‹ Rapports annuels de Pierre Fortin, ecr., magistrat, commandant l'expé dition pour la protection des pêcheries dans le golfe St. Laurent, pendant les saisons de 1861 et 1862 [microforme]Chapitre 19 sur 63 · ZE ————"" "—__——__—___ __ ——"— · texte numérisé non relu

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chargés de les faire exécuter, doit avoir un très mauvais effet sur l'esprit de la population de la côte Nord.

Le gouvernement anglais envoie tous les ans, une ou deux frégates ou corvettes, pour protéger les pêcheries de la côte du Labrador qui appartiennent à Terreneuve, dane le détroit de Belle-Ile, comme sur la côte de l'Atlantique, jusqu'aux établissements de la Baie d'Hudson ; mais il est rare qu’elles viennent sur les côtes du Canada, ct si elles s’y montren!, ce n’est guères que pour visiter l’Anse aux Blancs-Sablons ou la Baie de Bradore. Cetie dernière place ainsi que la Baie de Bradore, avaient été visitées par le nombre ordinaire de 200 à 250 goëlettes de la Nouvelle-Ecosse et de l’Ile du Prince-Edouard, mais ou y avait vu moins de goëlettes américaines qu’à l'ordinaire.

À part d’un cas de difficulté, dont je disposai entre deux personnes de l’Anse aux Blancs-Sablons, la paix publique n'avait pas été troublée dans ces endroits.

On trouvera à la fin de ce rapport des tableaux indiquant la quantité de loups-marins et autres poissons qui ont été pris cette année.

Dans l'après-midi du 20, nous quittâmes l’Anse aux Blancs-Sablons ; le steamer alla mouiller de suite à Bonne-Espérance pendant que j’allai visiter, avec un de mes ofliciers, les ports de Belles-Amours, de Middle Bay, de Five-Leagues et de la Baïe des Saumons ; nous y trouvâmes tout en règle.

La pêche de la morue et celle du saumon n'avaient pas très bien réussi sur cette partie de la côte ; sans doute à cause du séjour prolongé qu'y avait fait les glaces du printemps.

Le 21 septembre, je me rendis dans la Rivière St. Paul, jusqu’à la demeure de M. Chevalier, le locataire, qui n'avait retiré cette année, de ses pêcheries, que 29 barils de saumon.

On peut voir à la fin de ce rapport dans un des tableaux, la quantité de saumon pris chaque jour et les dates du commencement et de la fin de la pêche.

Où verra par ce tableau que cette rivière a défailli cousidérablement depuis l’année dernière, mais ceci est dû seulement, je crois, à ce que les glaces n’avaient pas permis de commencer la pêche aussi tôt que les autres années. Je n’y vois pas d’autres causes, puisque les règlements ÿ sont strictement chservés, depuis qu'ils ont été passés, et que personue n’y prend du saumon après le 31 juillet, à moins que ce ne soit les Sauvages lorsqu'ils remontent la rivière dans l'automne, pour se rendre dans l’intérieur à leurs places de chasse. Il est naturel de penser qu'alors ils se nourrissent des saumons ct des truites qu'ils peuvent capturer sur leur route ; mais ils ne peuvent pas faire une grande destruction de saumon, puisqu'ils n'apportent pas de sel avec eux pour en faire des salaisons et qu’ils ne trouvent là personne à qui le vendre.

Les produits de la pêche de la morue à Bonne-Espérance, comme dans les postes voisins, avaient été ceux d’une année moyenne, et dans plusieurs endroits un peu moins, Quant au hareng, on le voit rarement sur cette partie de la côte.

On verra par le tableau des pêcheries de loup-marin, qu’elles y avaient peu réussi, à cause du temps orageux de l'automne dernier et des glaces ce printemps.

Le 22 septembre, j'envoyai un de mes officiers visiter les postes du Vieux-lort, de l'Ile aux Chiens, de ia Baie des Rochers, de Napitippi, de Chicataca, (nous ne pouvions nous reudre à ces postes :.vec le steamer,) puis une fois la visite faite, la chaloupe devait venir nous joindre à St. Augustin; c'était une. distance de 37 milles que le canot avait à parcourir,

Quant à moi, je terminai mes affaires à Bonne-Espérance, j'allai visiter le poste des Îles Brulées où le steamer vint me prendre à 1h. p. m., et nous arrivâmes vers 6 heures à St. Augustin. J'allai de suite voir M. Matthew Kennedy à son poste. Ce monsieur, en l'absence d'uu garde-péche, me donne sur les pêches qui se pratiquent dans les environs, tous les renseignements dont j'ai besoin et perçoit pour moi l'argent des licences.

Les postes de Kaïnt Augustin sont trés-éloignés les uns des autres, et souvent je ne puis les visiter tous.

M. Kennedy n'avait pas si bien réussi dans ses pêches que de coutume, et les pêcheurs des alentours n'avaient pas obtenus de meilleurs résultats.

Le soir, je rtournat à bord et treuvai mon canot de retour de sa course, qui avait été prolougée par des vents forts de l'Ouest.

Voici le rapport que M. Hamond me fit :—Pêche médiocre de morue et de saumon partout où il était allé, comme on peut le voir par le tableau à la fin du rapport. Et comme

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la chasse aux fourrures, sur laquelle ces habitants dépendent beaucoup, ne leur avait presque rien rapporté l'hiver dernicr, plusieurs d’entre eux se trouvaient dans la wêne.

Le 23 au matin, j'allai au poste de M. Andrew Kennedy, qui avait pris, cette année, 51 barils de saumon ; ce pêcheur était celui quiavait le mieux réussi dé toute la division : les autres n'avaient fait que des péches moyennes.

On me sienala aucune infraction à la loi, et tout y avait été trauquille pendant l'été.

A 2h. de relevée, nous quittämes St. Augustin, et arrivés à La Tabatière à 6h p.m., j'y débarquai, tandis que le Vupoléon LIL allait mouiller dans la Baie des Moutons.

M. Buckle, le SUCCESSCUr de M. Samucl Robertson, au poste important de La Tabatitre, n'avait fait qu'une pêche au loup-marin, bia peu fructueuse l'automne précédent, à cause de la rigueur de la saison, qui ne leur avai: pas permis de tenir leurs filets tendus pendant plus d’une dizaine de jours ; puis les siices étaient arrivées et les avaient forcés de cesser leurs opérations de pêche, lorsque les troupeaux de loups-marins paraissaient incessamment près des côtes.

La pêche de la morue y avait été médiocre, du reste ce poisson fréquente rarement ces parages en grande abondance.

On n'avait vu que très-peu de woëlettes étrangères, cctte année, à La Tabatière et dans les environs.

À 10h. 50m. p.m., je retournai à bord. Le 24 au matin, j'allai visiter quelques postes de pêche de la Baie des Moutons, et comme il ÿ avait uue brume épaisse qui nous empéchait de partir, j'envoyai ma chaloupe faire la visite de la Rivière du Grand Meccatina, où pêche M. Benjamin Reed.

Les renseignements que nous recucillimes n'étaient pas des plus satisfaisants : les pêches, dans ces endroits, n'avaient fourni que des produits beaucoup moindres en général qu’à l'ordinaire ; la population y était dans un état très-précaire, ct on s'attendait même qu'il y aurait beaucoup de misère pendant l'hiver prochain ; car, malheureusement, les marchands de la Nouvelle-Ecosse, qui trafiquent sur cette côte, n'y avaient pas été depuis l'été, ct les pêcheurs n’aveient pü, en conséquence, se procurer d'eux des avances de provisions pour l'hiver.

Le 25 au matin, nous quittäines la Baie des Moutons, et après avoir touché à la Tête à la Baleine, pour y faire la visite des établissements, et au Petit Mecsatina, pour le même objet, nous allîmes mouiller dans la Baie de Coacoachoo à 4h. 50m. p.m.

Pêche médiocre de morue ‘lansces endroits. Le maquereau, cependant, y avait été plus abondant que de coutume dans le mois d’août, mais comme il se trouve peu de pêcheurs sur cette partie de la côte, se livrant à la pêche de ce poisson, il n'en avait été pris qu'un peu plus de cent barils.

L’occupant d: la Rivière de Coacoachoo était absent.

A Etamamu et dans les postes Voisins, nos pêcheurs n'avaient pas eu à se plaindre des étrangers cette année, et tout s'y était passé dans l'ordre. Plusieurs années de suite, des pêcheurs de la Nouvelle-cosse, avaient tenté de pêcher le saumon à l'entrée de la Rivière Etamamu, quoique A, Michel Blais en fut le locataire, mais j'avais su les empêcher.

Partis de Coacoachoo à Dh. #5m. a4m., le lendemain, nous arri äimex "dans ja Baie de Kégasca cinq heures plus tard, malgré un fort vent de Sud-Ouest, accompagné de pluie.

J'y trouvai là M. Pierre Blais, le locataire de la Rivitre Wash-shee-cootai, où je n'avais pû m'arrêter le matin à cause du veut, lequel me fournit les renseignements suivants :

Le saumon ne s'était montré dun: les rivières de cette partie de la côte, que fort tard dans la saison, et on donnait pour cause de ce fait, la présence des glaces sur les côtes du détroit de Belle Ile, jusqu’au milieu du mois de juillet, comme je l'ai déjà dit: en conséquence, les pêcheries de saumon n'avaient pas produit autant que les années passées, car les née ôcheurs, pour obéir aux règlements de pêche, avaient été oblivés de lever leurs filets et de cesser de pêcher lorsque là montée du saumon était encore abondante.

Mais ce qui est perdu pour les pêcheurs, est autant de gagner pour ces rivières dont,

vu la grande quantité de saumon qui ont pü se rendre sur les frayères cctte année, le repeuplement devra s’opérer maintenant dans des proportions plus grandes que par Île passé ; et nos pêcheurs seront bien récompensés dans quelques années de la fidèle obser-

vance des lois de pêche, dont ils out donné l’exemple depuis plusieurs années (et cette année surtout) par les pêches rémunératives qu’ils devront y faire.

Les rivières, où on avait surtout remarqué l'apparition tardive du saumon, sont: la Romaine ou Olomancsheebo, la Waske-shee-cootai, l Musquarro et la Kégasca. On verra

ar le tabieau des pêches ce que chacune d'elles a produit cette année.

Aux établissements de la Baie de Kégasca, les bateaux avaient capturé en moyenne, 60 quintaux de moruc chacun. Vers le milieu du mois de septembre, la morue avait aflué sur le banc de Kégasca, qui comme on le sait, est une continuation du bane de Natashquan, et l’équipage d’une petite goëlette de l'endroit avait eu 50 quintaux de belle morue pour prix de leur travail de deux jours seulement.

À 9h. 45m. a.m., le 27, nous allâämes mouiller vis \-vis la Rivière Natashquan.

J'y pris à bord le marin Jean Blanchette que j’y avais laissé lors de mon premier voyage, pour remplir la charge de garde-pêche, daus cette importante rivière; et j’eus le plaisir d'apprendre de lui, que par ses visites fréquentes dans cette rivière jusqu'aux rapides, il avait constaté, qu'il n’y avait eu aucune infraction à l’Acte des Pêcherics.

V:rs il heures, nous nous rendîmes au Havre de Natashquan, et après avoir vu que tout y était en ordre, nous nous mêmes en route, pour les Iles de a Madeleine, à 2h. p. rw.

Je n'ai pas besoin de répéter iei que M, De La Parrelle, l'armateur de Natasbquan, y avait fait une pêche de morue excellente, Les pêcheurs acadiens n'avaient pas, en moyenne, plus d'environ 60 quintaux par bateau.

Nous cûres du beau terups pour traverser le golfe, de Natashquan aux Iles de la Madelcine, et à 1h. Um. p.m., le lendemain, nous étions arrivés au Havre aux Maisons, éioigné de 220 milles marins, du poste que nous avions quitté la veille.

En passait à la Pointe de l'Ouest de l'Île d'Amherst, nous avions rencontré une dizaine de goëlettes américaines qui s'y livraient à la pêche du maquerean.

Après avoir visité les établissements du Havre aux Maisons et avoir envoyé un de mes officiers visiter ceux de l'EÉtang du Nord, nous allâmes au Havre Amherst le Jendemain. La cour de circuit siégeait alors dans cette De.

Pendant notre absence, la tranquillité et la paix n'avaicut pas été troublées dans les ports et sur les cûte: des Iles de la Madeleine ; mais je regrette beaucoup d'avoir à signaler des actes de déprédation et de pillige, commis en plein jour, à bord de deux bâtiments anglais qui, pendant un temps de brouillard, Ctaient venus s'échouer près des Les de la Madelvine, par dés pêcheurs américains, appartenant à des goëlettes qui étaient occunées, dans le voisinaue, à taire la pêche du maquereautL.

U parait que pendant que les capitaines et Les équipages de ces bâtiments travaillaient, soit à les déchouer, soit à mettre en sûreté ce qu'ils pouvaient sauver de leurs eargaisons, les Américains, qui étaient venvs à bord (pas tous peut être, mais un grand nombre), volaient et pillaient tout ee qui pouvait leur tomber sous la main.

Heureusement qu'un des vaisseaux, celui qui avait touché vis-à-vis l'Etanzx du Nord, pt se déchouer bien vite et partir pour continuer son voyage en Angleterre.

Celui qui avait fait naufrage à l’Ile d'Entrée fut abandonné ; mais pour empêcher le: pêcheurs américains d'en voler les agrès, le capitaine avait été obligé de mettre des hon:nes armés à bord.

Ces actes sont déshonorants, et annoncent une graude dépravité et une habitude du crime chez ceux qui s’en rendent coupables. Malheureusement, comme j'étais à Québec ou en route pour m'y rendre, pour me conformer aux instructions que j'avais reçues à cet effet, il n’y avait prsonne aux Iles de ]x Madeleine qui pût protéger eficacement là propriété des pauvres marins anglais, et qui voulut même tenter d'arrêter ces pêcheurs aimé. ricains pour les traduire devant la j istice, tant ils sont redoutés aux îles ; et leur impunité les encouragera peut-être malheureusement à se rendre coupables de nouveaux actes de pillage aussi effrontés et aussi révoltants que ceux dont je viens de parler, si l'occrsion S'en présentait.

D'un autre côté, je me plais à rapporter les services importants que le percepteur du Port d'Amherst, M. lux, Pazont de Llovds, M Fontana et A Bourque, chef d'établisse: ment de pêche à l'Etang du Nord, aux capitaines des navires naulriués.

La pêche de la morue avait été œénéralement fructueuse aux Iles de la Madeleine. La Baie de Plaisance et les caux qui baignent les côtes des îles avaient abondé en maquereaux pendant l'été ; elles avaient été fréquentées par 200 à 500 voiles améz:caines, dont un

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bon nombre avait réussi à capturer au moyen de leurs appâts, dont ils leurrent le maquereau, pour les faire venir à la surface de l’eau, et de leurs lignes, assez de barils de cet excellent poisson pour que leur voyage leur rapporta de bons béncfices.

Les habitants mêmes des Iles, avaient pêché le maquereau de la même minière dans la Baie de Plaisance, et souvent pour prix de leur dextérité, ils avaient rap porté chez eux de 200 à 500 maquereaux de première qualité. Malheurensement, il n’y avait pas eu de débouché pour la vente de ce poisson, sur les marchés de la Nouvclle-Kcosse et des Etats- Unis, et il se payait à Amherst à raison de $3 à $5.50 les 200 livres, au lieu de $8 à $10, comme dans les années ordinaires.

On peut voir dans les tableaux qui sont à la fin de ce rapport, le nombre de oëlettes et de bateaux employés à la pêche aux Iles de la Madeleine, et les résultats qu'ils ont obtenu, cte., cte.

Ma visite aux Iles étant terminée, je donnai l'ordre du départ.

A 5h. p. m., le 50, nous nous mîmes en route, et étant si Fe un grand vent de Nord Nord-Est, nous mouillâmes dans le Havre de Pictou à 2h. p. m.. le lendemain.

Nous y fümes aceupés trois jours à remplir toutes nos soutes charbon.

Le 4, nous quittâmes ce port à Gh. a. m., pour Paspébiae. Mais le Ieudemain, nous fümes assaillis au large de l'Ile de Miscou, par une tempête de vent d'ouest des plus violente et forcés de chercher un abri à Percé, où nous jetâmes l'ancre à 2h. p. m.

Le lendemain je visitai les établissements de Percé et du Coin du Bane, puis nous allämes à la Malbaie dans l'après-midi et le soir à la Pointe St. Picrre.

À Percé, la pêche de la morue d'automne était excelleute, sur les bancs du large surtout, et avait rapporté plus que les années précédentes. Le hareng aboudait près des côtes, sais il était en général petit.

Au fond de la Malbaie et à la Pointe St. Pierre, nos pêcheurs avaient moins bien réussi, et depuis quelques semaines, déjà les petits poissons qui servent d'apyâts, étaient si rares, qu'ils étaient forcés d'employer des coques pour amoreer leurs lignes,

Je reuvoie aux tableaux, à la fin de ce rapport, pour la quantité de poisson pris dans chacune de ces localités.

Le 7, nous quittâmes la Pointe St. Pierre et nous arrivions au Port-Daniel à 5 heures de relevée. J'y allai visiter les établissements de pêche et y trouvai tout en ordre. Le garde-pêche de cette localité, M. Phelan, n'avait aucune iufraction à l'acte des pêches à signaler.

Nous nous rendimes à Paspébiae à Sh. a, m. le lendemain.

Il y avait dans la rade un vaisseau neuf, le /Zebé, appartenant à la maison LeBoutillier ct Frères, dont je ne puis m'empêcher de dire un mot: c'était un beau brick, clipper, du port de 226 tonneaux, d'une forme élancée ct fini et gréé avec tout ee que r’art moderne peut fournir de plus beau et de meilleur. Il était affecté au transport de la morue do Paspébiac, soit au Brésil, soit dans la Méditerranée, el vu ses bonnes qualités marines et sa marche rapide, il disposait presque toujours d’un fret de retour de ces ports pour l’Angleterre. Il avait été construit à Jersey par M. Le Vescomte, constructeur de navires du Port de St. Hélier, et était sur le point de terminer son chargement de morue de 5300 quiutaux et il allait partir pour le Brézil,

Le Diana, un autre brick de ec genre, mais de moindre tonn-ge (216 tonncaux) appartenant à la même maison ct le Teaser de 144 tonneaux avaient été expédiés cette année au Brézil, le premier avec 2818 toubes (eu anglais tub, petit baril conteuaut un quintal portugais 12$ Tbs de mcrue séchée ct pressée) de morue sèche, et le dernier 1854.

Partis tous les deux le 22 juin, de Paspébi: 6, ils étaient arrivés à Bahia, le Diana Je 16 et le Zecser le 20 août, et leurs cargaisons avaient été vendues à raison de 14500 réis la toube.

Le reis est une monnaie de compte de Portugal et du Brézil, qui vaut deux chelins et deux deniers et demie sterling les mille réis ; l'échange à Londres sur mille réis, varie de

23 à 29 deniers sterling, ct de puis quelques années, cette échange n’a pas été au-dessous de 25 deniers. À Bahia, on avait offert à ces bâtiments des frets de retour pour l'Europe à raison de trente cinq chelins le tonneau, ce prix est très bas.

Des bâtiments venus de T'erreneuve au même port, avee de la morue de cette Ile,

n'avaient pu obtenir que 7500 réfs par toube; cette vente était ruineuse pour Îles arma-

teurs, quoique la morue de Terrencuve n’obtienne jamais des prix aussi élevés que celle de Gaspé, qui lui est de beaucoup supérieure,

Le brigantin HMurie- Georgiana, de 101 tonneaux, avait fait un voyage à la Barbade, pour y porter de Ja morue séchée, du hareng saumuré et fumé, ct de l’avoine ; il avait rapporté des sucres et de la mélasse, Son voyage d'aller et de retour avait été accompli dans le court espace de 42 jours.

Plusicurs barques ét bricks appartenant, tant à la maison Robin qu’à la maison Le- Boutillier, étaient partis depuis peu, avec des chargements de morue pour Cadix, Naples, Civitta Vecchia et d'autres ports de la Méditerranée, et les nouvelles apportées de ces places faisaient connaître que notre poisson y obtenait des prix très élevés.

Enfin, le commerce était très actif à Faspébiac et tout portait à croire qu’il allait être exporté une énorme quantité de merae de ce port.

Le tableau des bâtiments qui suit c* rapport montrera le nombre de vaisseaux qui ARDREESRRENS à ce port, leur tonnage, avec remarques, ete.

Le 9, il se tint à New-C arlisle, une ex xposition agricole qui fait beaucoup d'honneur aux cultivateurs de cette partie du district de Gaspé. L'espèce bovine, et l'espèce ovine y étaient représentées par des sujets remarquables sous tous les rapports. On a l'habitude depuis longtemps dans ces contrées de faire des croisements judicieux des animaux du pays avec des animaux de race

Le 10, nous nous rendimes à New Richmond. Nous y trouvâmes la barque anglaise Atlantic, qu'on chargeait de bois pour Liverpool : sa cargaison devait se composer de 550 tonneaux de bois carré, de 10 cordes de latte et de 15,000 pieds de madriers ; ct deux brigantins avaient été employé és pendant toute la saison de la navigation à transporter à St. Jean de Terreneuve des produits semblables.

M. Dinnock, le carde-pêche de cette division m'annonça que tout y était en règle.

Je n'étais proposé d'aller visiter l'endroit de la Baie de Cascapédiac, où j'y avais déposé des huîtres et d’en retirer avec une drague, mais le vent d'est, accompagné de neige, m'empêcha de faire faire ce travail.

La visite de Carleton m'oceupa le lendemain : tout y était dans l'ordre.

Le 12, dans l'après-midi, nous allîmes mouiller à l'entré: de la Rivitre Ristigouche, vis-ü-vis Dalhousie : le 153 ct le 14, j'allai faire une visite à la Mission des Sauvages ct à la Rivière Matapédiac, où je pris tous les renscigneiments nécessaires sur nos pêcheries de saumon.

Je profitai de la proximité où je me trouvais des nouveaux établissements Acadiens sur la Rivière Matapédiac, pour me rendre jusqu’à cette petite colonie, composée maintenant de 258 personnes, ét tablies sur 54 fermes, entre la Rivière Ristisouche cet la Rivière Matapédiac, et qui est en voie de bien réassir. J’y tronvai déjà une certaine quantité de terre défrichée, et les crains qu'on y avait semés cette année, avaient produit des récoltes très-abondantes.

D'après les rapports qui nous venaient de l'Ile du Prince-Edouard, un bon nombre

e familles Acadiennes devait quitter cette Ile au printemps, pour venir habiter la région de Matapédiac, et nous devons espérer, qu'il ne s'écoulera pas bien des années avant qu'il s’y forme des établissements agricoles sur tout le parcours du nouveau chemin de Matapédiac.

À la Mission, je trouvai les Sauvages de la tribu des Micmaes, qui composent la population de ce village, s’adonnant beaucoup plus à l'agriculture que par le passé, et l'élève des bestiaux formait à présent, une de leurs principales occupations ; ; ét je ne pus m’empêcher de remarquer en passant, de magnifiques spécimens de l'espèce bovine, la plupart issus de croisement de race anglaise avee celle du pays.

Ces résultats sont dus en crande partie à l'encouragement ct à l’aide que le gouvernement leur a généreusement donnés depuis quelques années; et je n'ai aucun doute qu'avant bien longtemps, ils n'ab: ndonnent la chasse ct la pêche, qui ne leur rapportent que bien peu de pro fits maintenant, pour chercher dans les ressources que leur offre le sol riche sur RS its ont planté leurs tentes, leurs moyens de subsistance.

Les Sauvages de la Mission ont établi depuis deux ans dans leur village, une excellente école, où leurs enfants, en général très-intellisents, vont apprendre l anglais et le français, principalement la son ‘e de ces langues.

Je retournai par Campbellton. Cette petite ville, comme je l'ai déjà dit, est située

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sur la rive droite, ou New-Brunswickoise de la Rivière Ristigouche, un peu en aval de la Mission ; elle a été en partie détruite par un incendie, il y a deux ans.

On s'y occupe de l'exploitation du bois et aussi de la construction des vaisseaux, On y fait aussi le commerce du poisson et des fourrures qu'apportent les Sauvages de la Mission.

Voici une liste des marchands de cette ville: MM, George Moffatt, John MeMillen, James Iervie, William Parker, William Fergusson, Aflan MeKendrick, William Murray, et Thomas Kerr.

La ville de Dalhousie est plus considérable et doit son tinportance à l'excellent havre cu face duquel elle est bâtie. Des vaisseaux du plus fort tonnawe peuvent y venir en toute sûreté, car l'abri est bon et le mouillawe d'excellente tenue.

Le principal commerce de ce port est celui du bois seit. Une scierie à vapeur, appartenant à M. George Moffatt, y cest en opération pendant la plus grande partie de l'année, ct livre au commerce d'exportation pour une valeur de 89,000 de madricrs par saison.

Les principaux marchands de Dalhousie sont : MM. Gcorge Moffatt, l'honorable Wim. Hamilton, M. U. K. Smith, marchands exportateurs de bois; MM, J. IT. Le Billois, Ed. Stuart, J. Kerre, J. DeLaney, A. Chisholm, commerçants de poisson, de produits du pays et de bardeau.

On se plaignait à Dalhousie, et avee raison, de ce que l'énorme quantité de sciure qui provenait de la scierie à vapeur était en grande partie jetée à l'eau, et que cette pratique injurieuse, avait l’effet de nuire beaucoup aux pêcheries de saumon de la rivière et en même temps de causer des accumulations de sciure, mélangée avee des vases, sur les fonds du havre, qui finiraient plus tard par en compromettre la sûreté en rendant son ancrage peu sûr. On devrait, ilime semble, obliver le propriétaire de la dite scierie à construire un

fourneau, où il ferait consumer toute la sciure du moulin, comme cela se pratique à St. Jean

du Nouveau-Brunswick.

Ce sujet mérite, certainement, la considération de toute la popalrHune de cette partie du Pays ; DOUS, Canadiens, SOInInes intéressés autant que tout autre à la couscrvation du Havre de Dalhousie, le meilleur endroit de mouillage pour les grands vaisseaux, à l'entrée de Ja Rivière Ristigouch e.

Dans cette dernière visite à la Rivière Ristigouche, je vis M, MeEwen, le garde-pêche de cette division, et j’appris de lui et de plusieurs autres personnes qui ont un grand intéréc dans les pêcheries de saumon, que depuis mon Gernier voyage, aucune violation de nos lois de pêche n’était venue à leur connaissance, de notre coté de la rivière. Nur la rive du Nouveau-Brunswick, au contraire, on disait qu'il s’y faisait toujours une crande destruction illégale de saumon ; et on me rapportait que plusieurs hommes appartenant à une compagnie qui se livrait à l'exploitation du bois sur une des branches de li Rivière Ristisouche, y avaient pris une grande quantité de ce poisson, avec des seines et des filets. Mais on ne pouvait ricu me dire de positif là-dessus, pas même si e'était en Canada où dans la province voisine que ces déprédations avaient “6 commises.

Je conçois bien que la protection du saumon, dans la Rivière Ristisouche ct dans ses branches, au nombre de cinq, soit très difficile; et pour le faire cflicacement, il faudrait placer un et même deux gardes-pêche dans chaque branche de Ja dite rivière, et puis, ce qui serait encore plus nécessaire, ch: invcr les rè slements de pêche ; je parle de ceux du Nouveau-Brunswick, qui datent de 1855, les nouveaux règlements passés en ISGT, à Dalhousie, n'ayant pas recu la sanction du gouverneur de cette provinee.

Mais les choses allaient changer de face bien vite, disait-on : hf. Fraser, de Miramichi, avait été choisi pour agir comme commissaire des pêcheries de la Rivière Ristigouche et des rivières voisines, et on espérait que la nomination de ce monsieur, dont on reconnaissait l'aptitude à remplir ce poste important, aurait les rneil ours résultats sur l'objet en vue, qui est la conservation du saumon et des autres espèces de poissons qui fréquentent ces rivières.

Le 15 au matin, nous quittâmes Dalhousie. Nous touchämes à Carleton pour y déposer notre pilote, et le soir nous allâmes mouiller à New-Carlisle.

En débarquant à Carleton, j'eus occasion d'exmainer le ben jui que M. John Meagher a fait construire dans eette baie, où le commerce tente de plus en plus à s'aucgmenter dans des proportions assez considérables. Ce quai, dans x construction duquel sont cutrés les meilleurs bois que puissent fournir les forêts des environs, à 220 pieds de

longueur et 22 de largeur, avee une aile à son extrémité du large qui lui fait un front de 56 pieds; et un bâtiment da tonnage de ceux qui sont employés généralement dans le commerce de la Baie des Chaleurs peut venir y accoster à toute heure de la marée, Mais M. Meaugher üe veut pas ou rester 1h: il se propose d’allonger son quai de 100 pieds encore, afin de permettre aux vaisseaux d'un fort tonnage, et surtout aux steamers qui font le service postal entre Québec, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Kcosse, de l'aborder à mer basse comme à mer haute.

Ces steamcers s'arrétant à Carleton à chaque voyage, eréeront pour cette paroisse et les paroisses voisines dos faciliiés de transport avec Québec dont les habitants de cette importante partie de la Baie des Chaleurs S'empresseront de profiter; euron saitque maintenant la plupart d’entre cux sont lorcés de faire un voyage de 15 à 50 milles pour aller prendre passage à bord de ces stoamers, soit à Dalhousie, soit à Paspébiac.

M, Meagher, comme on le voit, à doté son village d'une amélioration d'une haute importance, ct pour laque le on lui doit assurément beaucoup de recounaissanee.

Le 16, j'envoyai un de mes ofliciers faire la visite de la Rivière Bonaventure ; car nous n'avions pu y arrèter ja veille à cause du vent qui soufflait de l’ouest.

Cette rivière n'avait produit ( que très peu ue saumons cette annee : : quelques Sauvages, paraissait-il, y avaient été darder des saumons, mais On n'avait pu s'assurer si c'était dans les parties réservées cominc frayères où ailleurs.

Nous passänes là journée du 17 dans la rade de Paspébiac ; le mauvais temps nous avait cmpêché d’en partir.

Le lendemain, dès dix heures du matin, uous étions déjà renaus au Petit-Pabos; nous allämes ensuite à la Grande-Rivicre, dans laprès-midi, et le soir nous jetâmes l'ancre à Percé.

J'appris, avec plaisir, du sarde-pêche de Ja division que je venais de visiter, que M. Charles Kelly, ageut pour c mpagnic de pêche et de mines de Gaspé, avait, suivant le désir que je lui en avais expriné, fait démolir 1 chaussée du moulin du Grand- Pabos, afin de laisser un passage au saumon qui fréquente cette rivière

Il avait déjà attaché à celte chaussée une passe migratoire, conformément à la loi des pêches ; mais comme Îles saumous paraissaient avoir des difficultés à la franchir, M. a dans le but de favoriser le prompt repeuplement de la Rivière Pabos, avait géncé-

‘eusement ordonné la démolition de Ia chaussée en question, quoique ceci devait lui coûter près de $150. Cet acte patriotique, de la part de ce monsieur, mérite assurément des éloges,

La péche de la morue, à partir du Port-Daniel jusqu’à Percé, avait été bien satisfaisante depuis que l'automne était commencé : c'était, sans doute dû à la présence d'une quantité extraordinaire d'encorncts, d'une grosseur remarquable près des côtes. Ces mollusques, comme je l'ai déjà dit, constituent-un des appâts les plus tentateurs pour la morue; ct les pècheurs les aiment d'autaut mieux qu'ils tiennent solidement à l’hamvecçon.

Je visitai, le 20 au matin (le 19 étant un dimanche), les établissements de pèche de Percé, ct j'y trouvai tout en ordre, La première morue séchée, expédiée de ce port pour l'Espagne, deb one en ae ane D 0 Téléraphr ; elle s'était vendue 20s. sterling: c'était un haut prix.

La maison Robin, de Percé, avait commencé, cette année, à expédier des grandes morues sèches À Oporto, où elles s'étaient bien vendues ; ce genre de commerce va se continuer sans aucun doute, cn; sorte que nos pêcheurs auront, pour cette qualité de poisson, un autre marché que celui de Québec, où, quelquefois, à cause de la trop grande quantité de ces produits qui s’y trouvent, clle n'obtient que des prix ruineux pour les pêcheurs. Je n'ai pas besoin d'ajouter qu'à Cadix, à Naples, à Civita-Vecchia, comme dans les différents ports du Brésil, c'est la petite morue que l'on préfère, et la morue que l'on nomme eu Canada Ja morue de table, n’y trouve pas d'acheteurs,

Dans Paprèsmidi, nous allämes mouiller à la Malbaie: je visitai ect endroit et la Pointe St. Pierre : on n'avait aucune plainte à faire dans ces deux localités.

La pêche n'y était pas des plus abondantes, et cela était dû principalement à l'extrême rareté des appêts depuis qi tlque tomps. Cependant, ceux des pêcheurs qui étaienc assez fortunés pour se procurer des coques, pouvaient encore faire de bonnes journées de pêche, c'est-à-dire de trois à quatre quintaux par bateau, Mais la saison rigoureuse se faisait déjà sentir; la neige couvrait en partie les montagnes, et les vents étaient comme d’ nnire

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cette saison : fréquents ét tempestueux. C'est une des causes qui fait le plus de tort à la pêche d'automne. On comprend que nos pêcheurs nc Re uvent pas alors tenir la mer, lorsque les goëlettes et mème de plus gros vaisseaux sont alors forcés de fuir ct de s'abriter dans les havres,

De Ja Pointe St. Picrre, où sont les établissements de MM, Colas et Eamel, il allait être exporté une quantité considérable de morue ; mais eonme il n'y a pas de havre près de cet endroit, c'est an Bassin de Gaspé que se sont les chu de ment,

Le 21 au matin, nous nous rendîmes : at Bassin de Gus pé, où nous restämes trois jours.

Pendant mon séjour äans ce port, où récua ln plus parfaite tranquilité, quoiqu'il y eut un nombre considérable de bâtiments oce upés ù y prendre des carguisons de morue, tons pour les pays étrangers, je m'occupai à faire la visite des établissements de commerce, et je reeucillis des renseignements statistiques sur ee port, qui entrent dans les tableaux publiés à la fin de ce rapport.

Je ne crois pas devoir encore, cette année, parler au lons de Pinfluence que peut avoir exercé l'établissement du port-franc de Gaspé sur le ecommerce du district de Gaspé et de la côte du Labrador, qui se trouve compris, dans ses limites, ni des résultats bie ufaisants qui en ont découlé. Il n'est pas en opération depuis assez longtemps pour qu'on puisse juger de ces matières-l\ avec pleine connaissance de cause, De plus, a guerre civile qui désole les Etats-Unis est venue jeter une telle perturbation dans notre commerce de poisson avec ce pays, et cause une hausse si grande sur la plupart des produits étrangers consommés à Gaspé, qu'il est impossible, sous les circonstances présentes, d'en apprécier Ja juste valeur.

Cependant, je ne puis m'empêcher de faire la remarque, que ie port de Gaspé, depuis deux anx, a augmenté d'importance par les établissements nouveaux qui s'y sont formés et par le mouvement commercial beaucoup plus actif qui se fait remar quor depuis ce temps ; et je ne connais pas d'autres causes à assigner à ces résaltats que Fétablissemeut du portfranc.

Pendant que j'étais au Bassin de Gaspé, je Fat appelé avec M, Lebontillier, J, P., en ma qualité de juge de paix, pour entendre plusieurs poursuites iatentécs par es commise saires des écoles de Gaspé, contre des personnes qui jusque Fi avateit refusé de payer leurs cotisations d'école.

Les constables de l'endroit, qui avaient été chargés da Hour servir les ordres, avaient été insultés en remplissant leurs ionétions et menacés de mauvais traitement: de plus, les magistrats locaux ne voulaient pas siéwer pour ces causes, ct la cause importante de lavancement de l'éducation était menacée de subir un échec qui aurait d Le l'aventr des résul. tats bien regretta! les, si ceux qui refusaient de se conformer à à loi, demeuraient impunis.

Je 1’occupai done de ces affaires, avec le sentiment que je readrais un service important à la population de Gaspé.

Les accusés furent assignés, jugés et condamnés à payer, et ecmme fa commission des écoles voulut bien leur accorder un délai pour payer les sommes qui avaient été adjugées à chacun de payer, M. LeBoutillier fut chargé de faire exécuter ies jugements portés dns ces causes, car je devais partir le lendemain.

Le 24, nous visitâmes les stations de pêche de la Grande Girave, de li côte St icorme et de l’Anse au Griffon, Le jour suivant, nous nous renilions à Pi Hivière aa Renard, et nous allions continuer l'inspection des postes de cette partie Ge li cote, lorsqu'un fort vent de nord-ouest vint nous contraindre à retourner nous abriter sous Le Cap Pes Kosters,

A la Rivière au Renard, je fis arrêter, par ti ur s de mes eonstables, un individu

qui jusqu'alors avait résisté au bailli de l'en. droit, le quel avais éié plusieurs fois ponr Île prendre, en vertu d'un mandat d'arrestation des magistrats du Hu.

L'individu fut traduit devant moi et admis à caution , pour comparaître devant la grande cour à Percé, où son procès s aurait licu.

Au Cap des Rosiers, comme à l'Anse au Griffon et à la Rivière au Renard, la pêche de la morue, cet été, avait livré au commerce des pr oduits plus abondants que depuis bien des années ; quant à celle d'automne, elle était médiocre, pluiot à cause du mauvais temps que par l'absence de la morue sur les banes de pêche. Le can avait été très rare sur cette partie de la côte pendant toute la saison. C'était Je hareng d'abord, puis l'encornet qui s'était montré sur la côte vers le mois de septembre, qui avaicut servi à amorcer les lignes à morue.

Vers 10 heures du soir, le vent sauta L l'est, nous füumes obligés de quitior l'Ause du

jap des Rosiers, et le lendemain, nous alles à la Grande Vallée, où je ne fas qu'une demic-heure, car le vent d'Est comimenvait à augmenter, et menaçait de se changer en tempête.

Les renscignements que j'obtius à cet cndroit,, m'apprirent que la pèche y avait été bonne pendant la saison, de méme qu'au Grand Etang et aux stations voisines.

À 10 heures, je pus encore débarquer à la Rivière de la Madeleine, J'y appris que la pêche y avait peu produit, suriout celle de la morue. Il n'y avait pas eu de capelan du tout, ct les autres poissons employés comm appâts, avaient été difficile à prendre ct entre autre es, le maquereuu.

La côte sud du St. Laurent, fi équentéo il y a quelques années, par un si grand nombre de pêcheurs américains, qui venaient faire la pêche du in aquereau, n'avait reçu cette année, à la grande joie des habitants, la visite que d'une dizaine de goëlettes de ce pays, dont personne du reste, n'avait à so plaindre.

Les rapports qui nous étaient venus de Montlouis, étaient plus favorables ; là nos pêcheurs avaient fait de bons profits, et le maquercau avait été plus abondant qu'à la Madeleine et dans les stations de pêche qui s'étendent depuis ce dernier endroit jusqu’au Cap des Rosiers.

Il n’était pas encore o0zc heures, que j'étais de retour à bord. Nous fimes route pour Montlouis, où je voulais aussi débarquer, mais la tempête avait éclaté avec accompagnement de pluie et de neice et nous fûn.es forcés de prendre Je large.

Nous fûmes forcés de tenir la cape toute la nuit, ballotés par une mer furieuse. Je matin, le vent avait sauté au nord-ouest, et nous cûmes à lutter contre les vents de bout, et une forte lame üe l'avant pour entrer dans le Port des Sept-Iles, à 11 heures du matin.

Il n’y a presque pas cu de pêcheurs pour faire la pêche d'automne sur cette partie de la Côte Nord, quoiqu'il y eut eu beauconp de poisson sur les bancs ; sans doute que le peu de succès des années précédentes les avait rebutés.

Au Cawee, les profits de la pêche de Ja morue d'été avaient été ceux d'une année ordinaire. Plus haut dans le fleuve, la pêche de ce poisson avait été pratiquée pendant l'été seulement, à la Trinité, à Godbout, et surtout au Iavre Kt. Nicolas, OR de petites goëlettes et des chaloup es, pe artenant aux paroisses du sud avec des succès variés, seulement sur une petite échelle. Ces produits se rendaient à l'état vert, pour li consommation de la population des campagnes d'en bas de Québec.

J'avais reçu instruction de ramener M. Smith, percepteur du Port des Sept-[les, à Québec. Ce monsieur vint à bord avec sa famille dans l'après-midi ; mais un gros vent de nord-ouest accompauné de grèlons, me contraignit d'attendre au lendemain pour Île départ.

Le 29, à Gh. à. m., nous nous mimes en route pour Québec. La première partie de la journée fut belle, mais dans l'après-midi, le vent se rangeant au sud-ouest, noas apporta une neige épaisse, qui nous déroba la vue des côtes: il nous fallut naviguer à la sonde, puis mouiller par le travers de l’Tie St. Bernabé à 10h. p. mn.

Le lendemain, au jour, nous repartimes ct t allâmes mouiller à la nuit tombaute sous l'Ile aux Grues; nous avions un veut de bout toute la journé e,

Nous quittèmes l'Ile aux Grucs le 20 au matin, et à 11 heures, nous mouillimes dans le port de Québec.

Ma mission pour la saison de 1862 se trouvait terminée; les services de mon équipage

n'étant plus requis, je déchargeai Jes marins qui le composait après avoir payé leur

solde.

J'annonçai mon arrivée à Québec, au gouvernement, dans une lettre à l'adresse de Andrew Russell, 6 écuyer, sous-commissaire des terres de la couronne.

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Le rapport des voyages de croisière que j'ai faits dans le golfe St, Laurent pendant la saison de 1862, pour ÿ accomplir les devoirs multiples de ma mission étant terminé, il est nécessaire maintenant d'examiner ce rapport en main, si le but que s'est proposé le gouvernement en établissant le service de la protection des pêcheries, il y a onze ans, a été atteint, et surtout si ce service a eu cette année pour nos pêcheries, les résultats avantageux auxquels le pays a droit de s'attendre, et qui, de l’aveu de tous ceux qui sont en état do j juger ces matières 1à ont été obtenus les années précédentes.

Et d'abord, voyons quel était l’état de nos côtes maritimes avant 1802.

Sur la côte Noïd du fleuve et du golfe St. Laurent, jusqu’à l'extrémité du Canada, sur une étendue de côtes de près de 500 milles, il n'existait aucune organisation pour nos pêcheries, ni aucuue protection quelconque pour les habitants résidents, contre l'audace et la rapacité des étrangers qui les dépouillaient souvent de leurs produits et mêmes de leurs postes de pêche: c'était enfin la loi du plus fort qui régnait. It si cet état de choses avait continué pau bien des années encore, les magnifiques pêcheries maritimes et fluviales que le Canada y possède, menagaient de devenir tout à fait improductives: et aiLsi ce que disait à ce sujet, en IS41, un homme distingué qui a habité pendant presque toute

4 vie, la côte du Labrador cù il exploitait la pêche sédentaire du loup-marin, M. Samuel Hobe rtson, dans uac notice sur la côte du Labrador. ‘Zndeed, for some years back, the fishories luve been so crowded thereabouts, as to seriously annoy each other, and endless sucres are going on. So far tlhure has been no blood spilt, but if government does not soon duterfere œudenforee some requlations, there is no saying what may happrn in à

ut here the total absence of every mark of authority, has bred & contempt for Joceriwnent end lors—achere violence is the best title, and 'audace confers most right.”

Aux Iles Ge la Madeleine, la population vivait dans une crainte continuelle des pêcheurs étraners qui se rendaient maîtres partout. Une cour de justice venait bien y siéger tous les ans, mais ses jugements restaient presque toujours sans exécution: quant à la cour des magistrats, il est inutile d'en parier, car ces ofliciers publics ne trouvaient pas même d'huissiers pour servir leurs ordres.

Une maison de douane fut établie en IX49, où peut être avant au Port Amherst ; une personne, À! Colbet, je crois, fut nommé pour en prendre charge; mais celui-ci rencontra toute espèce d'opposition et ne put jamais forcer les marchands étrangers qui venaient aux Îles de la Madeleine de se conformer à la loi. En 1849, le gouvernement plagr comme percepteur de ce port, un homme reconnu par son activité et son courage, M. Collet Belleau, à présent à la douane de Gaspé; et cet officier zélé eut à soutenir pendant plusieurs années des luttes constantes où sa vie fut souvent menacée, avec les marchands trafiquants venus des provinces voisines, pour obliger ceux-ci à se conformer aux dispositions de la loi des douanes; et malzré les plus grands efforts de sa part, les droits perçus dans ce port ne se montèrent qu'à quelques centaines de dollars, et la contrebande continua de s’y exercer en plein jour.

Quant aux pêches, elles n'y étaient ni organisées, ni protégées. Sur la côte de Gaspé, quoique la partie du littoral où se font les principales pêches, fut comprise dans un district organisé depuis très longtemps, qu'il y eut des cours de justice, des prisons, avec le nombre d'officiers judiciaires nécessaire, les lois n’y étaient pas très-bien observées, et où avait vu souvent des 1HOLVIGURG coupables de crimes odieux, défier les autorités pendant des années entières à cause de l'absence complè te d'une force organisée quelconque, pour venir en aide aux officiers de justice, chargés d’en exécuter les arrêts.

Il ÿ avait déjà des lois pour les pêches maritimes et les pêches fluviales, mais le gouvernement n'3 av ait placé aucun oflicier, chargé spécialement de veiller à leur exécution, et il était arrivé là comme partout leurs : que tout le monde à peu près savait, que ces lois y existaient, imais personne ne les observait; et ic défaut de protection accordée à nos pêcheries se manifestuit par les conséquences les plus fatales à cette industrie.

Les pêches maritimes étaient en souffrance, les pêches fluviales et celle du saumon surtout étaient menacées d’une ruine prochaine,

Comparons maintenant cet état de chose que je n'ai fait qu'esquisser avec l’état actuel,

Nous voyons sur la côte Nord les pêches maritimes et fluviales pratiquées d’après des systèmes suivis; nous n’y voyons plus de cas de déposseseion comme autrefois, le droit de

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propriété y est maintenant respecté ; et les empiètements de quelques pêcheurs sur les pêcheries de leurs voisins, et qui avaient souvent des suites si funestes sur les produits de celles-ci, sont choses inconnues aujourd’hui. :

Il se commet bien encore des déprédations sur les propriétés de nos pêcheurs par quelques-uns des milliers de pêcheurs étrangers qui fréquentent ces côtes annuellement ; et il est probable que malheureusement, on ne pourra jamais réussir à empêcher ces faits regrettables, de se renouveler de temps à autre sur ces côtes, où les établissements sont en général isolés les uns des autres et ne peuvent se sccourir mutuellement, qu'avec un ou doux bâtiments gardes-côtes qui stationncraient constamment sur la côte Nord.

Aux Iles de la Madeleine, depuis surtout 1855, que j'y fais de 4 à G voyages tous les ans avec La Canadienne, les choses y ont complétement changé de face. Les cours de justice y siégent régulièrement, et les ordres de ces tribunaux y sont exécutés comme dans no8 ‘iles. Quant aux lois de douane, elles y sont observées de manière à faire un contraste frappant avec ce qui se passait autrefois dans le Port d’Amherst.

Quant aux règlements des pêches de la Baie de Plaisance, j'ai réussi depuis plusieurs années à bien les faire observer, mais avec beaucoup de difficultés ; car comme elles avaient été passées dans un but de préservation pour les espèces précieuses de poisson qui fréquentent les Iles de la Madeleine, et en même temps de protection pour nos pêcheurs, elles ne convenaient pas, sous plusieurs rapports, aux pêcheurs étrangers qui avaient pris l'habitude depuis longtemps de se conduire en maîtres sur les côtes de ces Iles, et qui avaient voulu continuer à tendre leurs filets ct à prendre du poisson d’après des manières prohibées par la loi.

Mais la population de ce groupe d’îles isolées et éloignées du centre du Canada, est souvent la victime de l’audace et des instincts de vol et de pillage des pêcheurs américains, qui sont en grand nombre autour de ces îles, pendant les mois de juillet, août et septembre, occupés à la pêche du maquereau, quoique ces désordes n'arrivent pas du tout aussi souvent qu'autrefois; et pour les faire disparaître complétement, il ne faudrait rien moins qu’un garde-côte armé, qui serait spécialement affecté au service des Iles de la Madeleine et qui y croiserait pendant toute la saison.

On conçoit qu’un seul garde-côte, qui ne fait que de trois à six voyages pur année à ces Îles, est impuissant à les réprimer tout à fait.

Je pourrais m’étendre au long sur les résultats avantageux qu'a cu, pour la protection des pêcheries de la côte de Gaspé et pour le maintien de l’ordre et de la paix dans les ports de cette partie importante de notre littoral, le service que je fais dans le golfe; mais j’aime mieux qu’on prenne, sur ce sujet, les témoignages des représentants de ce grand district, dans l’assemblée législative, et des officiers qui y exercent des fonctions publiques et des marchands qui sont intéressés dans ses pêcheries. Et je termine ces courtes remarques par le résumé suivant, qui démontrera clairement les résultats avantageux qui ont été obtenus cette année par le service de la protection des pêcheries sur nos côtes du bas du fleuve et du golfe St. Laurent :—

1°. Nos pêcheries ont été efficacement protégées, c’est-à-dire que sur une étendue de côtes maritimes de plus de 900 milles, tous ceux de notre population maritime qui se livrent à l’importante industrie de la pêche y ont un accès libre, et ont pu y exercer leur métier sans crainte d’être molestés ni d’être dérangés.

2°. Les occupants des postes de pêches sédentaires du loup-marin, de saumon et de morue, ont pu jouir en paix de la possession des terrains et des étendues des côtes, exigées par la nature des industries auxquelles ils s’adonnent respectivement. Ces postes sont au nombre de 36 pour la pêche du loup-marin ; de 260 pour la pêche du saumon, et de plus de 300 pour celle de la morue, et ils sont disséminés sur toute l'étendue de notre littoral.

3°, Aucun pêcheur des Etats-Unis n’a pris du poisson dans nos rivières, sinon avec la permission du gouvernement, ou ne s’est livré, sur nos côtes, aux pêches des poissons à écailles, qui leur sont interdites par le traité de réciprocité.

4°: Aucun pêcheur français de Terreneuve n’est venu pêcher, cette aunée, sur nos côtes, dans le détroit de Belle-fle, desquelles côtes ils sont, comme on sait, exclus par les traités.

5°. Les clauses de notre Acte de Pêehe, qui concernent les pêches maritimes, ont été

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observées, sauf quelques rares exceptions, soit par nos propres pêcheurs, soit par les pêcheurs étrangers.

6°. J'ai affermé toutes nos pêcheries de saumon et de truite qui se trouvent dans la division du (olfe, depuis la Pointe de Monts jusqu’à l'extrémité de la province, sur la côte Nord de l'Ile d’Anticosti, et sur la côte de Gaspé, à différents pêcheurs qui reçoivent de moi des licences de pêche, pour lesquelles ils paient, chacun d’eux, une redevance annuelle qui varie selon l’importance de chaque pêcherie.

Le montant total de ces redevances a produit cette année la somme de 81079 25.

Il y a de plus dans cette division plusieurs rivières, entre autres, celles de Natashquan et de Moisie, dont les pêcheries de saumon sont affermées directement par le gouvernement, au moyen de baux de plusieurs années de durée, et qui rapportent chaque aunée au gouvernement la somme de $ ;

1°: La surveillance des pêcheries de saumon et de truite, dans les nombreuses rivières de la partie inférieure du Bas-Canada, forme une partie la plus difficile de mes devoirs ; car la plupart de ces rivières ont un cours très long, et plusieurs ont leurs rives habitées par une population plus ou moins nombreuse. Mais avec l’aide des gardes-pêche, établis par le gouvernement, sur les points les plus importants de la côte, j'ai réussi à faire observer cette partic de nos lois de pêche qui a pour objet spécial la préservation de ces espèces précieuses de poissons de nos eaux douces, autant qu’on pouvait s’y attendre, c’est-à-dire, es sur une étendue de côtes aussi grande que celle que possède le Canada dans le golfe, il n’a été signalé que peu d’infraction à ces lois, et dans tous les cas où les coupables ont pu être atteints, ils ont été punis.

8°: Dans nos ports de mer, nos havres de la côte Nord et des Iles de la Madeleine, fréquentés pendant la saison des pêches par un si grand nombre de pêcheurs de notre pays et de l'étranger, la tranquillité, la paix et l’ordre, ces conditions si essentielles de succès pour nos pêcheurs, pendant leurs expéditions de pêche dans le golfe, n’ont été troublés, au moins autant que je le sache, que par ces scènes de pillage dont ce sont rendus coupables des pêcheurs américains sur deux vaisseaux anglais échoués près des Iles de la Madeleine, dans le mois d'août, pendant mon absence à Québec,

Je n'ai pas besoin d'ajouter que toutes les fois que les officiers publics ont requis mes services officiels ou l’aide de la force armée que je commande, j'ai toujours été à leur disposition, comme dans l'affaire du Bassin de Gaspé et de la Rivière au Renard.

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