‹ Rapports annuels de Pierre Fortin, ecr., magistrat, commandant l'expé dition pour la protection des pêcheries dans le golfe St. Laurent, pendant les saisons de 1861 et 1862 [microforme]Chapitre 4 sur 63 · RAR HN · texte numérisé non relu

RAR HN

Le 24, j'allai au Havre-aux-Maisons; j'y trouvai le port presque vide. Les goëlettes mouiller en étaient parties chargées des produits de la pêche, les unes pour Halifax, les autres pour . avec fin Québec. On sait que le marché de Halifax reçoit plutôt les petites morues séchées de Je deuxième qualité, qui se vendent aux Antilles. Pour Québec, c’est surtout la grande morue D notre ro séchée et la morue d’arrière-saison salée, en baril, qu’il faut. E a

Le 25, je visitai l’Ile d'Amherst. Nos pêcheurs du Bassin et du Moulin continuaient 2 dions p

| à recueillir une abondante moisson de morue dans les eaux qui baignent le sud de l’île, D vents de quand le beau temps leur permettait de sortir en mer. Dans toute l'île il y avait eu une … espérer excellente récolte de grain et de foin. Le soir, après avoir terminé toutes mes affaires aux + de nouv îles, je donnai l’ordre du départ. A 11 heures du soir, nous levâmes l’ancre, et à 8 heures D nous le lendemain soir, après une traversée rapide, mais très orageuse, nous mouillâmes à Percé. » .. Da Aueun incident digne de remarque ne s'était passé là depuis ma dernière visite. Nous par- NH Liverpo tîmes le lendemain à 5 heures de relevée pour Paspébiac, où nous arrivâmes dans la nuit. : potes

La rade de Paspébiac était plus garnie qu'à mon dernier voyage. x ne

Quinze bâtiments, dont plus de la moitié était des barques et des bricks, y étalaient : %°" int leurs mâtures élancées, leurs gréements bien tendus et bien noircis, et leurs carènes élancées. .. lotté pa Les uns étaicnt chargés et n'attendaient plus que le vent de la partie de l’ouest pour tirer 4 larg le coup de canon de partance ; d’autres, à voir leurs mâts penchés, annonçaient bien qu’ils j navaii

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n'avaient encore reçu qu'una partie de leur chargement ; quelques-uns ne faisaient que : 5 son pa

d'arriver d'Europe, et portaient encore presque toute leur cargaison, consistant en marchan-

dises sèches, épiceries, eau-de-vie de Hollande, et surtout en sel. médine Où apercevait une quantité de bateaux, presque calés sous l’eau par le poids de leur Je F . chargement, les uus allant des quais aux vaisseaux et les autres en revenant; les uns pous- D “ sés par un : brise favorable, les autres obéissant à l'impulsion des rames maniées en cadence RoUA par des bras vigoureux. Et partout on voyait des signes non équivoques d’un redoublement se d'activité commerciale à Paspébinc, qui, comme où le sait, est le centre d’affaires de la Lave

Se | : À . ; . : un Baie-des-Chaleurs. Le vent d'Est qui nous y avait amené s'était changé, le lendemain, en Re

véritable tempête, accompagnée d'une pluie battante. La mer était devenue très houleuse née dans la rade, quoiqu’elle soit bien abritée des vents d'ouest, et les bateaux et les chaloupes es

} à ‘ ; € LA ne pouvaient plus s'y montrer. HA

Dans l'après-midi, la goëlette baleinière du capitaine Charles Stuart, après avoir perdu, tes dans la rade de Percé, ses deux ancres, dont la mer avait rompu les chaînes, et fui devant Has la tempête pendant 60 milles, vint se montrer au large de la rade, portant son pavillon en sens détresse. Aussitôt, mon grand canot, sous la conduite du capitaine Bernier, fut à son secours, Dee et, malgré les hautes vagues qui menaçaient à chaque instant d’engloutir la frêle embarca- js tiou, lui porta nne de mes ancres de rechange, et parvint à [a mouiller en sûreté La même témo

Journée, quatre autres gülettes vinrent s'abriter sous la pointe de Paspébiac ; elles rappor- ss o1 tèrent que la tempête était d’une violence extrême au large. le L st) lavo NE im! À PA a R TE ‘ e C

Le 50, Le vont ayant diminné, nous partîimes pour Carleton, où nous arrivâmes le soir.

ES PT ee à de . nous le 31, je visitai Magouacha et Dalhousie, pour rencontrer l’overscer de la rivière Ristigouche. tnni Ve dernier me rapporta qu'il n’y avait pas eu d'infraction à la loi de pêche dans sa division Dh depuis ma dernière visite, et, par ses rerours de l’année, me fit voir que la rivière Risti- bâti

gouche avait produit, cette année, 60 barils de saumon de plus que l’année dernière.

Le Ter nove bre, nous quittâmes Magouacha et arrivâmes, le soir, à New-Carlisle, où ae le calme nous obligea de passer la nuit. Le lendemain, nous étions prêts à partir pour Percé SEE et Gaspé, pour de à nous mettre en route pour Québec, lorsque le vent d'est s’éleya ; et

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sur la pêche t dans toute On comptait de l'Etangas été moins Supérieure ; e la maladie

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ontinuaient sud de l’île, ait eu une affaires aux à 8 heures Les à Percé. . Nous parans Ja nuit.

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! bientôt il se changea en tempête, qui soufHa, avec plus ou moins de fureur et de violence, { jusqu'au 5. Pendant tout ce temps, la mer avait été très forte et très houleuse par toute la © Baio des Chaleurs; et, avec un temps pareil, nul vaisseau à voiles ne pouvait songer à partir. © Enfin, le vent se calma ; puis, vers le soir du 5, un léger vent de nord-ouest s’éleva. Nous “ nous hâtâmes de lever l'ancre et d'offrir toutes nos voiles à l’action de la brise qui nous fa- # vorisait; mais bientôt nous fûümes pris de calme, après avoir fait une vingtaine de milles seulel ment dans la direction de Percé, et, le lendemain matin, les courants nous avait entraînés ” jusque par le travers de New-Carlisle, c’est-à-dire 4 milles plus loin que le lieu d’où nous étions partis la veille ; puis le vent de sud-est prit, et nous ne fimes que courir des bordées toute la journée. Dans la nuit, le vent sauta au nord-ouest, et à 9 heures le lendemain matin, uous nous trouvions au Port-Daniel; mais le vent changea alors au nord-est, et à midi la tempête éclatait, avec accompagnement de pluie et de neige. Nous n’en persistèmes pas moins à continuer votre route à Percé en louvoyant, ct le 8, à la faveur d’un vent d’ouest, nous allâmes mouiller dans la rade de Percé, où j'eus beaucoup de difficulté à aller à terre; la mer déferlait avec fureur sur le rivage, qu’elle couvrait à chaque iustant de hautes vagues écumantes.

Je fis ma dernière visite aux postes de pêche de cet endroit, et le soir nous continuâmes notre route à Gaspé, où nous arrivâmes le lendemain matin.

Le 10, tous nos préparatifs de départ pour Québec étaient complétés : nous n'attendions plus qu’une brise favorable qui nous permit de sortir de la baie de Gaspé; et les vents de la paitie de list avaient été si constants depuis trois semaines, que nous devions espérer un changement, c’est-à-dire des vents d'ouest. Mais ce fut en vain: Le vent souffla de nouveau de l'Est et du Sud, et presque tous les jours, jusqu’à notre départ de (Gaspé, nous cûmes de la pluie ou de la neige.

Dans l’après-midi, le second de la goëlette Royal Middy, de Montréal, en route pour Liverpool avec une cargaison Ue 30,000 minots de blé-d’Inde, vint me demander de lui porter secours.

Ce bâtiment, du port de plus de 400 tonneaux et portant trois mâts, avait démâté de son mât de misaine, au large de l’île d'Anticosti, quelques jours avant, puis avait été balotté par la tempête depuis, et, poussé sur la côte du fleuve, avait été obligé de mouiller au large de la petite rivière au Renard, où le capitaine était débarqué ; mais celui-ci n'avait pu ensuite retourner à son bord, et dans la nuit, le bâtiment avait appareillé sous la conduite du second. Mais bientôt la goëlette, ne pouvait plus tenir à la mer, avait hissé son pavillon de détresse et réclamé le secours du capitaine Desjardins, de la goëlette Æémédine, qui se trouvait dans ces parages, lequel l'avait remorquée dans la baie de Gaspé. Je promis à l'officier de la Zoyal Middy toute l'assistance qu’il était en mon pouvoir de lui donner ; et le lendemain, mon capitaine aida au capitaine Desjardins à remorquer la Royal Middy jusque dans le bassin de Gaspé, et à la mouiller en sûreté.

Le 12, un des officiers de la goëlette vint porter plainte contre un de ses matelots, qui l'avait assailli, battu et blessé au visage. Je fis de suite amener l’accusé à bord, en vertu d’un warrant; et comme la nuit était venue, l'audition de la cause fut remise au lendemain,

Le même soir, le capitaine Davison, de la Æoyal Middy, vint à mon bord réclamer protection et assistance : une partie de son équipage ne voulait plus lui obéir, et menagçait de se mutiner tout-h-fait; déjà, ils refusaient de travailler, et lorsqu'il leur parla de les licencier (car la goëlette, ne pouvant plus reprendre la mer, devait être mise en hivernage), ils ue voulurent pas consentir à cet arrangement Je lui promis de l’aider autant qu’il était eu mon pouvoir de le faire, et j’exigeai qu’il fit des préparatifs immédiats pour mettre son bâtiment en hivernage de suite et licencicr ses marins, car je voulais être prêt à faire voile au premier vent favorable.

Le 1 au matin, le procès du matelot de ia Royal Middy se fii devant moi. Les témoins furent entendus de part et d'autre; et l’offense étant bien prouvée, je condamnai le prévenu à dix piastres d'amende, qui furent payées le soir même. Puis après, j’allai avec le capitaine Davison et l'agent de Lloyd, M. John Eden, à bord de la Royal Middy, et nous réussimes, après bien des pourparlers cependant, à conclure des arrangements avec les matelots qui les satisfirent, et le soir, ils étaient déchargés, payés et rendus à bord de La Canadienne ; ear je ler donnais passage jusqu’à Québec, comme il n’y avait pas d’autres bâtiments en partauce pour ce port cet automne.

La nuit suivante, le vent de nord-ouest prit, et le lendemain, au jour naissant, nous appareillâmes pour nous mettre en route pour Québec ; je n’avais qu’à toucher en passant à Douglrsstown et à la Malbaie. Je m'arrétai une heure au premier de ces endroits; puis,

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quand nous arrivâmes à la Malbaie, un peu après midi, le vent avait sauté au nord-est et se trouva plein debout. Il tombait, en outre, une pluie averse.

Le soir, le vent S’étant mis à l’est, nous en profitâmes et nous nous mîmes de suite en route pour Québec. Nous courûmes plusieurs bordés au large pour pouvoir doubler le cap Gaspé, et nous en étions déjà assez près, lorsque, vers minuit, un grain de vent de nord vint nous assaillir, avec accompagnement de pluie et de grêle. Nous essayâmes cependant de lutter pendant quelque temps contre le vent et contre la mer; mais, le matin, il nous fallut céder et revenir nous abriter sous la pointe de la Malbaie.

Depuis le 15 jusqu’au 23, les vents furent toujours de la partie du nord-nord-ouest, du nord et du nord-est; et ce fut des tempêtes que nous eûmes tous les jours. La température était très-froide ; toutes les nuits, nous avions de fortes gelées ; et l’aspect des pays environnants, déjà couverts d’une neige épaisse, nous annonçait l'hiver. Pour donuer une idée du mauvais temps que nous avions eu à essuyer depuis l'automne, je cite le fuit que depuis le 1er octobre jusau’au 15 novembre, il avait mouillé et neigé pendant 29 jours. Malgré cela, la navigation était encore ouverte et aussi libre presque qu’en été, et avec quurantehuit heures de hont vent, nous devions nous rendre facilement à Québec.

Le 16, jallai à Percé, faire une provision de biseuit et de charbon : deux articles trèsnécessaires qui commençaient à nous manquer.

Le 19, à la faveur d’un vent de nord-ouest, nous appareillâmes et nous nous mimes en route une seconde fois pour Québec; mais, rendus seulement à la hauteur de la Pointe- Saint-Pierre, une tempête de vent de nord survint et uous força de venir mouiller à la Malbaie encore une fois.

Enfin, le 23 après midi, le vent de nord-est se modéra, et, comme il y avait bonne apparence de changement de temps, nous prîmes le large ; et nous ne fûmes pas trompés dans nos espérances cette fois; car, vers cinq heures de relevée, le vent d’'Est, qui nous était favorable, prit, et nous en profitâmes si bien que, le lendemain matin, à one heures, nous étions déjà rendus aux Sept-lles, c’est-à-dire que nous avions déjà fait /e tiers du chemin de la Malbaie à Québec.

Je m’arrêtai aux f'opt-[les pour y prendre le percepteur de ce port, M. Smith, que J'avais reçu instruction de ramener à Québec une fois la saison finie.

Ce monsieur fut bien vite à bord, et à midi et quart nous remettions sous voile avec une belle brise de vent d’Est, le vent le plus favorable que nous puissions avoir, et un beau temps clair, et rien qui indiquât le moins du monde une tempête accompagnée de neige. Mais nous n’ovions pas encore fait trente milles que déjà le vent s'était changé en une tempête furieuse, et que la neige tombait épaisse et drue, ct nous cachait complètement les terres du nord, que nous avions à tribord. Nous prîmes les précautions d'usage en pareil cas. Toutes les voiles furent «menées, moins le foc et la misaine, que nous continuâmes à porter avec deur ris dedans. Et la course qui, d’abord, avait été au sud-ouest-quart-ouest, fut changée au sur/ouest, dans le but de nous éloigner davantage de la côte nord. Nous voguions sans crainte et sans anxiété ; les officiers et les marins étaient sur le pont, prêts à exéenter toutes espèces de manœuvres réclamées par les circonstances, Nous courrions de 7 à 74 nœuds à l'heure.

À 6 heures du soir, la tempête était plus forte ; toujours de la neige, et la nuit était très-noire : on ne voyait pas à dix pieds devant soi. La course fut relevée. Nous nous estimions à de 10 à 12 milles de la côte nord, et à de 12 à 15 milles de la pointe des Monts. Nous continuâmes donc notre route avec confiance, faisaut la même course au sud-ouest, course qui devait nous conduire près du cap Balance, sur {a côte sud du fleuve, si notre boussole était juste, et nous n’avions pas de raison de croire qu’elle ne Ze fut pus. T'out-àcoup, vers six heures et demie, et sans avoir vu les brisants, quoiqu'il y eut «deux hommes en vigie sur l'avant, la goëlette, soulevée par une mer d’une hauteur énorme, est lancée sur les rochers, sur lesquels elle glisse pourtant, mais en éprouvant des secousses qui l'ébranlent depuis sa quille jusqu’au haut de sa mâture. Bientôt elle est jetée sur le flanc, la quille est emportée, et l’eau commence à remplir la cale. Les vagues frappent le flanc de babord avec une violence extrême, et passent plus de quarante pieds par-dessus les bastingages. Le capitaine avait fait mettre la barre sous le vent au premier coup de talon que la goëlette avait donné, mais déjà elle ne gouvernait plus. Les matelots reçurent ordre de se tenir fermes aux manœuvres dormantes, car les lames qui déferlaient par-dessus le bâtiment pouvaient les emporter. Cependant, la goëlette s’en allait toujours sous le vent, et chaque vague qui la soulevait, pour la lairser retomber ensuite sur lex rochers, là rapprochait de plus en plus de la terre. Mais nous ne savions pas au juste où nous étions. Tout-

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à-coup on signala la terre. C’était des arbres que nous voyions : nous n’en étions qu’à cent verges au plus. La nuit obscure qu’il faisait, et la neige qui tombait encore aussi épaisse que jamais, nous avaient empêchés de la voir plus tôt. Depuis le moment où la goëélette talonna pour la première fois jusqu’à ce que nous vîmes la terre, il s’écoula à peu près vingt minutes ; mais ces minutes nous parurent des heures. Il faisait un froid d’hiver, et le vent, au lieu de diminuer, augmentait encore. La goëlette, à chaque grosse vague, avançait toujours du côté de la plage, que nous reconnûmes pour être sabloneuse. Puis la mer baissait, et nous acquîmes bientôt la certitude que nous pourrions débarquer dans quelques heures. En effet, vers huit heures, je fis débarquer quelques hommes sur une verguc que nous poussâmes à terre. Ceux-ci aidèrent les autres, et enfin tout l’équipage mit pied à terre, remerciant la Providence de les avoir préservés du danger imminent que nous venions de courir. Nous passâmes la nuit dans le bois, autour d’un bon feu que nous eûmes le bonheur d’allumer. Le lendemain, nous reconnûmes que nous étions à deux milles environ plus bas que les îlets de Caribou.

Dans l’après-midi, à mer basse, je fis commencer à dégréer la goëlette et à mettre les cordages, les voiles et le matériel en sûreté à terre. ‘Ce travail nous occupa trois jours.

Le 28 nous quittâmes les îlets Caribou pour nous rendre à la Pointe des Monts.

Avant d'abandonner la goëlette, j’en avais fait, avec le capitaine Bernier, une inspection détaillée, à mer basse, et voici dans quel état elle se trouvait alors :

Elle reposait sur un lit de sable fin par le côté de tribord, à environ 60 verges de la côte, qui est basse et couverte d’arbres.

Depuis la nuit du naufrage, il s'était formé un banc de sable entre la goëlctte et la grève, lequel s'élevait déjà plus haut que sa ligne de flottaison.

L’'étrave et l'étambot n’avaient subi aucune avarie. Le gouvernail était soulevé de 6 pouces, mais il n’était pas brisé.

Du côté de babord, les bordages nous parurent aussi solides qu'avant l’accident ; aucune des coutures des bouts de bordage n’était ouverte ; et nous n’avons pas remarqué de déviation de la ligne de tonture de ce côté du bâtiment.

Du côté de tribord, il n’en était pas ainsi. Le flanc de ce côté avait reçu des chocs si violents sur les rochers, qu’il en était un peu renfoncé, et il s’en était suivi une déviation de sa ligne de tonture, qui était soulevée au milieu de 6 à 8 pouces.

Le brai de quelques coutures des bordages était fendu, mais les coutures elles-mêmes n'étaient pas ouvertes.

Une partie de la quille avaient été emportée, comme je l’aidit, et c’est par l’espace laissé vide par l’absence des pièces de bois qui la composaient que l’eau avait rempli la goëlette.

La mâture et les manœuvres dormantes n’avaient pas souffert au tout; et toutes les manœuvres courantes, les voiles, le matériel et tous les effets appartenant à la goëlette avaient été mis en ordre à terre.

Avant de partir, je laissai, pour gardien de la goëlette, un de mes meilleurs matelots, lequel a reçu instruction de prendre le plus grand soin des effets confiés à ses soins.

Ilne me reste plus maintenant qu’à dire que l’accident qui nous est arrivé, et que nous ne pouvions ni prévoir ni prévenir, nous ne pouvons l’attribuer à une autre cause qu’à la déviation de l'aiïguile de notre boussole, soit par l'attraction de la terre, soit par l'état fortement électrique de l’atmosphière pendant une tempête de neige, la course sur laquelle nous avions gouverné étant la seule convenable en pareil cas.

Le 29, nous profitâmes d’une journée de beau temps pour traverser, dans deux chaloupes, le fleuve, de la Pointe-des-Monts au Petit Matane, où nous abordâmes à 7 heures du soir. Le 4 décembre, l’équipage arriva à Québec, et le 6 et le 7,les marins furent payés et licenciés. |

OBSERVATIONS SUR LES PECHES PRATIQUÉES PAR NOS PECHEURS SUR LES COTES DU GOLFE.

Les résultats des pêches pratiquées par nos pêcheurs sur les côtes du fleuve et du golfe Saint-Laurent ont été, en général, très-satisfaisants ; et si les prix des marchés aux poissons eussent été aussi élevés que dans une année ordinaire, ils auraient fait de grands bénéfices. Malheureusement, les prix ont été modiques, surtout pour la petite morue séchée et le saumon ; ces produits ne pouvant plus s’écouler sur les marchés ordiuaires, à cause de la guerre civile aux Etats-Unis.

ZE —————————— ———— nee es na io ceners ess ar ent iee tee rot

Mais je vais parler de chaque pêche séparément, ct dire ce que chacune d’elles a pro” ; .

duit, à commencer par la pêche de la morue, la plus importante de toutes î au ù PECHE DE LA MORUE,. Î

La pêche de la morue est, comme on le sait, la plus importante et la plus rémunérative î ete de toutes celles qui se pratiquent sur les côtes canadiennes du golfe Saint-[aurent, C’est 1 Pe elle qui est la plus fécoude en résultats avantageux. Eile douve de l'occupation à des mil- î L € liers de personnes, en même temps qu'elle procure an article de subsistance aussi abondant Li y et aussi à bon marché qu'il est sain. Des centaines de gotlettes et des millicrs de bateaux ten sont employés à cette pêche, et le transport de ses produits, soit sur les marchés du Canada, : ae soit sur les marchés étrangers, doune naissance à une navigation importante, et sert d’ali- à ODStA ment à la construction navale sur nos côtes, et à une foule d'industries qui s’y rattachent, # depui et dont, la fabrication des cordages de toute sorte et des fils qui servent à confectionner les rarom lignes de pêche et les nombreux filets et seines en usage, ne serait pas une des moins im- pi portantes pour le Canada, puisqu'elle ferait surgir uue nouvelle culture au pays: celle du . chanvre; plante qui conviendrait très-bien à notre sol ct à notre climat. ue

La pêche de la morue se partage en pêche d'été et pêche d'automne. nos |

La première se pratique depuis l'ouverture de la navigation jusqu'au 15 d'août ; ses produits sont séchés au soleil ct destinés aux pays éloignés. | un ru

Celle qui se fait après donne des produits de meilleure qualité que la première, parce que la morue est alors plus grasse ct plus forme; mais on ne la sèche pas: on la met en re saumure, ou plutôt on la sale à see dans des barils vides de farine, et souvent on la sale bol seulement en grenier, et c’est sous ces différentes formes qu’elle arrive au commerce. L 8.

La pêche d'été a été, en général, très-fructueuse sur nos côtes, quoiqu’elle ait manqué à 19,

presque tout-à-fait dans quelques localités ; mais c’est l'exception.

Daas les parages les plus célèbres et les plus fréquentés de nos côtes, comme à l’anse aux Blancs-Sablons, à Natashquan, à la rivière Noire, à Percé et plusieurs autres endroits, la morue y à afué en bancs immenses, et comme les petits poissons (comme le capelan et l'alançon) qui servent de nourriture à la morue pendant son voyage de pérégrination pé-

pêct

nd riodique sur nos côtes, où l'appelle l'instinct animal le plus irrésistible, celui de la repro- es duction de l'espèce, et eu même temps d’appâts pour les lignes de nos pêcheurs, se trou- miet vaient aussi en grande quantité, nos pêcheurs ont pu faire une capture des plus belles et des plus abondantes de cette belle variété de la famille des Gadidæ ; et tandis que sur les se ci côtes du golfe on trouvait partout cette moisson si abondamment répandue dans les eaux tuen

de la mer : sur les côtes Est de Terreneuve, sur le Grand-Banc, et sur le banquereau et sur pays les autres bancs qui se trouvent à l'entrée du golfe, il y avait presque absence de poisson.

Je Est-ce que les banes à morue qui venaient des eaux profondes de l'Océan ou des mers a arctiques n’y ont pas trouvé les conditions dans lesquelles elles aiment à vivre ? Est-ce que la. la nourriture leur a manqué là ? Ou bien est-ce que le capelan ou l’alançon, qui visitent aussi à l nos côtes pour y frayer, pour s’en retourner ensuite à la mer profonde une fois cet acte ac- diac compli ; est-ce que ces poissons, dis-je, s'écartent de leur route ordinaire et pénètrent par les peu deux entrées du golfe à la fois, sans s'arrêter sur les bancs, jusqu’à près de 100 lieues de l’em- où, bouchure du fleuve St. Laurent, ont entraîné à leur suite les morues à qui ils servent de proie au | à cette saison ? C’est cette derhière hypothèse qui est la plus vraie, je crois ; en effet, là où il y a du capelan et de l’alançon, et de ce premier poisson surtout, on est presque toujours F moi certain de trouver de la morue qu’ils précèdent toujours de quelques jours sur nos côtes. qu Sur la côte de Gaspé, le capelan, qui y passe assez à bonne heure, s’est retiré au large bar dès la fin de mai et le commencement de juin. Sans cela, la pêche de la morue y aurait été la plus belle que l’on eût vu depuis trente à quarante ans. Malheureusement, ce poisson ur venant à manquer, nos pêcheurs n’avaient plus d'appâts pour leurs lignes, et ils étaient raf forcés de rester les bras croisés à terre, lorsque le poisson aboudait sur les bancs ; il n’y eut pê que ceux qui purent se procurer des loques, coquilles du genre des bucardes qu’on déterre gri dans le sable vaseux, qui continuèrent leurs travaux avec assez de succès. ca] Les banes de morue ont paru se disséminer, cette anuée, sur nos côtes, d’une manière 50 plus marquée que jamais. Aussi, a-t-on pris ce poisson partout plus ou moins, depuis l’anse cel

‘aux Blancs-Sablons jusqu'au havre St. Nicolas, sur la côte Nord ; au sud, la morue a été abondante à Matane, à Métis et jusqu'à Rimouski, où l’on en a pris une bonne quantité au large de St. Barnabé, Le même fait s’est produit dans la Baie des Chaleurs, où la morue a du afué jusque dans la baie de Carleton. Les parages où la morue a été le plus vue cette année, pa sont : les Belles-Amours, la baie des Saumons, les Iles-aux-Chiens et la baie de Gaspé.

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Cette pêche d'été à produit environ 135,000 quintaux, dont 130,000 quiutaux exportés au Brésil, en Espagne et en Italie, et le reste à Halifax et valant 8405,000.

La pêche d'automne s’est commencée, d'abord, sous les auspices les plus favorables ; les bancs les plus voisins de terre étaient couverts de morue ; l’encornet (squid) abondait près des côtes, et nos pêcheurs pouvaient, tous les soirs, avec leurs hameçons particuliers à cette pêche, appelés /urluttes, faire une ample provision de boitte pour la pêche du lendemain. Les premières semaines, done, la pêche fut bonne ; mais bientôt voilà que la saison des tempêtes commence ; et cette année elles se sont fait sentir avec une rigueur inaccoutumée ; puis ajoutez à cela des pluies averse presque continuelles, et les brumes et la neige; voilà les obstacles presque invincibles contre lesquels 108 pêcheurs eurent à lutter dans leurs travaux, depuis le commen ement d'octobre jusqu'à la fin de la saison; aussi, ne purent-ils sortir que rarement en mer, et une fois au large, ils étaient sans cesse exposés à de grands dangers.

On sait que les bateaux de pêche, en usage sur nos côtes, sont de frèles embarcations (bien taillées, il est vrai, pour la mer et pour résister aux vagues, et que nos pêcheurs manient avec une adresse consommée) de 20 à 22 pieds de quille, non pontées, avec lesquelles nos hardis pêcheurs vont quelquefois jusqu’à 10 lieues au large, en pleine mer. |

On ne doit pas demander s'ils sont exposés à périr bien des fois, et si leur métier est un rude et difficile métier pendant la saisou de l'automne,

La pêche de l'automne ne put done produire autant que les années précédentes, et nos marchés se sont sentis de la rareté de cette belle morue verte qui se vend principalement dans les campagnes, et qui constitue une forte partie de la nourriture des populations catholiques de ce pays, pendant le carême. D’après les rapports qui me sont parvenus, j'estime à 15,000 quintaux le rapport de cette pêche, ce qui représente une somme de $45,000.

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