter dans la

ites les ouer le orvette iseigne lisposi-

, et M.

endant à toute sur les sur la e dans

lnde- Don.

Ribour andé à avaient e faire et qui us cor-

HAUVAIS ements

et son visitée ur lie, ie terre

s côtes t de la

uvertes France.

Juverte le et la

583, et s lieues

euCUve e 17me

. tour à ans plu-

Re re NE Prmemennens | Éd 7 2 nent à |

EE mm — ee, — - —— me —. os

un un

sieurs rencontres; enfin, le traité d’Utrecht vint mettre fin à la guerre de la succession d’Espagne et rétablit la paix entre l'Angleterre et la France, garantit la possession de toute l’île à la première de ces puissances, mais la France s’y réserva le droit de pêche sur les côtes Nord-Est, Nord, Nord-Ouest et Ouest, depuis le Cap St. Jean jusqu'au Cap Bay, en même temps que la possessiin des Iles de St, Pierre, de Langlade et de Miquelon, qu 'elle se fit encore garantir pur les traités de Paris 1767, de Versailles 1783, de Paris 181

Les Français ont done le droit de pêche exclusif sur 420 milles de côtes de Terreneuve. Favorisés par le gouvernement qui leur accorde une prime d'encouragement trèsélevée, 10 francs par quintal métrique (à peu près deux de nos quintaux) de morue séchée exportée en pays étrangers où il y a des consuls Français ; et eu outre, 60 francs par chaque uarin où mousse employés aux pêches. Ils y ont d'immenses pêcheries, où plus de 10,000 jeunes gens viennent tous les ans de France s'y 2° soutumer aux travaux rudes du pêcheur, et s'y exercer à lutter contre les tempêtes sur une mer qui est presque toujours orageuse.

La Irance eonsidère la pêche de Terreneuve comme la véritable écol: de la marine Française, et e’est là que se forme cette pépinière de hardis marins dont elle a besoiu pour armer ses flottes; et elle en fait si grand cas, qu’elle emploïe tous les ans pour la protéger, trois bâtiments de guerre à vapeur, et deux gotlettes armées

De nombreuses lois, règlements et arrêts du commandant t. Pierre, régissent les pêches françaises de Terreneuve ; mais je crois ne devoir parler ie que de ceux qui concernent la pêche de la morue qui se pratique sur la côte de cette île, et la possession de terrains nécessaires à l'exploitation de ectte industrie,

Les bâtiments qui arment en France pour la pêche de Terreneuve, sont divisés en trois séries :—Première série, de 158 tonneaux à 400 tonneaux ;

Seconde série, de 100 «o à 158 do; Troisième série, au-dessous de 100 tonneaux.

Les propriétaires des bâtiments de ces différentes séries, tirent au sort tous les cinq ans pour l'occupation des établissements de pêche sur la côte : les meilleurs numéros choisissant les meilleurs postes de pêche, et ainsi de suite jusqu'aux moins bons.

Cette manière de distribuer les places de pêche a été trouvée la plus satisfaisante pour les pêcheurs, quoiqu’elle ait plusieurs inconvénients, entre autres celui d'empêcher les armateurs riches de faire de beaux et bons établissements ; parce qu’au bout de Re années d'occupation, ils seraient exposés à les voir passer en des mains étrangères: car i u’est pas permis à un pêcheur de ne rien enlever de son établissement lorsque le tirage a lieu.

C'est ce printemps que le dernier tirage s'était fait, et il y avait eu 111 bôtiments pour la première série et presqu’autant pour chacune des deux autres.

Les bâtiments de la 1ère série doivent avoir un équipage d'au moins 65 hommes et mousses ; ceux de la seconde, 45, et ceux de la troisième 80 ; ce qui donne un nombre de 10 à 12 mille pêcheurs employés aux pêcheries françaises de la côte de Terreneuve depuis le Cap St. Jean à l'Est jusqu'à la Baie St. Gcorge à l'Ouest.

Les règlements principaux qui concernent la pêche à la morue, sont ceux qui défendent l'usage des lignes de fonds ou d’arouelle, pour la capture de ce poisson, et ne permettent l’usage de seines à morue qu'en berge ; il esc strictement défendu à tout pêcheur de déborder ou de tirer une seine à morue ou même à capelan sur le rivage ; sans doute, afin de ne pas déranger ces poissons lorsqu'ils sont occupés près des côtes à la reproduction de leur espèce.

Les Français font peu d'usage de la ligne sur la côte nord de Terreneuve, pour la pêche de la morue. [ls s’y servent généralement de seines très grandes, qui ont presque toutes 190 brasses de longueur et t 80 brasses de largeur. Il faut près de 40 hommes pour les manier avec succès, et elles sont très coûteuses. Mais aussi on peut capturer avec ces vastes filets, dans un seul coup, des quantités énormes de poisson ; 50, 100 et même jusqu’à 200 quintaux de morue, ou 5,000, 10,000 et 20,000 morues.

Mais il faut que le poisson se tienne en bancs et abonde sur les fonds de pêche ; sans cette condition indispensable, la pêche à la seine rapporte peu, et alors la perte est énorme pour les armateurs.

Cette année la morue a peu donné sur la côte de Kirpon et les pêcheurs de cet endroit, entre autres MM. Robinot et Durand ont fait en conséquence des pertes d'autant plus sen sibles, qu'ayant peu de morue à exporter, ils ne toucncront que peu d’argent de prime.

EE

On compte à Kirpon 7 établissements de pêche, appartenant en grande partie aux Ports de St. Malo et de St, Servan et qui emploient 18 navires, du port de 200 à 500 tonneaux. Nous en vîmes partir un beau, de 500 tonneaux, chargé de morue séchée pour les Iles Bourbon et Mauritius, que les Français approvisionnent eu grande partie de poisson.

Les pêcheurs Français sont oblisés d'apporter de France presque tout ce dont ils ont besoin pour i’exploitation «e leur industrie : bois de service, planches, madriers, morceaux d’orme et de chène pour réparer leurs chaloupes et leurs bâtiments, farine, lard, beurre, etc. l'Ile de Terrencuve ne produisant rien de tout cela.

Et ils consomment tous les ans pour un fort montant de tous ces articles, qui coûtent généralement en France beaucou:: plus cher qu'en Canada ; et les pêcheurs Français retireraient certainement de grands avantages, à venir acheter chez nous, la plus grande partie des approvisionnements dont il ont besoin.

Mais, me dira-t-on, s’il y avait des bénéfices à gagner, pourquoi les armateurs Français n’ont-ils pas plus tôt pris avantage du bas prix de nos marchés ? Et pourquoi, d'un autre côté, les marchands Canadiens w’ont-ils pas lié des rapports de commerce avec les pêcheurs Français et ne leur ont-ils pas expédié des eargaisons de bois appropriés à leurs besoins, et de farine et provisions ?

À cela, je répondrai que c’est dû à deux causes principales : en France, on a peu de connaissance des ressources variées du Canada; et ici, on a ignoré, en général, jusqu’à ces dernières années, la nature, l'éteudue, l’importan:: et les besoins des pêcheries françaises à Terreneuve.

Pour de plus amples informations sur ce sujet. on peut consulter mon rapport de 1858, sur St. Pierre et Miquelon.

Je ne prétends pas et je ne veux pas dire qu'il puisse s'établir des relations commerciales d’une importance très-considérable, entre les marchands du Canada et les armateurs et les pêcheurs Français de Terreneuve, mais ce que je crois très possible et ce que je désirerais voir se réaliser, pour l'avantage mutuel des armateurs et marchands Canadiens et Français de Terreneuve, c'est que le Canada, et principalement Québec et (raspé, approvisionnent ces derniers des bois ct provisions qui leur sont indispensables pour leurs pêcheries, et qu’en retour on rapporte des produits français, surtout des cordages français, qui sont d’une qualité supérieure, et dont ou ferait une grande consommation pour nos navires.

Ce commerce pourrait donner de l’emploi à 10 de nos goëlettes pour les premières années, et plus tard ce nombre s’accroîtrait.

Ce que je viens de dire s'adresse particulièrement aux pêcheries françaises du nord de Terreneuve ; car quelques-uns de nos armateurs et plusieurs marchands, entre autres M. E. Hudon, de Montréal, sont en rapport de commerce suivis avec St. Pierre, et tandis qu'ils y expédient des bois, des farines et des viandes salées, ils en rapportent des vins, des eaux-de-vic, des cordages, ete., ete. ; et ce commerce, qui date du voyage de La Capricieuse à Québec, et surtout de celui de La Canadienne à St, Pierre, augmente en valeur tous les ans, et quelques-uns de nos petits bâtiments y sont employés constamment.

Les marchands Canadiens, et les armateurs Français Ge Terreneuve, ne peuvent que gagner beaucoup à ces rapports fréquents entre les deux pays, ct il est à regretter qu'ils h’aient pas été établis beaucoup nlus tôt.

Une chose qui contribuerait peut-être plus que toute autre à les étendre ct faire conpaître aux consammateurs Français les produits variés dont nous pouvons disposer pour le commerce d'exportation, ce serait la visite de nos ports de mer par les vaisseaux de guerre Français, chargés de la protection des pêcheries françaises à Terreneuve.

Outre la corvette La Capricieuse, qui est venue à Québee en 1855, et dont la présence dans les eaux à eu pour conséquence d'établir un commerce direct entre la France et le Janada, la frégate à vapeur, La Pumone, a fait un voyage dans le port de Gaspé en 1861, et sa venue a été accucillie par toute la population de ce port avec plaisir, et lorsque le commandant, le Marquis de Montagnac, est parti pour retourner à Terreneuve, on lui témoigna le désir de le revoir l’année suivante.

Le 16, à 9h. à. m., uous partimes pour Belle-lie, une brise lègère soufllait du Nord- Est, et nous pûmes y mouiller à 11 heures. Tout l’après-midi fut employé au débarquement des cffets destinés au phare ; et à 6h. p. m. nous nous mîmes en route pour la Baie de Forteau; mais la nuit nous ayant surpris avant d’y arriver, nous mîmes à la cape.

Le lendemain, nous mouillâmes à l’Anse à l’Eau, à cause du vent de Nord-Ouest; et

rtie aux 500 tonpour les )oissOu.

: ils ont 10rceaux rre, ete.,

coûtent ais retile partie

français in autre êcheurs besoins,

peu de qu'à ces inçaises

ommernateurs je désiliens et appropêcheais, qui avires.

mières

lu nord ‘autres tandis 'S vins, La Cavaleur

nt que qu'ils

'e con- Jour le eucrre

l pré- France pé en orsque on lui

Nordarqueà Baie

st, et

es AN

Re me

dans l’après-midi, le vent ayant sauté au Nord-Est, nous nous vîmes contraints d’aller à V’Anse aux Morts.

Nous avions trouvé, à l’Anse à l'Eau, trois goëlcttes et un brigantin, employés à la pêche de la morue, qui avait peu réussie cette année. Il n’avait encore été pris là que environ 500 barils de hareng.

Le 18 au matin, nous fâmes à Forteau pendant quelques heures, et nous vtnmes mouiller à l’Anse aux Blancs-Sablons à 10h. a. m.

La Baie de Forteau est généralement un lieu très-favorable à la pêche de la morue, mais cette année, quoique le capelan y fut en assez grande quantité sur les côtes pendant six semaines, elle n'avait fourni que des produits de peu de valeur.

Dans les meilleures journées, les pêcheurs n'avaient rapporté que 600 morues. Quant au hareng d'automne il ne s’y était pas montré du tout.

Il y avait les bâtiments suivants :—Une barque, appartenant à la maison De Quetteville, et deux brigantins à la maison Le Boutillier ct Frères, prenant leur cargaison de morue pour la Méditerranée.

Dans l’Anse aux Blaucs-Sablons, la barque Nameless, les brigantins Merida, Sarah et Pandora étaient sur le point de partir pour Cadix, Naples ou Civita-Vecchia, avec de la morue séchée.

La pêche de la morue y avait été assez fructueuse, quoiqu’elle cut commencé tard à cause des glaces et qu’elle n'eut guères duré plus d’un mois. Quant à celle du hareng, elle avait presqu’entièrement manqué, ce poisson n'ayant visité ces côtes qu’en nombre très-limité, et de plus il était d’une petite espèce.

On peut voir, à In fin de ce rapport, dans le tableau des bateaux de pêche, ce qu'a rapporté la pêche de la morue aux lanes-Sablons et dans tous les autres lieux de la pêche de la côte Nord.

Le 19, je partis en chaloupe pour aller visiter le Petit Ilavre, la Longue Pointe et la Baie de Bradore ;- mais le vent et la brume étant survenus, je fus obligé d'envoyer mon embarcation et de prendre la route de terre, et ce jour-là je n’allai pas plus loin que l’Anse des Dunes.

Le lendemsin matin, je chargeai un de mes officiers de faire la visite de la Baie de Bradore et voici les renseignements qu’il y recueillit :

La pêche à la morue, commencée tard aussi, y avait rapporté environ 83 quintaux de poisson par bateau à nos pêcheurs ; mais les pêcheurs étrangers y avaient un peu mieux réussi, parce qu'ils étaient mieux équipés, et que beaucoup d'entre eux disposaient de larges seines à morue.

Le hareng avait si peu donné dans la Baie de Bradore e: le temps avait été en général si orageux lorsqu'on pouvait en faire la pêche, qu'il n’en avait été capturé que quelques barils par les pêcheurs résidents. Les pêcheurs étrangers de leur côté, n'en avaient capturé que quelques centaines de barils.

Cette disette d'un poisson si excellent, allait causer quelqu'embarras à une partie de la population résidente de sette extrémité de nos côtes qui compte principalement sur Îles profits qu’il leur rapporte sur le marché de Québec, pour s’y procurer les provisions de bouche pour l'hiver.

Malheureusement, c'était bien pis encore sur la côte du Habrador, qui est placée sous la juridiction du gouvernement de Terreneuve ; car la pêche du hareng y avait manqué entièrement, et comme celle de la morue n’avait rapporté que per de chose, li population s’y trouvait dans la plus grande détresse, et déjà plusieurs familles, dans la crainte d'y manquer de vivres, avaient fui sur la côte de Terreneuve ; on espérait cependant que Île gouvernement de cette [le enverrait quelques cargaisons de provisions pour être distribuées aux habitants dans les localités où la misère se faisait le plus sentir.

M. Louis Jones, le locataire de la Rivière de Bradore, se plaignait de ce que les officiers de la frégate anglaise le Signet, étaient venus dans le mois précédent seiner, malgré la défense qu’il leur en fit, des truites et du saumon dans la dite rivière, et dans les Losses où ces poissons frayaient. [1 dit de plus qu'il leur avait montré la licence qu'il tenait du gouvernement, et qui lui assurait la pêche de la rivière, mais que ces officiers n'y avaient fait uulle attention. |

La Rivière de Bradore n'a pas une grande importance, il est vrai, mais je crois devoir signaler ces faits, parce que la désobéissance aux lois de pêche par les ofliciers qui sont

Page 1